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Retransmission de la Séance solennelle de l’Académie des beaux-arts 2012

Sous la Coupole, discours d’Arnaud d’Hauterives, de François-Bernard Michel et de Lucien Clergue
Le mercredi 21 novembre 2012, s’est déroulée sous la Coupole de l’Institut de France, la séance solennelle de rentrée 2012 de l’Académie des beaux-arts. Canal Académie vous propose d’écouter des extraits de la retransmission de cette séance. Au programme, l’hommage rendu aux membres de l’Académie disparus, la lecture du Palmarès des prix décernés dans l’année, et le discours du secrétaire perpétuel Arnaud d’Hauterives, cette année, intitulé Images de guerre.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : COU595
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/cou595.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 21 novembre 2012

La séance solennelle de l’Académie des beaux-arts commence par les roulements de tambours de la Garde Républicaine, -comme toutes les séances sous la Coupole- et se distingue en s’achevant toujours sur la note joyeuse de l’interprétation de la Fanfare de La Péri de Paul Dukas.
Comme il est d’usage, le président de l’Académie en exercice, cette année François-Bernard Michel, a rendu hommage aux académiciens décédés en 2012, invitant les personnes présentes à observer une minute de silence pour saluer la mémoire d’Antoni Tapiès, membre associé étranger, de Pierre Schoendoerffer, membre de la section des créations artistiques dans le cinéma et l’audiovisuel, de Georges Mathieu, membre de la section de peinture, de Jacques Taddei, membre de la section de composition musicale, et de Brigitte Engerer, correspondant de l’Académie dans la section composition musicale.

Palmarès des Prix et concours 2012

Il existe 51 prix décernés par l’Académie des beaux-arts à des artistes confirmés ou en début de parcours. Certains récompensent même plusieurs lauréats. Lucien Clergue, le vice-président de l’Académie avait l’honneur de proclamer le palmarès des prix de l’année 2012 sous la Coupole.

Le photographe Lucien Clergue, vice-président de l'Académie des beaux-arts pour l'année 2012, Institut de France, 21 novembre 2012, Séance solennelle de l'Académie des beaux-arts
Le photographe Lucien Clergue, vice-président de l’Académie des beaux-arts pour l’année 2012, Institut de France, 21 novembre 2012, Séance solennelle de l’Académie des beaux-arts
© MDL/Canal Académie

Parmi les principaux prix décernés

La Fondation Simone et Cino Del Duca, Prix de l’Institut de France attribue 4 prix sur proposition de l’Académie des Beaux-Arts :

- Le Prix de Peinture a été décerné à Antonio Segui
- Le Prix de Sculpture a été décerné à Jean Anguera
- Le Prix de Composition musicale a été décerné à György Kurtag
- Les Prix de musique ont été partagés entre : Georges Bériachvili , Thomas Lacôte, Diego Tosi et Karen Wierzba.

Le Prix Liliane Bettencourt pour le Chant Choral a récompensé cette année, Diabolus in Musica dirigé par Antoine Guerber qui a interprété sous la Coupole de l’Institut de France Credo, extrait de la messe Sicut Spina Rosam de Jacob Obrecht pour le plus grand plaisir du public invité et des académiciens et mécènes réunis ensemble.

Ensemble Diabolus in musica, Prix Liliane Bettencourt pour le chant Choral 2012, Institut de France, 21 novembre 2012, Séance solennelle de l’Académie des beaux-arts
Ensemble Diabolus in musica, Prix Liliane Bettencourt pour le chant Choral 2012, Institut de France, 21 novembre 2012, Séance solennelle de l’Académie des beaux-arts
© MDL/Canal Académie

Grand Prix d’Architecture de l’Académie des beaux-arts 2012
Le Jury est présidé par Claude Parent et le concours avait pour thème cette année : Maison Garder
- Le Premier Prix, Prix Charles Abella, a été décerné à Simon Moisière
- Le Deuxième Prix, Prix André Arfvidson, a été décerné à Raphaël Masson
- Le Troisième Prix, Prix Paul Arfvidson, a été décerné à Nicolas Simon
- Deux mentions ont été décernées à Julie Litnhouvong et Minh Tâm Ngo Velasco.

Prix Pierre Cardin

Les cinq Prix Pierre Cardin sont décernés par les différentes sections de l’Académie :
- Le Prix de Peinture a été décerné à Oda Jaune
- Le Prix de Sculpture a été décerné à Christiane Muller
- Le Prix d’Architecture a été décerné à Isabel Hérault
- Le Prix de Gravure a été décerné à Baptiste Fompeyrine
- Le Prix de Composition Musicale a été décerné à David Hudry

Prix Pierre Cardin, les lauréats et les membres du jury, Institut de France, 21 novembre 2012, Séance solennelle de l'Académie des beaux-arts
Prix Pierre Cardin, les lauréats et les membres du jury, Institut de France, 21 novembre 2012, Séance solennelle de l’Académie des beaux-arts
© MDL/Canal Académie

