Le code de l’Inquisiteur !

Des traités pour distinguer incubes et succubes, par Bertrand Galimard Flavigny
Les rapports avec le démon sont-ils susceptibles de criminalité ? Ouvrez les manuscrits du XVIIIe siècle, et faites le point sur un code de démonologie à l’intention des inquisiteurs ! Et suivez les explications de Bertrand Galimard Flavigny, bibliophile averti.


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Émission proposée par : Bertrand Galimard Flavigny
Référence : PAG258
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Date de mise en ligne : 6 avril 2007

Selon le R.P. Louis-Marie Sinistrari d’Ameno (1622-1701), « il existe sur terre des créatures raisonnables autres que l’homme, ayant comme lui un corps et une âme, naissant et mourant comme lui, rachetées par N.-S. Jésus-Christ et capables du salut ou de la damnation ». En 115 points, il prouve que le crime de démonialité diffère de celui de bestialité.

Tout est parti d’un manuscrit en latin sur papier fort du XVIIe siècle, relié en parchemin d’Italie, découvert en 1874, dans une librairie londonienne. Il avait pour titre De Daemonialitate, et Incubis, et Succubis. Etait-il inédit ? Son acquéreur qui avait pour nom Isidore Liseux, était non seulement bibliophile, mais encore éditeur. Il se mit, naturellement, en recherches bibliographiques, et réussit à mettre la main sur la première édition d’un autre ouvrage, intitulé De Delictis et Poenis imprimé à Venise en 1700. Cet ouvrage, véritable code de l’inquisiteur, est un traité complet de tous les crimes, délits et péchés inimaginables.La démonialité n’y occupe que cinq pages. La seconde édition, à Rome en 175 4, n’en donne pas plus. Fort de ses recherches Liseux traduisit en français le texte du manuscrit découvert à Londres, et le fit imprimer en regard du texte latin d’origine. Cette édition datée de 1875 fut tirée sur papier de Hollande, à 598 exemplaires. Une seconde édition ne contenant que la traduction française sortit en 1882. L’auteur décrit par le menu – en 16 points - la manière qu’emploie le Démon pour s’unir charnellement aux hommes ou aux femmes. Il révèle encore que « de la copulation de l’homme, mâle ou femelle, naissent quelquefois des hommes ; et c’est de la sorte que doit naître l’Antéchrist… ».
En cas de suspicion, le juge ecclésiastique se devait de constater le délit de ses propres yeux. Mais précisait notre inquisiteur : « Quant aux peines afférentes à la Démonialité, aucune loi civile ni canonique, que je sache, n’edicte de peine contre un crime de ce genre ». Cependant, comme un tel crime suppose pacte et société avec le Démon, apostasie de la foi, sans parler des maléfices et autres scéleratesses en nombre presque infini que commettent les Sorciers, il est puni régulièrement, hors d’Italie, de la hart et du feu. Mais, en Italie, il est très rare que les Inquisiteurs livrent ces malheureux au bras séculier.

En 1605, un ouvrage sans nom d’auteur et d’imprimeur, ni indication de lieu et de date, apparaissait sur les comptoirs des libraires. Il y avait de quoi intriguer les « curieux », selon le sens du XVIIe siècle, car il était intitulé, sans autre indication, Les Hermaphrodites. Quoique certains lecteurs avertis y aient retrouvé des anecdotes anciennes, la plupart d’entre eux devinèrent rapidement la satyre. Ce fut Pierre de l’Estoile (1546-1611) qui donna la clef du mystère en confiant, à la date d’avril 1605, dans ses Mémoires journaux : « En ce temps, on fit un livre hardi mais bien fait, où sous le nom de l’isle imaginée des hermaphrodites, on blâmait tous les vices de la cour. Le roi se le fit lire, et ayant su le nom de l’auteur, qui s’appelait Arthus Thomas, il ne voulut pas qu’on l’inquiétât, faisant conscience, dit-il, de fâcher un homme qui avait dit la vérité ».


Pour en savoir plus, écoutez sans plus tarder la chronique de Bertrand Galimard Flavigny !

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