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Une journée à l’Académie des beaux-arts avec François Chaslin

Retransmission de l’intervention du correspondant de la section d’architecture de l’Académie des beaux-arts

François Chaslin, critique d’architecture donne sa vision de l’architecture aujourd’hui dans une communication qu’il a prononcée le 28 novembre 2012 dans le cadre d’une journée d’ouverture et de débats de l’Académie à différents acteurs du monde de l’art : « L’architecture, entre coups d’éclats et éclatement ». Que reste-t-il du métier d’architecte ? Vers quoi le portent les valeurs qui dominent la période que nous vivons, principalement celles du libéralisme économique et de la mondialisation ?


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Texte de François Chaslin

L'architecture, éclats et émiettement


Vous vouliez nous parler d'un danger qui paraît menacer l'architecture. Oui, celui de son éclatement, de son émiettement en de nombreuses professions. Je n'en parlerai pas sur le mode de la déploration, car il est fatal et s'inscrit dans la marche générale du monde. J'essaierai de montrer ce qui peut rester à ce métier qui corresponde à ses ambitions traditionnelles. Et ce vers quoi le portent les valeurs qui dominent la période que nous vivons, principalement celles du libéralisme économique et de la mondialisation.


Qu'on m'entende bien : il n'y a jamais eu d'époque où l'architecture aurait constitué une seule profession, une sorte de farandole comme dans ce monôme des élèves de l'école des Beaux-Arts
sur une gravure d'Alexis Lemaître (L'École des Beaux-Arts, 1889). Il n'y a jamais eu d'époque où sa doctrine, ses principes moteurs, ses rêves, ses codes ou son esthétique auraient été unanimes. Ce
que l'on sait de la Renaissance ou de l'âge classique révèle déjà la diversité des métiers et des statuts, leurs frontières mouvantes. Au milieu du Quattrocento, Alberti précisait "à qui au juste" il réservait le nom d'architecte : à "celui qui, avec une raison et une règle merveilleuse et précise, sait premièrement diviser les choses avec son esprit et son intelligence, et secondement comment assembler avec justesse, au cours du travail de construction, tous ces matériaux qui (etc., etc.)."
Diviser les choses avec son esprit, et assembler tous ces matériaux. Un siècle plus tard, Philibert de l'Orme, que l'on tenait pour le "premier des architectes français", ne consentait à la plupart de ses confrères que le titre de maîtres maçons. Cette discipline, qui s'est constituée en profession libérale au cours du dix-neuvième siècle, elle conserve d’elle-même une idée sans cesse plus archaïque.


Les petits praticiens de banlieue ou de province, ceux dont les noms se lisent sur des plaques émaillées aux façades des pavillons de meulière, n'ont eu, bien sûr, que peu à voir avec leurs contemporains de meilleure notoriété. Ces notables qu'Édouard Pourchet avait photographiés, pour son album de 1894 Nos Architectes, parmi leurs meubles et face à une bibliothèque de traités,(...)


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