Les mots des religions : Sainte Colette et Sainte Françoise

Les deux saintes de la semaine des femmes, avec Sylvie Barnay
Les Colette et les Françoise fêtent toutes deux leur sainte patronne durant la semaine des femmes ! Sylvie Barnay, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la religion et à la sainteté, maître de conférences à l’Université de Metz, ne pouvait manquer d’en raconter l’histoire !


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Émission proposée par : Sylvie Barnay
Référence : TOR214
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Date de mise en ligne : 4 mars 2007


Sainte Colette de Corbie
Sainte Colette de Corbie

COLETTE DE CORBIE

Colette de Corbie (1381-1447) est emblématique des femmes de la fin du Moyen Age qui ont réussi à vivre une vie spirituelle de contemplation et d’action. Elle est à l’origine de la réforme du second ordre franciscain, celui des sœurs clarisses, fondée par sainte Claire d’Assise au XIIIe siècle. C’est à son confesseur, le franciscain Pierre de Vaux, mais aussi à l’une de ses compagnes en religion, sœur Perrine, que l’on doit la rédaction de ses Vies sans doute rédigées vers 1471 dans le cadre de son procès de canonisation. Selon les auteurs des vitae, sainte Colette naît à Corbie en Picardie, d’un père charpentier et d’une mère longtemps stérile la mettant au monde à l’âge de 60 ans, modèles spirituels tout droit sortis de la Bible. Les biographes de sainte Colette aiment raconter l’enfance pieuse de la sainte, mais aussi souligner les miracles qui lui arrivent : un jour, elle grandit en taille, alors que chacun désespérait de la voir grandir, manière de dire et de décrire son évolution spirituelle. A l’âge de dix-huit, Colette perd ses parents. C’est alors qu’elle décide de mener une vie de recluse. Elle prend l’habit du tiers ordre franciscain le 17 septembre 1402 et s’enferme dans un reclusoir de l’église Saint-Etienne de Corbie. Révélations et visions marquent alors sa vie. Un jour, en vision, saint François d’Assise la requiert notamment à Dieu pour porter remède à tous les maux et péchés dont souffre l’Eglise. Peu après le franciscain Henri de La Baume la rencontre et devient son principal appui. Il l’accompagne à Nice, auprès du pape Benoît XIII à qui elle vient demander la grâce de pratiquer intégralement la règle de sainte Claire, en particulièrement la pauvreté vécue de manière communautaire et pas seulement personnelle. Le pape souscrit à sa requête. Elle fait profession le 14 octobre 1406 et fonde un premier monastère où elle accueille toutes les femmes qui désirent vivre selon cette règle. En 1410, elle prend possession du monastère des clarisses de Besançon et en fait le berceau de la réforme. Très vite, la communauté se développe et sa réputation de sainteté s’étend. C’est le début de la réforme appelée ultérieurement « colletine ». En quarante ans, Colette de Corbie fonde ainsi ou réforme près de dix-sept couvents, parmi lesquels ceux d’Auxonne et de Poligny. Elle rencontre aussi nombre de résistances, comme au couvent du Puy, qui finit par être gagné par l’esprit de la réforme. Elle s’implante aussi en Flandres, à Gand, où elle fonde le petit monastère de Bethléem. Elle meurt à Gand en ayant mené à bien la réforme de 380 couvents dans l’ensemble de l’Europe.

Les femmes enceintes l’invoquent ! Après sa mort, le culte de sainte Colette déborde largement l’ordre franciscain. Très vite, la sainte devient aussi la protectrice des enfants, puis des femmes enceintes et des accouchées. Le miracle de l’augmentation de la taille de la sainte est à l’origine de cette dévotion qui s’étend ensuite à la protection des mères. Aujourd’hui encore, à Gand, on pose sur la tête des mères enceintes, le manteau ayant appartenu à la sainte. On vient aussi demander aux clarisses le « grain » de sainte Colette : petite feuille de papier pliée en forme de grain, sur laquelle est écrite une prière de bénédiction pour bien accoucher.

Sainte Françoise Romaine
Sainte Françoise Romaine

FRANCOISE ROMAINE

Françoise Romaine (1384-1440) naît à Rome dans une riche famille patricienne. Exacte contemporaine de Colette de Corbie, elle représente également ces femmes de la fin du Moyen Age qui ont su concilier contemplation et action. Mariée à l’âge de douze ans à un riche patricien, elle connaît d’abord une vie de femme mariée et subit les contrecoups de la guerre que se livrent gibelins et guelfes, clan auquel appartient son mari. En même temps qu’elle élève de nombreux enfants, Françoise Romaine mène une vie intense de prière et de charité. Au moment de la peste de 1413-1414 qui ravage Rome, elle recueille les malades dans son palais. Des dames de son rang se groupent autour d’elle. A son exemple, elles vivent selon un idéal d’action charitable et de vie ascétique dans le monde. En 1425, ces femmes décident de se grouper dans un monastère d’un genre nouveau, à mi-chemin entre le cloître et le monde. Elles ne vivent pas en clôture et continuent d’exercer la charité au quotidien auprès de tous les pauvres et de tous les malades. Leur fondation est bientôt approuvée par le pape Martin V. Celle-ci s’organise en communauté d’oblates bénédictines, rattachée à la congrégation de la branche bénédictine des Olivétains. A la mort de son mari, en 1436, Françoise Romaine décide d’y vivre de manière permanente tout en continuant d’exercer à Rome sa charité. Visions et révélations affluent. Son confesseur spirituel, Jean Mattiotti, fait état de ses grâces mystiques : participation à la passion du Christ, stigmates…. Françoise Romaine a également de nombreuses visions de son ange gardien qui contribuent au lancement de la dévotion de l’ange gardien à la fin du Moyen Age. Elle meurt à Rome en odeur de sainteté. Le culte de la sainte reste essentiellement romain avant de connaître une plus grande diffusion à l’époque moderne.






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