La naissance des Fleurs du Mal

Un procès autour de la première parution ! par Bertrand Galimard Flavigny
A l’occasion du cent cinquantenaire de la parution des "Fleurs du Mal" (1857), Bertrand Galimard Flavigny, en bibliophile averti, revient sur les circonstances qui ont entouré la publication du célèbre recueil de poèmes de Charles Baudelaire.


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Émission proposée par : Bertrand Galimard Flavigny
Référence : PAG295
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Date de mise en ligne : 24 juin 2007


Dans sa livraison du 1er juin 1855, La Revue des Deux-Mondes contenait, sous le titre jusqu’alors inédit, Les Fleurs du Mal, dix-huit des plus beaux poèmes de Charles Baudelaire.

Le poète Charles Baudelaire
Le poète Charles Baudelaire

Selon les biographes du poète, Les Fleurs du Mal étaient insérées à titre clinique. La collaboration de la Revue et de Baudelaire s’arrêta là. Craignant que les poèmes ne soient livrés à une « diffusion trop populaire », Baudelaire se tourna vers un jeune éditeur qu’avait découvert son ami Charles Asselineau. Le 30 décembre 1856, le poète signait avec Auguste Poulet-Malassis et Eugène de Broise.

Le titre Les Fleurs du Mal avait été trouvé en 1855 par un critique, Hippolyte Babou. Baudelaire était satisfait de l’association antithétique de la Beauté et du mal.

Les Fleurs du Mal (Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1857) dédiées à Théophile Gautier furent tirées à environ mille cent exemplaires. Le propre exemplaire de Baudelaire - conservé à la Bibliothèque Mazarine - était l’un de ceux imprimés sur papier ordinaire.

Au lieu du succès attendu, le recueil attira l’attention de la Direction générale de la sûreté publique. Il constituait un « défi jeté aux lois qui protègent la religion et la morale ». Le procès eut lieu le 20 août 1857 et Baudelaire fut condamné à ôter six poèmes de son recueil : Les Bijoux, Le Léthé, A celle qui est trop gaie, Lesbos, Les Métamorphoses du Vampire et l’une des Femmes damnées.

Ce procès fit de Charles Baudelaire un homme public. Aussi, une seconde édition fut-elle préparée. Cette publication est une« seconde édition originale ». Il en a été tiré mille cinq cents exemplaires dont quelques-uns sur vélin et quatre sur Chine :
Charles Asselineau, l’ami fidèle, en possédait un relié par Capé, Masson-Debonnelle successeurs, en maroquin lavallière foncé et Alfred De Vigny en avait un sur vélin fort, relié en demi chagrin vert orné par Mercier.

Quel serait, pour un bibliophile, l’exemplaire le plus précieux des Fleurs du Mal ? Osons imaginer, celui dédicacé à Jeanne Duval, accompagné d’un dessin la représentant et d’une lettre que Baudelaire lui aurait adressée.

La muse de Charles Baudelaire, Jeanne Duval
La muse de Charles Baudelaire, Jeanne Duval

- En savoir plus sur :
La célébration du cent cinquantenaire de la publication des Fleurs du Mal donne lieu à plusieurs manifestations. La ville d’Alençon y prend une large part avec notamment un colloque et une exposition qui se tiendra du 23 juin au 14 octobre 2007.






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