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Axel Kahn : Nature et humanité, qui contrôle qui ?

Axel Kahn, généticien membre de l’Académie des sciences, Président honoraire de l’université Paris Descartes
Racisme, eugénisme, utilisation d’embryons, suicide assisté... Axel Kahn vous propose dans cette émission une approche à la fois scientifique et philosophique de la nature de l’homme et de la valeur de ses actes.


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Référence : ECL323
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/ecl323.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2448-Axel-Kahn-Nature-et-humanite-qui-controle-qui.html
Date de mise en ligne : 27 janvier 2008


Axel Kahn, membre de l'Académie des sciences
Axel Kahn, membre de l’Académie des sciences

Cette émission se base sur la trilogie d’Axel Kahn Et l’homme dans tout ça ?, Raisonnable et humain ? et L’homme, ce roseau pensant, pour aborder quelques questions auxquelles le généticien et philosophe a été amené à réfléchir. Quelle place conférer à l’être humain parmi les autres êtres vivants ? L’homme rêve de dominer la nature, à commencer par la sienne. Mais comment peut-il déterminer ce qu’il convient de faire tout en restant "raisonnable et humain" ? Quel est le rapport de l’homme à la mort, qu’il s’agisse de peur ou d’envie, d’une liberté réelle ou non ?
Le dernier livre, dont le titre est une citation des Pensées de Pascal, nous propose de nous intéresser aux capacités cognitives de l’homme et des animaux, ainsi qu’au rapport que nous entretenons avec nos semblables…

Première partie de l’émission : Et l’homme dans tout ça ?

Parmi les thématiques abordées par Axel Kahn, illustrons cette première partie avec le thème du racisme :
La théorie du racisme consiste en une hiérarchie des races humaines qui établit en général la nécessité de préserver la pureté d’une race supérieure de tout croisement et conclut à son droit de dominer les autres.
Mais pour l’homme, il s’agit juste d’une pigmentation cutanée que l’on observe du Nord au Sud. Il ne peut être d’une aucune manière question de race. Il existe simplement une grande diversité humaine. Qualifier tel ou tel d’avare ou de paresseux est un propos raciste.
En revanche, affirmer qu’un Suédois est plus grand qu’un pygmée, et que les Africains courent plus vite sont des constats non racistes. Ils reflètent la grande diversité humaine.

Les discours racistes apparaissent dès l’Antiquité, y compris chez Aristote qui expliquait ainsi que :
- les Européens sont courageux mais sots
- les Asiatiques sont intelligents mais manquent de courage
- les Hellènes, au milieu des deux ethnies combinent les avantages des deux !

Quant aux esclaves, il sont considérés comme « des choses animées ». Aristote introduit l’idée que l’on est esclave par nature. Mais les esclaves grecs pouvant s’affranchir de leur condition, il est difficile de classer les Grecs comme peuple raciste.

Le racisme aujourd'hui est plus une question de coutumes que de race.
Le racisme aujourd’hui est plus une question de coutumes que de race.

L’idéologie raciste commence au XVIIIe siècle et perdure encore aujourd’hui, notamment avec un ouvrage américain, The bell curve (La courbe en cloche), paru en 1994. L’auteur assure à grand renfort de statistiques, que le QI des Asiatiques est de 110, celui des blancs de 108, celui des Hispano-américains de 100, et celui des noirs de 80. Outre la grande supercherie qui consisterait à attribuer un quotient intellectuel selon la couleur de peau, un des grand danger de ce livre serait d’aboutir à la conclusion qu’il ne sert à rien de lancer des plans éducatifs et sociaux chez les minorités.

Deuxième partie de l’émission : Raisonnable et humain ?

