Les mots des religions : La crèche

avec Sylvie Barnay, maître de conférences à l’Université de Metz
La crèche de la Nativité de Jésus et ses traditions sont présentées par Sylvie Barnay. Comment est-on passé des crèches vivantes du Moyen-âge aux crèches miniaturisées en passant par les Santons de Provence jusqu’aux crèches commercialisées aujourd’hui ?


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Émission proposée par : Hélène Renard , Sylvie Barnay
Référence : TOR304
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2439-Les-mots-des-religions-La-creche.html
Date de mise en ligne : 21 décembre 2007

« (Marie) enfanta son fils premier né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crècge, parce qu’ils manquaient de place dans la salle » (Lc 2,7) . C’est cet épisode du récit de la Nativité du Christ racontée par l’évangéliste Luc qui est à l’origine de la crèche (« cripia » en latin, traduit en français par « crèche »).

La tradition de la crèche est liée à la tradition de Noël. Il est d’usage de l’installer quelque temps avant Noël : le 1er dimanche de l’Avent (4 semaines avant Noël), à la Saint-Nicolas (le 6 décembre), à la Sainte-Barbe (le 4 décembre) ou le dernier dimanche avant Noël. La tradition veut que la crèche reste en place jusqu’au 2 février (fête de la Chandeleur, présentation de Jésus au Temple), mais souvent on la range après l’Épiphanie (le 6 janvier).



L’habitude de représenter la crèche de manière visuelle se met en place de manière tardive. Elle est liée à la découverte de la spiritualité de l’enfance du Christ au XIIe siècle. Les peintres représentent la scène de la Nativité et prennent l’habitude de représenter l’enfant Jésus dans la crèche. Peu à peu, le théâtre du Moyen Age met en scène la vie des saints et représente « grandeur nature » l’épisode évangélique de la Nativité. Les crèches vivantes font ainsi partie des « mystères » représentés sur les parvis des Eglises. Ainsi, le public est associé à la découverte du divin mystère. Les hagiographes de saint François d’Assise racontent qu’une telle crèche est créé à Grecchio : animaux et personnages sont vivants. La Vierge Marie, mais aussi Joseph, les bergers et les mages font revivre le mystère de la Nativité. A la fin du Moyen Age, en particulier en Italie, le public a l’habitude de se déplacer dans des crèches mais aussi des chemins de Croix « grandeur nature ». Dans le sud de l’Italie, à Naples, tout un art de fabrication de statues de crèches richement colorées se met en place.

A partir de la Renaissance, les crèches sont miniaturisées, placées dans les églises. Ce sont les Jésuites qui sont les introducteurs de cette miniaturisation liée à une nouvelle conception de la représentation des mystères divins. Les Exercices spirituels d’Ignace de Loyola, le fondateur de la Compagnie, invite en effet les âmes à figurer la Nativité mais aussi à s’y déplacer en esprit pour participer à la vie divine du Christ. A Noël, l’habitude se prend progressivement de venir ainsi admirer les crèches placées sur les autels. Progressivement, les demeures aristocratiques reprennent l’usage des églises : de somptueuses crèches baroques sont ainsi crées, mobilisant les artistes. La pratique religieuse reprend la tradition.

Après la Révolution, les villages de Provence en France répandent l’usage de la crèche au lendemain du Concordat et fabriquent des santons (« santouns », « petits saints »), petits personnages de crèches qui s’inspirent de la vie locale.

Aujourd’hui, les crèches de Noël attirent les visiteurs, qu’ils soient ou non croyants, et donnent parfois lieu à des spectacles de grande qualité.

Vous pouvez écouter dans la même série les mots des religions : Noël






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