Les logiques totalitaires en Europe

avec l’historien Stéphane Courtois, invité de Christophe Dickès
Fruit d’un colloque, "Les logiques totalitaires en Europe" qui vient de paraître aux Editions du Rocher constitue le quatrième et dernier volet consacré au phénomène politique le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité. Stéphane Courtois, qui fut l’organisateur et le directeur de ce colloque, nous présente ici les conclusions de cet ouvrage indispensable à toute personne souhaitant comprendre ce phénomène.


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Émission proposée par : Christophe Dickès
Référence : HIST220
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Date de mise en ligne : 11 janvier 2007

Après un triptique consacré à la naissance, à l’apogée et à l’héritage du totalitarisme, Stéphane Courtois nous offre ici une réflexion thématique sur les logiques du phénomène qui domina le XXè siècle. Celles-ci sont au nombre de quatre :
- l’idéologie tout d’abord permettant entre autre d’établir une filiation entre Marx, Lénine et Staline ;
- l’usage de la guerre civile
- impliquant la mise en place d’un régime de terreur ;
- enfin le développement d’une nouvelle élite fondant son pouvoir sur une logique elle-même terroriste.

Stéphane Courtois, qui répond aux questions de Christophe Dickès, nous donne ici les avancées de la recherche historique dans le domaine mais offre aussi des pistes de réflexions d’avenir. Loin d’être close, la question du totalitarisme laisse un vaste champ historiographique. Longtemps occultée, cette recherche

Les logiques totalitaires en Europe
Les logiques totalitaires en Europe
Coll. Démocratie ou Totalitarisme dirigée par Stéphane Courtois.

Notice de l’éditeur. Le XXe siècle a été marqué en Europe par le phénomène totalitaire dont les formes diverses - fascisme, nazisme, communisme - ont été inaugurées et portées par des chefs charismatiques - Lénine, Staline, Mussolini, Hitler. Cependant, par-delà ces hommes, le phénomène était sous-tendu de logiques spécifiques. La logique initiale renvoie à la dimension idéologique des mouvements totalitaires, une idéologie - racialiste, classiste ou ultra-nationaliste - qui, devenue religion politique, légitime la volonté de puissance et de domination totale qui anime les chefs et justifie leurs actions, même les plus criminelles. Lors de leur passage à l’acte pour la prise du pouvoir, les mouvements totalitaires mettent systématiquement en œuvre la logique de la guerre civile qui ouvre le champ de tous les possibles en supprimant les traditionnelles limites de durée, d’espace et de moyens par lesquelles la violence étatique est bridée. Le déclenchement de la guerre civile implique la mise en œuvre de la logique de la terreur qui, selon des intensités variables, a présidé à tous les régimes totalitaires. Enfin, pour conserver le pouvoir à tout prix et développer leurs projets - " construction du socialisme " en URSS, épuration de la race en Allemagne, création de " l’Homme nouveau " en Italie -, les régimes totalitaires liquident les élites traditionnelles ou démocratiques, et suscitent l’apparition de nouvelles élites totalitaires formées d’un type d’homme prêt à pratiquer la terreur pour mieux profiter des gratifications offertes. C’est à toutes ces questions qu’une équipe de vingt-cinq historiens, sociologues et politologues venus de toute l’Europe consacre sa réflexion.

L’historien Stéphane Courtois.
L’historien Stéphane Courtois.

A propos de l’auteur. Historien spécialiste du communisme, Stéphane Courtois est directeur de recherches au CNRS. Au sein de cette institution, il est également responsable du laboratoire GEODE, le Groupe d’Observatoire et d’Etudes de la Démocratie. En novembre 1997, Stéphane Courtois et ses collaborateurs publient "Le Livre Noir du Communisme" qui dresse un bilan catastrophique de l’application de l’idéologie marxiste à travers le monde. A cause de la comparaison du génocide des races et du génocide des classes, cet ouvrage a provoqué l’émoi d’une partie de l’intelligentsia de la gauche française. Depuis la publication de cet ouvrage, Stéphane Courtois a élargi ses recherches à l’ensemble des totalitarismes.

Retrouver Stéphane Courtois sur Canal Académie.

- Sur l’apogée des régimes totalitaires en Europe : cliquez ICI.
- Sur l’héritage des régimes totalitaires en Europe : cliquez ICI.

Stéphane Courtois est aussi intervenu au cours d’une séance de l’Académie des Sciences morales et politiques le 24 février 2003 pour évoquer le personnage de Staline.
- Lire ou imprimer le texte : cliquez ICI.
- Ecoutez l’intervention : cliquez ICI.

A lire également :

Les liens germano-soviétiques.
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- Sébastien Haffner, Le pacte avec le diable-Les relations germano-soviétiques 1917-1941, préface d’Alfred Grosser, Alvik Editions. Journaliste allemand, Sébastien Haffner nous offre une vision trop peu étudiée par l’historiographie, en établissant une continuité dans les relations germano-soviétiques entre les deux Guerres mondiales. Un livre passionné et passionnant.

George L. Mossé enfin traduit.
George L. Mossé enfin traduit.

- Les racines intellectuelles du IIIè Reich par George L. Mossé chez Calmann-Lévy. Texte de l’éditeur : Hitler, le nazisme et le IIIe Reich ne firent pas preuve d’une grande originalité intellectuelle. C’est en étudiant les fondements idéologiques de l’hitlérisme que l’historien américain George L. Mosse a mis en lumière combien le romantisme allemand, dans son culte du Volk, de la terre et du sang, avait constitué le terreau d’une pensée raciale et ethniciste (volkisch) qui fit plus tard l’armature intellectuelle du régime national-socialiste. La foi germanique en un peuple aryen et vierge de tout héritage biblique, l’exaltation des anciens Germains, le culte de la race enfin, avaient dès la seconde moitié du XIXe siècle ouvert la voie à une idéologie d’exclusion.

Bien avant 1914, la pensée völkisch avait pénétré les mouvements de jeunesse allemands comme l’essentiel du milieu universitaire. Avec le traumatisme consécutif à la défaite de 1918, elle trouve un relais parmi une fraction importante des anciens combattants comme dans une large partie de la société allemande travaillée par le ressentiment et un antijudaïsme fonctionnant ici comme un code culturel et social. Le mouvement hitlérien saura canaliser cette nébuleuse idéologique et traduire ces frustrations en termes politiques. En transformant in fine l’aspiration à une révolution anti-bourgeoise en révolution antijuive. Enfin traduit en français, le livre de George Mosse met en lumière la profondeur de l’enracinement intellectuel du Troisième Reich dans l’histoire de l’Allemagne comme dans celle, plus largement, du Vieux Continent.

Stéphane Courtois, entouré d’une équipe d’une vingtaine de spécialistes, a dirigé un "Dictionnaire du communisme" qui a été publié aux Editions Larousse à l’automne 2007. De A comme "adhésion" à Z comme "Zou Enlaï", cet ouvrage magistral et pédagogique dresse un tableau du communisme dans le monde.






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