Sainte-Beuve, la fin du purgatoire

portrait au travers des discours de l’Académie, par David Gaillardon
Injustement oublié depuis quelques décennies, Sainte-Beuve sort enfin du purgatoire où on l’avait confiné. Chercheurs et éditeurs lui redonnent même une étonnante actualité... Portrait d’un célèbre critique littéraire au travers des discours académiques, dresssé par David Gaillardon.


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Émission proposée par : David Gaillardon
Référence : HAB222
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Date de mise en ligne : 21 janvier 2007


Charles-Augustin Sainte-Beuve, Nadar, copie sur plaque de verre réalisée en 1912 d'un négatif plus ancien. Archives Photographiques (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine) © CNM.
Charles-Augustin Sainte-Beuve, Nadar, copie sur plaque de verre réalisée en 1912 d’un négatif plus ancien. Archives Photographiques (Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine) © CNM.

Né en 1804, à Boulogne-sur-Mer, Charles Sainte-Beuve appartient à une famille de bonne bourgeoisie de province, catholique pratiquante. Orphelin de père très tôt, il est élevé par sa mère. Brillant élève, il est interne au lycée Condorcet. Doué pour les sciences comme pour les lettres, il choisit d’abord de se tourner vers la médecine. Dès 1827, il publie ses premiers textes dans Le Globe, feuille libérale et principal soutien du courant romantique. Il rencontre bientôt Victor Hugo à qui il voue une profonde admiration ; Hugo le fait entrer dans le Cénacle de Charles Nodier. Intime du couple Hugo, Sainte-Beuve découvre bientôt le contraste formé par la vie officielle du poète et la réalité de son couple. Sa liaison avec Adèle sera l’une des causes de sa rupture avec le poète...

La notoriété par la critique

Plus qu’à ses romans et à ses essais, qui seront pour la plupart des demi-échecs, Sainte-Beuve acquiert sa notoriété par la critique littéraire. La méthode beuvienne -qui sera tellement critiquée par Proust plus tard- part du principe qu’on ne peut séparer la vie d’un artiste de son oeuvre et que, bien au contraire, le milieu ou les antécédents historiques sont un élément à prendre en compte pour le critique.

Après la parution de Critiques et portraits littéraires, de Portraits de femmes et de Portraits contemporains, Sainte-Beuve entreprend un travail historique qui sera son grand oeuvre : son Histoire de Port-Royal. Considérée parfois comme une tentative d’histoire totale, elle rompt avec la démarche historique traditionnelle qui naviguait entre hagiographie et romantisme...

A l’Académie française

Cette volumineuse histoire est son viatique pour l’Académie Française, où Sainte-Beuve est élu en 1844 (28e fauteuil). Sa réception sous la coupole est un des grands moments de l’histoire de l’Académie : c’est Hugo (qui s’est opposé à 11 reprises à l’élection de son ancien ami !) qui est chargé de le recevoir. Son discours est un chef d’oeuvre, bijou ciselé où la mauvaise foi perce par endroits et où l’hommage au nouvel académicien est plus que mesuré...

Sainte-Beuve est mort en 1869, il avait été fait sénateur par Napoléon III en 1865, une manière pour l’Empereur de remercier l’un des fidèles serviteurs du régime (ce qui n’empêcha pas Sainte-Beuve de défendre inlassablement la liberté de la presse). C’est son ami et protégé Jules Janin qui lui succéda au 28e fauteuil.

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- Charles-Augustin Sainte-Beuve






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