Une nouvelle revue : Service littéraire

avec François Cérésa
Service littéraire est une revue qui échappe radicalement à tous les critères qui d’ordinaire définissent une revue littéraire. Découvrez-la et goûtez, ou non, sa liberté de ton ! Entretien avec François Cérésa, directeur de la rédaction, et François-Pierre Nizery, écrivain.


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Émission proposée par : François-Pierre Nizery
Référence : PAG351
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2513-Une-nouvelle-revue-Service-litteraire.html
Date de mise en ligne : 16 décembre 2007


François Cérésa et François-Pierre Nizery
François Cérésa et François-Pierre Nizery

Service littéraire n’est pas une revue en forme de livre, ce n’est pas un magazine, alors peut-être est-ce une feuille, au sens où on l’entendait autrefois, celui d’imprimé à caractère pamphlétaire, non pas que les textes qui y figurent puissent à proprement parler être qualifiés de pamphlets, mais il y a, en tous les cas, dans les huit pages de cette « feuille » mensuelle, une liberté de ton, parfois même une férocité, qui tranche, c’est le moins qu’on puisse dire, avec la langue de bois littéraire qui nous assène régulièrement ses vérités. Une telle tentative, nouvelle et sans doute salutaire, mérite qu’on s’y attarde.

Invité de cette émission, François Cérésa, directeur de la Rédaction de Service littéraire, s’explique d’entrée de jeu sur les raisons qui l’ont poussé à créer cette revue et insiste sur ce qui en fait la marque, cette volonté de sortir d’un certain conformisme ambiant, une volonté qu’attestent les derniers mots de son éditorial du numéro 1 : « Quitte à avoir de faux amis, mieux vaut se faire de vrais ennemis ». Il faut, si c’est nécessaire, pouvoir exprimer sans détour sa colère contre un livre.

À la question de savoir si parfois le silence n’est pas la meilleure réponse à un livre qu’on n’aime pas et même si la critique ne sert pas finalement les intérêts de ceux qu’elle prétend éreinter, François Cérésa répond que la langue de bois qui se répand partout, elle, n’est pas silencieuse et qu’il lui faut donc un contrepoids. Il s’explique également sur sa conception du lien entre littérature et politique, les raisons qui l’ont poussé à consacrer la une du numéro 1 au Président de la République, et les risques éventuels, à travers cette démarche, d’une certaine forme de « politisation » de la critique littéraire au détriment peut-être de la littérature elle-même, qui peut être engagée, qui doit être engagée, mais qui doit aussi savoir prendre ses distances avec la politique.

En référence à la définition de Service littéraire, conçu comme un journal d’écrivains fait par des écrivains [dont la vocation est de rendre] service aux lecteurs en infligeant quelques sévices à certains auteurs, François Cérésa répond à la question centrale de la place des écrivains dans la critique littéraire et défend la légitimité de leur engagement dans cette démarche.

L’entretien se termine par l’évocation des liens de complicité intellectuelle entre Service littéraire et l’Académie française, ou du moins certains académiciens dont notamment, mais pas seulement, Maurice Druon, une complicité qui contribue à briser une certaine image parfois un peu conventionnelle de l’Académie et la confirme au contraire dans un rôle qui s’apparente à celui des revues, celui de force collective et d’engagement au service de la littérature d’expression française.

Mieux connaître François Cérésa

François Cérésa est écrivain, auteur d’une vingtaine de romans, dont notamment « La Vénus aux fleurs », pour lequel il a obtenu le prix Paul Léautaud, et bien d’autres, parmi lesquels les fameux « Cosette » et « Marius », qui se veulent une suite des « Misérables » de Victor Hugo et qui ont provoqué scandale et procès. Il est également chroniqueur littéraire (et aussi de télévision et de sports) au Figaro Madame et au Figaro et ancien rédacteur en chef du Nouvel Observateur. Il est né en 1953 à Cannes et sa jeunesse a été une sorte de festival des métiers. On peut citer parmi tous ceux qu’il a exercés parallèlement à ses études de droit de philosophie et de médecine : maçon, menuisier, chauffeur de maître, mannequin, etc.

Mieux connaître François-Pierre Nizery

Journaliste à Canal Académie, François-Pierre Nizery est écrivain et peintre. Romancier et poète, il est également l’auteur d’un essai littéraire, Le Minéral et la Fleur, une lecture méditée de l’œuvre de l’académicien André Chamson, et un regard personnel et passionné sur son chemin de vie et son héritage. François-Pierre Nizery est par ailleurs membre du Comité de rédaction de la revue littéraire internationale Riveneuve Continents et membre du Conseil scientifique de l’Institut international Transcultura présidé par Umberto Eco et Alain Le Pichon. Après une longue carrière à la Commission européenne notamment dans le domaine de la culture et du développement, il est aujourd’hui Directeur honoraire des Communautés européennes.






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