Elie Wiesel : pourquoi donner ?

Retransmission des Conversations essentielles de décembre 2007
Le Prix Nobel de la paix, Elie Wiesel, s’est exprimé sur le don et la générosité lors des Conversations essentielles de décembre 2007 à Paris. Il a répondu à de nombreuses questions posées par les jeunes présents : en voici la retransmission.


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Référence : FOC316
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Date de mise en ligne : 13 janvier 2008


Elie Wiesel, prix Nobel de la paix 1986, écrivain
Elie Wiesel, prix Nobel de la paix 1986, écrivain

Selon Elie Wiesel, le don a plusieurs sens :
- le don de l’écriture, de guérison, de compréhension, de l’art, sont hérités, la plupart du temps. En tout cas ce sont des dons très individuels, que l’on peut partager en transmettant.
- en revanche, on ne naît pas généreux, on le devient.

Le contact sensibilise également à l’héritage d’un savoir : « J’aime ce qui fait que l’autre soit autre. S’il était moi, je ne m’y intéresserais pas. C’est parce que l’autre n’est pas moi qu’il m’attire et parfois me fascine ».

Pour Elie Wiesel, le don consiste à discerner ce qui est substance de ce qui est futile. La substance est toujours incarnée par l’autre. Discerner la vérité est une question d’intuition de sensibilité et de générosité : il faut accepter que l’autre puisse avoir raison.

Mais donner, n’est-ce pas avant tout pour se satisfaire soi-même ?
Elie Wiesel : « Je ne crois pas en l’acte gratuit, ni en bien, ni en mal. Dans mon effort pour la mémoire [1], j’ai l’impression que je n’ai pas encore commencé. C’est parce que j’ai vu et vécu les camps que je me suis engagé, afin que nulle autre nation ou groupe personne, ne voit ce que j’ai vu. Tout le reste n’est que commentaire ».

A-t-on le droit de culpabiliser quelqu’un pour faire le bien ?
Elie Wiesel : « Peu importe le motif, l’important est que cette aide arrive là où on en a besoin. Regardez ces célébrités qui se lance dans l’humanitaire pour relancer leurs carrières… »

Faut-il aider, ou faut-il donner ?
Faut-il aider à semer des champs de blé, développer les rizicultures en Afrique, plutôt que d’apporter du riz directement. Le risque n’est-il pas de créer une sorte de dépendance au don ?
Elie Wiesel : « Oui, on créé une demande, mais en attendant, ces gens meurent de faim. Ils ne peuvent pas attendre que des politiciens votent enfin les budgets nécessaires à leur aide. Mon devoir est de les sauver de la mort et de l’humiliation ».

Cette rencontre entre Elie Wiesel et quatre jeunes des Conversations essentielles s’est déroulée en décembre 2007 à Paris. Sont intervenus également au cours de ce débat Didier Pinau-Valenciennes, Emmanuel Faber. Cette soirée était animée par le journaliste Philippe Lefait.

En savoir plus :
- Elie Wiesel, prix Nobel de la paix
- Les Conversations essentielles

L’Association Conversations essentielles est soutenue par la Fondation Equilibre , abritée par l’Institut de France.

[1] Elie Wiesel a écrit près d’une cinquantaine de livres sur l’holocauste






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