Jean-Baptiste et les feux de la Saint-Jean

Le 24 juin, on fête traditionnellement la saint Jean-Baptiste. Qui est ce personnage ? Comment le connaît-on et quel fut son rôle dans l’histoire des tout premiers moments du christianisme ? Quelles sont les traditions attachées à cette fête qui coïncide avec les jours les plus longs de l’année ? Réponses avec Sylvie Barnay, de l’Université de Metz, chargée de cours à l’Institut Catholique de Paris.


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Émission proposée par : Sylvie Barnay
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Date de mise en ligne : 17 juin 2007


Dans le christianisme, Saint Jean le Baptiste, personnage du Nouveau Testament, est le prophète qui a annoncé la venue de Jésus-Christ, qui l’a baptisé sur les bords du Jourdain, après l’avoir désigné comme « l’agneau de Dieu », et lui avoir donné ses propres disciples. La vie de Jean-Baptiste est connue à travers les Évangiles, les Actes des Apôtres
Saint Jean-Baptiste (1er siècle) est également appelé « le Précurseur » car il annonce la venue du messie, le Christ et le précède (Mt 11,13). Les Evangiles rapportent que saint Jean-Baptiste est le fils d’Elisabeth et de Zacharie.


Icône de Saint Jean -Baptiste le Précurseur

L’ange leur a annoncé la naissance de l’enfant alors qu’Elisabeth est stérile et qu’ils sont tous deux avancés en âge. Le jour de la circoncision de l’enfant, sa mère lui donne le nom de Jean. L’enfant grandit. Il « demeure dans les déserts » (Lc 1,80). Les livres bibliques des Evangiles décrivent ensuite le début de son activité de baptiseur au bord du Jourdain – d’où son surnom de « Baptiste ». Les apôtres Pierre et André figurent au nombre de ses disciples. Jean baptise Jésus. Il reconnaît que Jésus est le « messie » - en grec, le Christ – annoncé par les prophètes lorsque l’Esprit-Saint descend sur lui sous l’apparence corporelle d’une colombe.

La tête sur un plateau

Hérode le fait enfermer dans une prison. Il a en effet dénoncé l’union incestueuse d’Hérode avec Hérodiade, la femme du frère d’Hérode nommé Philippe. Le jour où Hérode célèbre son anniversaire, Salomé, la fille d’Hérodiade danse en public et plaît à Hérode. Ce dernier s’engage par serment à lui donner ce qu’elle désire. Endoctrinée par sa mère, elle demande à ce que lui soit donnée sur un plat la tête de Jean-Baptiste. Saint Jean est décapité (Mt 14,3-11).

Une fête particulière

Fêté le 24 juin (nativité), Jean-Baptiste est le seul des saints dont on fête la nativité sur terre, à l’exemple du Christ et de la Vierge (pour les autres, la fête rappelle le jour de la mort, autrement dit de la nouvelle naissance au ciel). Le culte de saint Jean-Baptiste se développe dès la fin de l’Antiquité, au IVe siècle, autour de son tombeau localisé à Sébaste, en Orient. Le culte s’opère par le biais de la diffusion des reliques, notamment celle de la tête de la Décollation.

Traditions populaires

C’est dans les campagnes de l’époque moderne que se répand la coutume des « feux de la saint Jean ». La nuit du 23 juin est en effet la plus courte de l’année. Elle concentre à ce titre un mystère venu des traditions les plus anciennes des pays de France. L’attribution à saint Jean-Baptiste de la « Noël d’été » (par opposition à la « Noël d’hiver ») est liée à une comparaison théologique entre Jésus et Jean-Baptiste. Elle évoque également ce verset de l’Evangile de Jean : « Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3,30). Au cours de la nuit, il était coutume au XIXe siècle d’allumer des feux de joie. Dans certaines régions, comme le Jura ou les Cévennes, il était également habituel d’aller cueillir les herbes de la saint Jean réputées très efficaces en cas de maladie de peau. Les herbes de la saint Jean étaient réputées si bénéfiques qu’on disait souvent d’une affaire à laquelle on avait porté tous ses soins qu’on y avait employé « toutes les herbes de la saint Jean ! ». Aujourd’hui, les feux ont tendance à disparaître ou à se confondre avec le folklore.


Saint Jean-Baptiste, par Léonard de Vinci

Dans l’iconographie, saint Jean-Baptiste porte un manteau « à poil de chameau » ou une peau de mouton, son attribut distinctif qui lui donne un aspect bien reconnaissable. Il souvent porte un bâton avec un agneau (symbole du Christ). Il est parfois représenté à la manière d’un ange, avec des ailes en lien avec le verset biblique : « Voici, j’envoie mon messager (en grec, angelos, en français, ange) en avant de toi » (Mc 1,2).

Saint Jean-Baptiste est le patron de tous ceux qui travaillent le cuir (couturiers, tailleurs, cordonniers…) en mémoire de son attribut d’ermite, la peau de mouton qui l’habille. Saint Jean-Baptiste est aussi le patron de nombreuses villes : Turin, Gênes, Florence, par exemple. De nombreux baptistères, c’est-à-dire des lieux où on donne le baptême, lui sont consacrés.

« L’an quinze (…) la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés (Lc 3,1-3) ».






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