L’homme artificiel

L’humain, matériel biologique ? Avec le Dr Jean-Pierre Dickès
Le Dr Jean-Pierre Dickès a publié un essai sur l’homme artificiel, offrant ici une réflexion approfondie sur le clonage reproductif, la création de l’homme par l’homme. Un cri d’alarme avant qu’il ne soit trop tard...


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Émission proposée par : Annet Sauty de Chalon
Référence : ECL248
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/ecl248.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida1408-L-homme-artificiel.html
Date de mise en ligne : 13 avril 2007

Dans cette émission très complète, le Dr Jean-Pierre Dickès explique pourquoi on s’achemine délibérément vers la création de l’homme par l’homme.
Le Dr Dickès est président de l’ACIM (Association catholique des infirmières et médecins). Il est l’auteur de L’homme artificiel – essai sur le moralement correct (Editions de Paris).

Il souligne combien la culture ambiante développe une culture de mort : celle des tout-petits, celle des très âgés, celle des malades condamnés, etc... bientôt les bébés deviendront non des êtres humains mais des réserves médicamenteuses, bientôt on assistera au retour de l’eugénisme...

Notre modèle de société, après avoir proclamé la mort de Dieu (pas si mort d’ailleurs...), réduit l’homme à un simple matériel biologique sans âme qui se gère comme un produit et une marchandise. Est-ce vraiment ce que nous souhaitons pour l’humanité nouvelle ?

Ses propos ne sont pas sans rappeler ceux d’autres penseurs, notamment Attali et Fukuyama pour n’en citer que quelques uns :

Une phrase de Jacques Attali donne un avant-goût de ce cauchemar éveillé : « Bientôt, on ira plus loin encore, en séparant le fœtus de sa matrice, faisant de l’être humain un artefact, fabriqué sur mesure, avec des caractéristiques choisies à l’avance ; et, peut-être un jour, avec une mémoire et une conscience de soi prédéterminées. En devenant ainsi peu à peu des objets comme les autres, les êtres humains deviendront, pour ceux qui les achèteront (car ils se vendront), des objets de consommation, abandonnés dès qu’un modèle nouveau viendra exciter leur désir. L’humanité aura alors achevé son cycle : en se concentrant sur ses plaisirs immédiats, en renonçant à toute responsabilité à l’égard de l’avenir, elle aura perdu sa raison d’être ». Bienvenue dans le Meilleur des mondes.

Qu’adviendra-t-il de l’humanité, « une fois que nous serons en mesure de fabriquer des gens avec des selles sur le dos, et d’autres qui auront bottes et éperons ? ». Une question cruciale que s’était posée Francis Fukuyama dans son essai sur la Fin de l’Homme. Le communisme et le nazisme rêvèrent de changer l’humanité par la coercition ; la biotechnique le fera intelligemment au nom de la liberté individuelle (qui ne désire pas un bébé « parfait » ?) et du progrès (qui ne souhaite pas éradiquer Alzheimer ou le diabète ?). Un jour, prédit Francis Fukuyama, l’homo sapiens « ne sera plus l’esclave de ses gènes mais le maître ». Mais rappelons que dans son essai, le théoricien de la fin de l’histoire excluait du champ de son analyse « tout dogme religieux sur les origines de l’homme ». A lire :

L’ouvrage "L’homme artificiel" de Jean-Pierre Dickès et Godeleine Lafargue est publié aux Editions de Paris, 2006.

En savoir plus sur :
- l’Association catholique des infirmières et médecins






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