Jean Raspail, le voyageur impénitent

Parcours d’un écrivain-aventurier hors normes
Jean Raspail demeure, malgré le succès de chacun de ses ouvrages, un écrivain hors normes, un voyageur impénitent, un militant de la liberté individuelle. Et c’est tant mieux. Les hommes de cette trempe se font rares, heureusement il reste Raspail !


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Émission proposée par : Annet Sauty de Chalon
Référence : PAR305
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2399-Jean-Raspail-le-voyageur-impenitent.html
Date de mise en ligne : 3 décembre 2007

Comme l’avait prédit Alexis de Tocqueville, le passage à la modernité a engendré une société dominée par la multitude, l’uniformisation des goûts et des mœurs, ainsi que l’affadissement des caractères. Ce « modèle » triomphe aujourd’hui dans tout l’Occident. Pour les rebelles, il n’existe aucune échappatoire, excepté dans le monde du rêve et de l’écriture.

Jean Raspail appartient à cette race taillée dans le roc d’un certain esprit aristocratique – qui n’est point coquetterie ou arrogance mais plutôt synonyme de résistance : à la consommation sans frein, aux modes factices, à tout ce qui conditionne nos consciences pour les rendre banales, interchangeables, et constamment « hyper-connectées », Raspail oppose des valeurs qui ne mentent pas, simples, humaines, vraies, profondes, irremplaçables. A travers sa hantise de la servitude, son œuvre invite à réfléchir à notre liberté perdue.

L’un de ses admirateurs, Philippe Hemsen, écrit sur le site www.raspail.net : "en des temps où l’amnésie fait des ravages, Jean Raspail est le chroniqueur des lisières de la mémoire et de l’oubli, défiant l’absence par la noblesse de l’attitude et des sentiments. Car il ne s’agit pas d’avoir encore des illusions, mais de se tenir, droit et fier, comme si l’on en avait encore, pour manifester respect et attachement à ce qui n’est plus."

Dans cet entretien, Jean Raspail s’attarde sur quelques-uns de ses succès :

- Septentrion, paru en 1979, et que vient de rééditer Robert Laffont. L’histoire met en scène un train fuyant vers le nord ;

- le Camp des saints (1972), son plus grand succès, métaphore de l’engloutissement du monde blanc qui, face à l’immigration du tiers-monde, renonce à exister – en raison du dévoiement de notre morale universelle d’inspiration chrétienne ;

- Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie : c’est le Jean Raspail, voyageur, arpenteur des terres vierges, des destins impossibles à reproduire, qui nous livre ici sa réflexion sur un conquérant de l’inutile, passablement mégalomane, Antoine de Tounens. Jean Raspail, en défenseur des causes singulières, n’est-il pas toujours consul général de Patagonie, un poste fictif pour une histoire qui, en l’espèce, ne le fut pas ?

- En canot sur les chemins d’eau du roi : plus qu’une histoire, ce fut un événement fondateur dans la vie de l’écrivain (1949) : la fameuse expédition qu’il entreprit avec l’équipe Marquette dans les profondeurs de l’Amérique du nord et de ses immenses territoires dont on oublie qu’ils furent découverts, traversés, évangélisés et aimés par les Français (certes peu nombreux) avant que le traité de Paris ne cédât les futurs Etats-Unis aux Anglais. Le roi, incarnation de ce désir d’absolu si cher à Jean Raspail, fait aussi partie des sujets de cette aimable discussion.

De toute évidence, Jean Raspail compte parmi nos meilleurs écrivains, -même s’il ne compte pas parmi les Immortels de l’Académie !
Il a reçu le Grand Prix 2007 des explorations et des voyages de découverte décerné par la Société de Géographie. Ce prix a été attribué pour la première fois en 1829 à John Franklin, explorateur polaire et, l’année suivante, à René Caillé pour son voyage à Tombouctou.






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