Dans cette deuxième partie, Axel Kahn développe les notions de vie, de mort, d’embryons médicaments, de l’humain et de l’inhumain. Illustrons cette deuxième partie avec la liberté, réelle ou non, de demander la mort :
Axel Kahn pose la question : « Quelle est “notre liberté de mourir” quand c’est la souffrance qui nous pousse à demander la mort ? »
Deux exemples suscitent la réflexion dans son ouvrage Raisonnable et humain : une personne atteinte du “locked-in” syndrome entame les démarches pour être euthanasiée dans un pays limitrophe de la France. Après une lettre de ses enfants lui demandant de ne pas mourir, il renonce à son geste pendant quelques mois.
Un autre homme en stade de SIDA avancé demande la mort à son entourage. Pourtant, à la question d’un journaliste, « et s’il y avait de l’amour ? », il répond qu’il ne voudrait pas mettre fin à ses jours.
Ce sentiment de rejet enclenche en partie ce processus. Il est valable également pour les personnes âgées.

Comment agir ? Premièrement, explique Axel Kahn, ne pas accéder tout de suite à la demande, même dans le respect des règles établies. « C’est là une solution de facilité. Il faut s’efforcer en priorité de rétablir les conditions de la manifestation d’un choix vraiment libre en tentant de recréer l’appétence pour un lendemain dont il sera possible de jouir ».
« La demande d’euthanasie formulée par des malades atteints de redoutables troubles et constamment mortelles telle que la sclérose latérale amyotrophique avec sa paralysie progressive atteignant les centres de la déglutition et de la respiration, dépendait d’une très large mesure de la qualité des soins. De l’ordre de 5% dans des services hautement spécialisés, il pouvait atteindre plus de 20% parmi des personnes n’ayant pas accès à une telle qualité de soin.
Pour les cancers en phase terminale, les chiffres varient de 0,4% lorsque les soins palliatifs sont optimaux, et plus de 10% lorsque ce n’était pas le cas. »


La demande d'euthanasie dépend souvent de la qualité des soins palliatifs
La demande d’euthanasie dépend souvent de la qualité des soins palliatifs

Lorsque est épargnée une souffrance, le patient demande rarement la mort. Des cas comme Vincent Humbert doivent être pris en compte. Ils restent exceptionnels cependant.

Troisième partie de l’émission : L’homme, ce roseau pensant

Cette trilogie se clôture par un scénario plausible des processus évolutionnistes de l’émergence de la conscience.

Chez les hominidés, la conception de l’outil correspond à l’apparition du langage articulé (pour transmettre le savoir faire aux générations suivantes). En ayant conscience de lui-même, l’homme devient également responsable. D’autres animaux ont une capacité cognitive : certains singes, les éléphants et les dauphins par exemple comprennent qu’un miroir reflète leur propre image.

Quelques différences entre les hommes et les animaux :
- Les êtres humains ont besoin du regard de l’autre pour exister. « Toute notre vie, nous ressentirons la nécessité d’observer le reflet de nous-mêmes dans ce miroir déformant de l’autre. Son indifférence à notre égard nous rendra fou ».
- L’homme a innové en matière d’agressivité : il a inventé le mal gratuit, la violence idéologique, le bouc émissaire là où les animaux se battent pour des raisons amoureuses ou alimentaires.
- L’homme à la différence des animaux, est pudique. Là où les humains qui observeraient les ébats seraient considérés comme voyeurs, les animaux, eux y seraient totalement indifférents.
- L’adoption existe chez les êtres humains. Elle est exceptionnelle chez les animaux. Et le plus souvent, elle résulte de l’intervention humaine.

Écoutez cette émission riche en réflexion avec le généticien Axel Kahn, directeur de l’Institut Cochin, ancien président de l’université Paris Descartes, membre de l’Académie des sciences.

En savoir plus
- Axel Kahn, membre de l’Académie des sciences
- Écoutez sa conférence à la Sorbonne en octobre 2007 sur l’Éthique de la procréation assistée

Bibliographie
L’homme, ce roseau pensant, éditions Nil, 2007
Et l’Homme dans tout ça ?, éditions Pocket, 2006
Raisonnable et humain, éditions Pocket, 2006






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