ITER : l’énergie nucléaire à partir des océans

Avec Guy Laval, physicien, académicien des sciences
Installé en France, à Cadarache, le programme de recherche ITER (le chemin en latin) devrait fonctionner à partir de 2015. Objectif : créer une nouvelle énergie nucléaire à partir de deux isotopes que l’on trouve dans les océans ! Deux avantages : la ressource est infinie et aucune production de gaz à effet de serre. Premiers résultats à partir de 2050. Explications de Guy Laval, académicien des sciences.


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Date de mise en ligne : 14 mars 2007


Depuis l’époque d’Einstein, les hommes cherchent à reproduire l’incroyable énergie des étoiles, visible à travers leurs rayonnements. Il fallait pour cela recréer les conditions nécessaires en utilisant l’hydrogène.
Qu’à cela ne tienne, soixante-dix ans plus tard, les scientifiques ont trouvé leur source d’hydrogène dans les océans, et s’apprêtent à reproduire cette énergie extraordinaire avec le projet ITER, à Cadarache.

Représentation en 3D de la construction d'ITER à Cadarache
Représentation en 3D de la construction d’ITER à Cadarache

Actuellement, les pays développés utilisent l’énergie nucléaire de fission. Ici, il s’agit d’exploiter l’énergie nucléaire de FUSION.
Cette technique s’appuie sur la fusion des noyaux d’éléments chimiques de petite taille et en particulier d’un isotope lourd de l’hydrogène, le deutérium, abondant dans les eaux des océans et de tritium, autre isotope de l’hydrogène.
À cela plusieurs avantages : cette énergie est inépuisable, (par opposition à l’uranium 235 en quantité limité) et peu coûteuse. Si le deutérium est un élément stable, en revanche, ce n’est pas le cas. Ce dernier, radioactif, contaminera les matériaux. Mais les déchets seraient moins importants que ceux engendrés avec nos techniques actuelles, et la radioactivité des matériaux seraient de courte durée.

Ce projet suscite cependant des interrogations.

Pour des raisons techniques d’une part : une large place est faite aux simulations sur ordinateur, sans que les expériences soient testées à l’échelle humaine. Par ailleurs, il faut trouver le matériau capable de résister à la réaction, des neutrons de 14 millions d’électronvolts engendrés ! Enfin, on ne sait pas porter l’hydrogène en fusion pendant une durée suffisante. (la durée maximale est actuellement de 20 secondes).

Pour des raisons économiques d’autre part : Le coût de 15 millions d’euros, certes porté par la France, mais aussi Le Japon et les Etats-Unis, peut faire grincer des dents lorsque que l’on sait qu’ITER fait partie de la recherche fondamentale. En aucun cas il pourra produire de l’énergie à un niveau industriel. Pour cela, il faudra construire des réacteurs spécifiques. Dans l’optique où il fonctionnerait à une telle échelle, nous perdrions plus d’énergie à produire cette fusion qu’à en récolter.

Pour connaître en détail les recherches sur la fusion nucléaire, les intérêts européens et internationaux, écoutez sans plus tarder cet éclairage, en compagnie de Guy Laval, physicien animateur du rapport du comité de l’Académie des sciences, Science et technologie, La fusion nucléaire : de la recherche fondamentale à la production d’énergie, paru en février 2007 .

Guy Laval, physicien, membre de l’Académie des sciences.
Guy Laval, physicien, membre de l’Académie des sciences.

Guy Laval est membre de l’Académie des sciences, dans la section physique. Physicien, il est directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) depuis 2002.

En savoir plus sur :
- Guy Laval, membre de l’Académie des sciences

- Le rapport Science et technologie, La fusion nucléaire : de la recherche fondamentale à la production d’énergie, février 2007.

- Le site instituionnel d’ITER






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