Gaston Miron, le chantre du Québec 1/4

avec Axel Maugey, ancien professeur à l’Université de Montréal
Le poète Gaston Miron chante le Québec dans une oeuvre forte, originale, humaniste, appréciée dans le monde entier. Axel Maugey auteur d’un essai intitulé "Gaston Miron, une passion québécoise" évoque cette très grande figure de la poésie en langue française de l’autre côté de l’Atlantique.


T�l�charger le fichier sur votre ordinateur
Références Émission afficher
Émission proposée par : Axel Maugey
Référence : SAV229
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/sav229.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida1514-Gaston-Miron-le-chantre-du-Quebec-1-4.html
Date de mise en ligne : 15 mars 2007


Gaston Miron (1928-1996), poète québecois.
Gaston Miron (1928-1996), poète québecois.

Le poète Gaston Miron est un véritable phénomène littéraire et national que l’on peut certainement rapprocher d’une autre belle figure, celle du poète russe Alexandre Pouchkine. Tous deux n’ont-ils pas sur rendre sa fierté à leur pays ?

Miron le « subversif » qui fut emprisonné durant les événements d’octobre 1970, accueille assurément plusieurs traits du héros romantique (près d’un siècle après, n’a-t-il pas poursuivi d’ailleurs, à sa façon, le cheminement patriotique d’un Octave Crémazie, poète national canadien français le plus connu au XIX ème siècle).

L’oeuvre majeure de Gaston Miron qui s’intitule L’Homme rapaillé a en effet été diffusée à 100.000 exemplaires, un chiffre énorme dans le domaine de l’édition poétique.
Ses poèmes sont d’abord l’histoire d’une survie. A force de lire et de relire les différentes parties de ce recueil puissant, le portrait d’un personnage déchiré, déchirant (et à travers lui celui d’un peuple) fort émouvant apparait. Soucieux, bien avant d’autres, de résister à l’uniformisation mondiale et à l’anglicisation rampante, jugée néfaste, Miron se range d’emblée dans le groupe des poètes qui, du mouvement de La Pléïade aux poètes français de la résistance, sans oublier ceux de la décolonisation, ont défendu le territoire inaliénable de l’homme, c’est-à-dire le territoire de la liberté et de la conscience.

Ce rassembleur enthousiaste s’est volontairement sacrifié (comme il a sacrifié une partie de son oeuvre) pour permettre à la culture québécoise non seulement d’exister, mais encore d’être pleinement reconnue.

Dans cette première émission (d’une série de quatre, disponibles en médiathèque), les principaux repères chronologiques sont donnés.

Repères biographiques :

Gaston Miron est né en 1928 à Sainte-Agathe-des-Monts. Aîné d’une famille de cinq enfants, il a 12 ans lorsque son père, charpentier, décède. Dès 1954, Miron commence à rédiger ses grands cycles poétiques : La vie agonique, La marche à l’amour et La batèche.
Il participe à l’organisation de la « Rencontre des poètes canadiens » en 1968 et à celle de la célèbre « Nuit de la poésie » présentée au Gésù en mars 1970.
En avril de la même année, sont rassemblés ses poèmes et quelques textes en prose et il publie L’Homme rapaillé aux Presses de l’Université de Montréal. L’ouvrage figure sur la liste des meilleures ventes.
En octobre, il fait partie des 350 personnes arrêtées en vertu de la Loi des mesures de guerre. Il passe 13 jours en prison : « Je crache sur votre argent en chien de fusil / sur vos polices et vos lois d’exception ».

Quelques jours après sa sortie de prison, il reçoit le prix France-Québec. Ce recueil lui vaut aussi le prix de la revue Études françaises en 1970, celui de la ville de Montréal en 1971 et le prix Belgique-Canada en 1972. Parmi les nombreuses distinctions qui lui ont été décernées, notons qu’il fut Commandeur des Arts et Lettres de la République française.

Il meurt le 14 décembre 1996.

L’ouvrage d’Axel Maugey consacré à Gaston Miron est publié à Montréal aux éditions Humanitas, 1999.






© Canal Académie - Tous droits rééservés

Notez cette émission :

Commentaires