Michel Déon raconte Valery Larbaud

Michel Déon, de l’Académie française, président de l’Association internationale des Amis de Valery Larbaud
L’écrivain Valery Larbaud s’est éteint le 2 février 1957. Pour la commémoration du cinquantième anniversaire de sa mort, Michel Déon, de l’Académie française, évoque les qualités littéraires de cet écrivain sensible à la beauté et au plaisir, grand traducteur d’auteurs anglais, américains, espagnols et italiens.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : FOC215
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Date de mise en ligne : 1er juillet 2007

Lorsque Michel Déon évoque Valery Larbaud, on sent tout le plaisir qu’il éprouve à lire et relire l’oeuvre de ce dernier ! De nombreux académiciens de l’Académie française comptait d’ailleurs parmi les amis qui ont soutenu Valery Larbaud (notamment lors de sa terrible épreuve de paralysie en 1932 qui l’a laissé handicapé jusqu’à sa mort en 1957). Parmi eux, Roger Caillois, Jacques de Bourbon Busset, Marcel Arland. C’est d’ailleurs ce dernier qui avait assuré la préface des œuvres complètes de Larbaud dans la collection La Pléiade.

Le poète essayiste Valéry Larbaud
Le poète essayiste Valéry Larbaud

Voici comment Marcel Arland décrit Larbaud : "Je revois son air trapu et délicat, comme celui de ses petits monts bourbonnais, exotisme en plus. Un curieux masque, hardi et subtil tout ensemble, que se partageaient la sensualité gourmande, mais non point sans humour (le nez, surtout les lèvres) et la claire intelligence des yeux et du front ; des gestes retenus, mais dont une bruquerie soudaine n’eût pas étonné ; des lenteurs toujours en éveil ; des hésitations où je croyais sentir la feinte d’une ténacité foncière ; une voix inégale, plutôt sourde, qui hésitait aussi, mais n’en suggérait que mieux la libre voix qu’il devait prendre seul avec lui-même ; sous la réserve la plus finement policée, une intime violence, me sembla-t-il, un goût du risque, et même un peu de provocation ; la mine d’un homme qui a beaucoup vu et senti, qui a joui du meilleur, et pourtant de la malice, de la fraîcheur, parfois une sorte d’ingénuité ; dans le sourire, cette discrétion attentive, non sans douceur, qui semble garder la trace d’une cruauté ressentie ou, mieux encore, éprouvée ; avec tout cela, l’air de n’être point tout à fait à l’aise dans un rôle et dans un corps... "

Michel Déon préside l’Association internationale des Amis de Valery Larbaud, dans laquelle l’on rejoint d’autres écrivains membres du jury : Roger Grenier, Jean Blot, Georges-Emmanuel Clancier, Paul Constant, Olivier Germain-Thomas, Christian Giudicelli, Marc Kopulov, Monique Kuntz, Jean-Marie Laclavatine, Dominique Rolin, de l’Académie royale de Belgique et Robert Sabatier de l’Académie Goncourt. Le jury décerne en 2007 (à Vichy le samedi 2 juin) le 41 ème prix littéraire Valery Larbaud. Il est attribué à Vincent Delecroix pour son roman Ce qui est perdu (Gallimard).

La ville de Vichy a organisé une commémoration nationale, et notamment une exposition sur le thème du Journal Intime. C’est l’occasion pour Michel Déon de parler dans cette émission de la manière dont lui-même tient son journal.

Michel Déon évoque aussi le travail considérable effectué par Valery Larbaud pour élargir l’horizon littéraire des Français en ayant traduit nombre d’auteurs étrangers. Il faut dire, comme le rappelle Déon, que Larbaud était quasiment polyglotte et parlait aussi bien l’anglais que l’espagnol, l’italien et même le portugais... Michel Déon raconte ici une anecdote amusante d’un séjour de Larbaud au Portugal. Larbaud qui traduisit notamment James Joyce, Walt Witman, Coleridge, Samuel Butler... Michel Déon précise d’ailleurs qu’à son goût, la traduction de l’Ulysse de Joyce par Larbaud reste irremplaçable.

Michel Déon de l'Académie française
Michel Déon de l’Académie française

Michel Déon, qui collectionne toutes les éditions des œuvres de Valery Larbaud (voir sa bibliographie ci-dessous) décrit le contenu de la bibliothèque de Larbaud, bibliothèque que l’on peut aujourd’hui visiter à Vichy et où de nombreux universitaires viennent travailler.

Il détaille également les qualités littéraires pour lesquelles il apprécie Valery Larbaud : un style limpide, "quelqu’un qui nous parle à l’oreille", "un homme qui porte attention à la beauté des choses"...

Enfin, pour terminer l’émission, il commente trois phrases de Larbaud :
- "de mes 18 à 21 ans, la librairie a été mon principal lieu de plaisir"
- "beauté, mon beau souci"
- "la lecture, vice impuni".

et le moindre intérêt de l’émission n’est pas d’écouter Déon lui-même s’expliquer sur la lecture, le plaisir de flâner à la recherche d’une édition rare et la quête de la beauté...

Pour aller plus loin :

- Médiathèque municipale Valery-Larbaud : http://www.ville-vichy.fr/accueil-m...

- Association internationale des Amis de Valery Larbaud : Monique Kuntz : monique.kuntz@wanadoo.fr

Principales oeuvres de Larbaud

Cette liste est extraite du site de la commémoration : http://www3.ac-clermont.fr/pedago/lettres/larbaud.htm#biblio La liste qui suit ne saurait être exhaustive, tant Valéry Larbaud a écrit d’articles, notamment pour la N.R.F, de traductions mais aussi d’essais sur de très nombreux écrivains et poètes. Il suffit de compulser la bibliographie d’Anne Chevalier dans le Cahier de l’Herne, n°61, de 1992, pour s’en rendre compte. Cette bibliographie ne reprend donc que les oeuvres principales de l’auteur.

- Les Portiques (1896)
- Poèmes, par un riche amateur, ou Oeuvres françaises de M. Barnabooth (1908)
- Le Livre de M. Barnabooth, Prose et vers (l 908)
- Fermina Marquez (l910)
- A.O. Barnabooth : Journal d’un milliardaire » (1913)
- A.O. Barnabooth. Ses oeuvres complètes, c’est à dire un conte, ses poésies, et son journal intime (1913)
- Questions militaires (1913)
- Enfantines (l 918)
- Beauté, mon beau souci... (1920)
- Amants, heureux amants... (1921)
- Mon plus secret conseil... (1923)
- Les Poésies d’A.O. Barnabooth (1923)
- Ce vice impuni, la lecture (l924)
- Septimanie (1925)
- Ce vice impuni, la lecture. Domaine anglais (l 925)
- 200 chambres, 200 chambres de bains (l926)
- Allen (l 927)
- Crayons de couleurs (l 927)
- Jaune, Bleu, Blanc. (1927)
- La neige (1934)
- Aux couleurs de Rome (l 938)
- Ce vice impuni, la lecture. Domaine français (l941)
- « Sous l’invocation de de Saint Jérôme » (1946)
- Gaston d’Ercoule (1952)

N.B. L’oeuvre de Valery Larbaud est éditée par Gallimard, et dans la Pléiade.

Signalons également que les éditions du Sillage proposent l’ouvrage Allen de Valery Larbaud. Michel Déon en dit ici tout le bien qu’il en pense. http://editions.sillage.free.fr/catalogue.html






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