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La fonte des glaciers, des glaces de mers et des glaces continentales

avec Frédérique Rémy, glaciologue
Quelles sont les différences entre icebergs, et glaces continentales ? Aurons-nous les pieds dans l’eau d’ici 100 ans ? Toutes les réponses avec Frédérique Rémy, glaciologue et membre du Bureau des Longitudes. Faites le point sur vos idées reçues concernant la fonte des glaces !


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Référence : ECL226
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/ecl226.mp3
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Date de mise en ligne : 11 janvier 2007


Frédérique Rémy, directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales.
Frédérique Rémy, directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales.

Les glaces sont à la fois des acteurs et des témoins du climat : acteurs, à travers notamment leur albédo (fraction du flux total de particules incidentes renvoyé par réflexion diffuse à la surface de séparation de deux milieux) ; et témoins car elles sont sensibles à toutes les fluctuations climatiques.
Des glaces de mers aux grandes calottes polaires, les temps de réaction face aux changements climatiques sont très variés : de la saison à la centaine de milliers d’années ! Par ailleurs, les glaciers continentaux et les calottes polaires du Groenland ou de l’Antarctique sont régis par l’équilibre entre les chutes de neige, la fonte, et l’écoulement de la glace, éléments qui tous, dépendent du climat qui peuvent donc avoir un effet double en augmentant simultanément l’intensité des chutes de neige et de la fonte. Frédérique Rémy fait le point sur l’évolution de ces glaces : recul des glaces de mer, de l’Arctique, de la majorité des petits glaciers continentaux, au contraire de l’Antarctique, qui semble relativement stable !

Rôle du climat sur la glace : le réchauffement climatique entraîne une intensification du cycle de l’eau, avec à la fois plus neige et plus de fonte.
Rôle du climat sur la glace : le réchauffement climatique entraîne une intensification du cycle de l’eau, avec à la fois plus neige et plus de fonte.
Groupe de glaciologie de l’observatoire Midi-Pyrénées.
L’Antarctique, c’est 15 millions de km2, 30 millions de km3, 75% de l’eau douce, 90% des glaces.  Si la glace antarctique venait à fondre entièrement, elle recouvrirait le globe de  60 mètres d’eau au dessus du niveau de la mer.
L’Antarctique, c’est 15 millions de km2, 30 millions de km3, 75% de l’eau douce, 90% des glaces. Si la glace antarctique venait à fondre entièrement, elle recouvrirait le globe de 60 mètres d’eau au dessus du niveau de la mer.
Groupe de glaciologie de l’observatoire Midi-Pyrénées

Quelques idées reçues...

1. Il faut distinguer glaces de mers et glaces continentales !
Les premières flottent sur l’eau. En cas de fonte, elles ne jouent pas sur l’élévation du niveau de la mer (comme un glaçon dans un verre d’eau)
En revanche, les glaces continentales jouent un rôle important ! (glaciers, calottes polaires, arctique, antarctique).

2. L’élévation général des températures active certes la fonte des glaces, mais dans son cycle, elle intègre aussi l’évaporation et la transformation des gouttes en flocons de neige, lorsque l’athmosphère refroifit...

3. Le réchauffement climatique déclenche un double « circuit » :
- Il provoque la fonte des glaces, de manière générale
- Dans un second temps, la surface glacée, blanche, renvoyant les rayons du soleil, (l’albedo) se réduisant, accélère le processus de fonte.
La fonte des glaces de mers participe en effet à 1/3 du réchauffement climatique global !

4. Les glaciers de montagnes ne fondent pas à la même vitesse que les glaciers polaires ! La mer de glace (Mont Blanc) a reculé de 9 kilomètres depuis 1850 ! En revanche, les glaces continentales de l’Arctique et de l’Antarctique, ont un temps de réaction de 100 000 ans... Ce que nous observons aux pôles est en effet la conséquence de perturbation climatiques très lointaines.

Le recul de la Mer de glace de 1850 à nos jours

Le glacier du Rhône en 1850,  11,5km.
Le glacier du Rhône en 1850, 11,5km.
Groupe de glaciologie de l’observatoire Midi-Pyrénées
Le glacier du Rhône en 1870. (les flèches rouges indiquent la position en 1850).
Le glacier du Rhône en 1870. (les flèches rouges indiquent la position en 1850).
Groupe de glaciologie de l’observatoire Midi-Pyrénées
Le glacier du Rhône en 1914. (les flèches rouges indiquent la position en 1850).
Le glacier du Rhône en 1914. (les flèches rouges indiquent la position en 1850).
Groupe de glaciologie de l’observatoire Midi-Pyrénées
Le glacier du Rhône en 1985. (les flèches rouges indiquent la position en 1850).
Le glacier du Rhône en 1985. (les flèches rouges indiquent la position en 1850).
Groupe de glaciologie de l’observatoire Midi-Pyrénées

Frédérique Rémy est directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales (LEGOS) dans le Midi Pyrénées. Elle étudie la cryosphère, notamment les calottes polaires, par la télédétection spatiale. Frédérique Rémy est membre du Bureau des Longitudes, bureau sous l’égide de l’Institut de France.

En savoir plus sur :
- Frédérique Rémy
- le LEGOS
- Le Bureau des Longitudes

- Retrouvez notre émission sur l’Histoire du Bureau des longitudes ici !

- Retrouvez notre sommaire consacré à la semaine sur les mystères de la mer.






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