Les associations ne jouent pas la transparence financière !

Savez-vous que la dépense nationale associative en France peut être évaluée à 12 % du PIB ? Que l’Etat-providence délègue -un peu trop aisément ?- ses attributions à des associations. Le système associatif serait-il dévoyé ? Le monde associatif, s’il jouit d’une grande liberté, présente aussi une grande opacité financière. Explications et protestations de Pierre-Patrick Kaltenbach, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes.


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Émission proposée par : Annet Sauty de Chalon
Référence : ECL225
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Date de mise en ligne : 24 janvier 2007


Pierre-Patrick Kaltenbach, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes.
Pierre-Patrick Kaltenbach, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes.

La loi de 1901 - loi sur les associations à laquelle les Français sont très attachés - représente l’un des piliers du système républicain. Celle-ci repose sur la liberté, le désintéressement, la responsabilité, l’esprit d’entreprise, la séparation des pouvoirs et des intérêts, la démocratie. Seulement, depuis plusieurs décennies, cet esprit a été dévoyé par une classe politique qui a largement abusé du système.

Ainsi, Pierre-Patrick Kaltenbach évalue la Dépense nationale associative à près de 12% du PIB ! Du 1% logement aux retraites complémentaires en passant par la formation professionnelle, le caritatif, l’aide sociale ou la lutte contre le cancer, l’Etat-providence a, dans une très large mesure, délégué ses attributions au monde associatif.

Or, celui-ci se caractérise par une très grande opacité. C’est ce que dénonce Pierre-Patrick Kaltenbach dans cet entretien à coeur ouvert. Enarque, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien président du Fonds d’action sociale pour les travailleurs immigrés (FAS), ex-patron de l’Institut national d’études démographiques (INED), il est membre de la commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) et préside toujours les Associations familiales protestantes.

Ici, la dimension morale est cruciale.
D’abord, parce que les associations n’appartiennent ni au public, ni au privé. Elles se trouvent ainsi exonérées de toutes les critiques visant aussi bien le libéralisme sauvage que le socialisme bureaucratique. Ensuite, elles ouvrent forcément pour le beau, le vrai et le bien. La noblesse des activités les rend donc presque intouchables. Pierre-Patrick Kaltenbach, fondateur de Gouvernance et Certification, parle de structures « moralement auto-nettoyantes ». Dans son combat pour la transparence et contre la confusion des pouvoirs, il évoque assez largement la mise en place d’un label de qualité, afin que les associations - qui emploient tout de même 1,6 millions de salariés - respectent les critères grâce auxquels elles pourront vraiment inspirer confiance.

En savoir plus sur :
- Gouvernance et Certification, le site de Pierre-Patrick Kaltenbach






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