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Jean Rossier : la biologie et la biopuce

Biologiste, associé étranger à l’Académie des sciences
Jean Rossier, professeur de biologie, associé étranger à l’Académie des sciences, évoque sa carrière ponctuée de nombreuses découvertes, entre les diverses hormones influençant notre cerveau, à la mise en place de la puce ADN... Rencontre.


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Référence : HAB243
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2007-Jean-Rossier-la-biologie-et-la-biopuce.html
Date de mise en ligne : 23 septembre 2007

Les peptides opioïdes

Dans les années 70, les récepteurs des molécules des médicaments étaient encore mal connus.

Jean-Pierre Changeux (membre de l’Académie des sciences), a été l’un des premiers à caractériser le récepteur à l’acétyle colline, un récepteur nicotinique.
En d’autre terme, la nicotine se fixe sur ce récepteur et provoque la contraction des muscles.

Très vite, a également été découvert un récepteur de la morphine. Mais si le corps possède de tels récepteurs, cela signifie-t-il que notre corps fabrique naturellement des morphines endogènes ? Et si oui, existe-t-il des liguants, des molécules extérieures qui vont se fixer sur ce récepteur de la morphine, et avoir toutes les propriétés que l’on donne aux morphiniques ? La réponse est oui aux deux questions !

Deux Britanniques ont découvert en 1973 les premières molécules endogènes, les premiers peptides opioïdes. Au Salk Institute en Californie, Jean Rossier, en cherchera d’autres. Car si notre corps fabrique son propre anti-douleur, il en fabrique des différents, agissants sur plusieurs récepteurs.

Les bêta carbolines

À son retour des Etats-Unis, Jean Rossier revient en France et intègre le laboratoire de physiologie nerveuse dirigé par Robert Naquet. Il travaille sur les bêta-carbolines, des molécules qui facilitent la performance d’animaux dans des tâches d’apprentissage et de mémoire. Mais à forte dose, celles-ci provoquaient des crises d’épilepsies. Il était donc exclu de pouvoir les utiliser en clinique.
Cependant, cette observation a été à la base du développement par l’industrie pharmaceutique, de molécules promnésiques.

La fonction principale des bêta-carbolines est d’inhiber la destruction de sérotonine et de provoquer une accumulation de cette hormone dans les synapses. Plusieurs de ces bêta-carbolines sont en outre analgésiques parce qu’elles peuvent se lier à des récepteurs d’opiacés du cerveau. Cet ensemble forme une catégorie de substances fascinante.

Biopuce : merveille de nanotechnologie

puces à ADN, "lab-on-chip" ou "cell-on-chip"
puces à ADN, "lab-on-chip" ou "cell-on-chip"
Crédit : P.Dumas/CEA

En 1997, Jean Rossier et ses équipes travaillent à partir de la puce à ADN ou biopuce :

Ce système permet d’augmenter le nombre d’informations lors d’une seule expérience. Toute la chimie réalisée en laboratoire est désormais directement réalisée sur une puce électronique. Cette technologie permet de consulter en même temps vos 25 000 gènes et mémoriser quels sont les gènes utilisés dans notre patrimoine génétique.
Cette technique s’applique à tous les tissus ! Elle permet aussi bien de travailler sur la trisomie 21, que sur l’évolution des gènes au cours d’un traitement, d’un apprentissage ou du vieillissement.

Pourtant, si depuis 10 ans, on connaît la séquence complète du génome humaine, notre génome est bien plus complexe qu’on ne le pensait !

Dans la dernière partie de cette émission Jean Rossier évoque l’état actuel de la recherche en France, entre manque de motivation des étudiants pour réaliser des thèses et celui des entreprises pour les financer… Les jeunes chercheurs doivent s’accrocher ! Cependant, Jean Rossier est en désaccord avec ceux qui font le choix de partir travailler à l’étranger… Ecoutez son point de vue.

Jean Rossier, neurobiologiste, membre de l'Académie des sciences
Jean Rossier, neurobiologiste, membre de l’Académie des sciences

Jean Rossier est directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), Directeur du groupe de neuropharmacologie moléculaire au laboratoire de physiologie nerveuse du CNRS 580-94°, Professeur de biologie à l’école supérieur de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI), Membre de la société française de neurosciences.

En savoir plus sur :

- Jean Rossier, membre de l’Académie des sciences
- Jean Rossier, biographie personnelle en ligne
- L’ESPCI, École supérieure de physique etd e chimie industrielles
- Société française de neurosciences






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