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Claudel était-il lecteur de Bergson ?

communication de Gérald Antoine, de l’Académie des sciences morales et politiques
Le grammairien Gérald Antoine, ancien recteur de l’Université d’Orléans et par ailleurs spécialiste reconnu de l’oeuvre Claudel, s’est proposé de répondre à la question : Claudel était-il lecteur de Bergson ? lors du colloque commémorant le centième anniversaire de la parution de l’Evolution créatrice, organisé par l’Académie des sciences morales et politiques en octobre 2007.


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Émission proposée par : Fernand Guiot , Hélène Renard
Référence : VOI301
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/voi301.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2364-Claudel-etait-il-lecteur-de-Bergson.html
Date de mise en ligne : 16 novembre 2007

Il y a cent ans, en 1907, paraissait l’Evolution créatrice, œuvre majeure d’Henri Bergson. Claudel était-il lecteur de Bergson ? Gérald Antoine a rédigé lui-même la réponse et c’est la lecture de son texte que CA vous propose d’entendre maintenant.

Pour situer rapidement les deux protagonistes, rappelons que
-  Henri Bergson, né le 18 octobre 1859, a d’abord été élu à l’ASMP en 1901, puis à l’AF le 12 février 1914 –il avait donc 75 ans - mais qu’il dut attendre la fin de la guerre pour être reçu officiellement sous la Coupole le 24 janvier 1918 par René Doumic. et que
-  Paul Claudel, lui, est né le 6 août 1868. Il est donc le cadet de Bergson d’à peine une dizaine d’années. Il fut élu à l’Académie française le 4 avril 1946 –il avait 78 ans.

Paul Claudel
Paul Claudel

Claudel a-t-il été lecteur de Bergson ? Selon Gérald Antoine, Trois lettres de Claudel permettent de répondre oui, assurément, à cette question : une lettre à son ami Gabriel Frizeau, une autre à André Suarès et une troisième à Piero Jahier.

Gérald Antoine aborde un premier point : comment Claudel lisait-il la philosophie en général ? et quels sont les points communs entre Bergson et Claudel, entre le philosophe et le poète ? Puis il pose les questions essentielles : Quelles sont donc les distances, voire les oppositions, ou les désaccords entre Bergson et Claudel, entre « l’induction bergsonienne » et la vision claudélienne ?

Cependant, Gérald Antoine, reprenant les termes de la lettre de Claudel à son ami Frizeau, va aborder une divergence plus profonde entre Claudet et Bergson : leurs deux conceptions du mouvement.

Gérald Antoine détaille aussi quelques divergences de moindre portée en examinant les positions respectives de Bergson et de Claudel par rapport à la causalité et à la finalité. Et enfin, et surtout devrait-on dire, leur position par rapport à la science et au scientisme.

Henri Bergson
Henri Bergson

Après avoir montré quelques divergences, Gérald Antoine rappelle que Claudel admettait « un « indéniable faisceau de convergences ». Qu’il s’adresse à Frizeau, à Suarès ou à Jahier, Claudel souligne à la fois les ressemblances qui existent entre ses « théories » et celles de Bergson et le fait qu’il ignorait tout de Bergson quand il écrivit son « Art poétique ». Sa lettre à Jahier est, à cet égard, la plus nette : « j’étais en Chine quand j’ai composé l’Art poétique et totalement ignorant des théories de Bergson ». Rappelons que l’Art poétique date de 1904 et que l’Evolution Créatrice n’est parue qu’en 1907.

Au bout d’un siècle, au temps des solennités commémoratives, peut-on établir un bilan ? Après tout, Gérald Antoine n’a guère envie de s’attarder sur les divergences, grandes et moindres, il préfère tenter de composer un « bouquet de convergences » car, dit-il, « la recherche des synthèses est plus féconde que celle des affrontements ». Et il précise que c’est Claudel lui-même, qui, ayant à peine achevé la lecture de l’Evolution créatrice, souligne 5 points majeurs de rencontre et Gérald Antoine de les citer :
-  la manière dont Bergson, après lui, conçoit l’espace : « ce que s’étend est ce qui se détend »
-  sa « Théorie de la vie, utilisation d’un explosif » : Claudel souhaiterait seulement ajouter « dans un vase clos »
-  « la réalité objective et fondamentale de la durée »
-  « l’élan vital que j’appelle la poussée »
-  « l’identité des procédés de la vie et de la connaissance ».

Ces 5 points claudeliens étant énumérés, Gérald Antoine reprend ses commentaires et conclue sa communication en citant quelques vers de Guillaume Apollinaire dans "Collines".

La lecture de la communication de Gérald Antoine est assurée par le comédien Fernand Guiot.

Pour en savoir plus sur Gérald Antoine, de l’Académie des sciences morales et politiques.

Pour écouter l’ensemble des émissions consacrées par Canal Académie à Henri Bergson :
Portrait d’Henri Bergson au travers des discours des académies
Le portrait de Bergson en 1907
L’état des connaissances biologiques, 100 ans après la parution de "L’Évolution créatrice" d’Henri Bergson
La place de "L’Évolution créatrice" d’Henri Bergson dans la philosophie française.

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