Le Prix François-Victor Noury, Prix de l’Institut attribué sur proposition de l’Académie des beaux-arts, a été décerné à Pierre Schoeller. Le Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts – Marc Ladreit de Lacharrière a récompensé Katharine Cooper. Le Prix Nahed Ojjeh, prix de gravure a été attribué à Agathe May. Le Prix Georges Coulon, prix de sculpture est un Prix de l’Institut attribué sur proposition de l’Académie des Beaux-Arts a été décerné à Anne-Charlotte Yver.
Le Prix du Cercle Montherlant– Académie des Beaux-Arts couronnant un ouvrage consacré à l’art, a été attribué à Henri Stierlin pour l’ouvrage L’Art persan publié aux Éditions de l’Imprimerie nationale. Le Prix de l’édition d’art du Cercle Montherlant – Académie des beaux-arts a été décerné aux éditions de l’Imprimerie nationale, représentées par Jean-Marc Dabadie
Le Prix de la Fondation Pierre Gianadda, prix de sculpture a été décerné à Martine Demal.
La lecture du palmarès a été accompagnée de moments musicaux exceptionnels interprétés par l’Orchestre Colonne, sous la direction de l’académicien Laurent Petitgirard. Ils ont offert au public L’Oiseau de feu d’Igor Stravinsky.

Discours du Secrétaire perpétuel Arnaud d’Hauterives : Images de guerre

Extraits du discours d’Arnaud d’Hauterives

La récente exposition du musée des Beaux-Arts d’Anger, construite autour du tableau restauré de Pierre Guérin, la Mort de Priam, nous rappelle que la matière épique et la représentation de la guerre sont une source essentielle d’inspiration et d’interrogation pour les artistes, des vases grecs de l’Antiquité aux toiles du XIX e siècle français en passant par les fresques de la Renaissance italienne. C’est ce sujet que j’ai choisi d’évoquer aujourd’hui.

Arnaud d'Hauterives, Secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, Institut de France, 21 novembre 2012, Séance solennelle de l'Académie des beaux-arts
Arnaud d’Hauterives, Secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts, Institut de France, 21 novembre 2012, Séance solennelle de l’Académie des beaux-arts
© Canal Académie

En dehors du dessein politique et des commandes officielles qui expliquent la pérennité et la fécondité du genre, la célébration de l’exploit martial pose en effet des problèmes de création motivants pour un peintre. Dans une scène de bataille ou de siège, comment saisir en mouvement, sur une surface nécessairement limitée, des figures innombrables dans un espace immense ? Comment exalter les vertus héroïques à travers une esthétique de la violence qui oscille nécessairement entre idéalisation et réalisme ? L’invention de la perspective, l’art du dessin et de la composition, les tensions entre romantisme et réalisme permettent aux artistes, au fil du temps, de répondre à ces questions.
En marge de la célébration de la gloire et de l’idéalisation des batailles, d’autres regards compatissants et épouvantés se portent cependant sur les destructions et sur les souffrances provoquées par la guerre. Breughel, Callot ou Goya, bien avant les artistes du XX e siècle, dénoncent les massacres et refusent de donner une forme esthétique à la guerre en représentant ce qui pourtant ne peut pas l’être, le chaos.

[...] Après avoir évoqué la peinture des peintres des siècles passés, il a évoqué celle de son confrère Vladimir Vélickovic avant de finir son discours en évoquant son confrère cinéaste disparu Pierre Schoendoerffer et ses films sur la guerre.

Par comparaison, en Europe, le genre du film de guerre est peu développé. On peut cependant citer La Grande Illusion de Jean Renoir et bien sûr l’œuvre de Pierre Schoendoerffer, cameraman au Service cinématographique des Armées puis reporter pour la télévision et les journaux, Match, Paris-Presse ou Life. Son expérience de reporter et de prisonnier à Diên Biên Phu lui inspire La 317e section. Au-delà des considérations sur les raisons du conflit et les idéologies qui lui donneraient un sens, ce qui intéresse le cinéaste c’est d’explorer le mystère de la condition humaine dans les conditions exceptionnelles créées par la guerre : « Ce qui m’importe, dit-il, ce sont les hommes qui se révèlent à eux-mêmes dans ces périodes de grandes intensités. » Il y parvient en filmant à hauteur d’homme un petit groupe de combattants sur le terrain, face à un ennemi invisible, comme pour un reportage. On suit au quotidien l’itinéraire d’individus qui se transforment en héros parce qu’ils sont contraints d’affronter des événements exceptionnels. Grâce à un scénario dépourvu d’actions spectaculaires, ce film de fiction dit dans un style épuré la vérité de la guerre, avec beaucoup plus d’efficacité que bien des reconstitutions guerrières artificielles et conventionnelles. Comme j’espère l’avoir montré après cette rapide évocation de l’histoire de la peinture de batailles, la question de la représentation visuelle des conflits ne va pas de soi et chaque époque s’est interrogée sur ce que l’on peut ou doit montrer. À l’heure où la mise en image des guerres ne sait pas toujours éviter de jouer avec l’esthétique de la violence, jeu d’autant plus trouble et choquant que les images diffusées sont contemporaines des faits, l’admirable épopée métaphysique de Pierre Schoendoerffer, selon le mot de Jean-François Rauger, nous donne quelques réponses.

Pour en savoir plus

- Académie des beaux-arts
-  Arnaud d’Hauterives
- François-Bernard Michel
- Lucien Clergue

- Diabolus in Musica
- Orchestre Colonne, directeur musical Laurent Petitgirard






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