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200 sauces : Soubise, Mornay ou Béchamel, quelle histoire !

La chronique « Histoire et gastronomie » de Jean Vitaux

L’étymologie de la sauce nous rappelle que la sauce est avant tout liquide : ce terme issu du latin salsa (salé) désigna d’abord l’eau de mer, avant de désigner l’eau et la pluie : nous sommes encore « saucés » quand nous sommes mouillés par une pluie violente. Initialement au moyen âge, le terme sauce, connu depuis le XII° siècle, définissait un assaisonnement contenant de l’eau, du sel et divers ingrédients (épices, herbes)... mais Jean Vitaux connaît bien d’autres histoires de sauces que vous allez goûter et déguster en l’écoutant !


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L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert définit la sauce comme une « composition liquide dans laquelle les cuisiniers font cuire diverses sortes de mets ou qu'ils font à part pour manger les viandes quand elles sont cuites ».Les progrès de la cuisine et de la gastronomie ont depuis l'Antiquité multiplié  les sauces. Le grec Archestrate, au V° siècle avant notre ère et le romain Apicius au 1° siècle de notre ère nous ont laissé des recettes de sauces qui associent le plus souvent l'huile d'olive, le garum (essence d'entrailles de poissons fermentées au soleil), le vinaigre, le vin, le miel ainsi que des épices (surtout le poivre et souvent le laser) et des herbes pilées. Le moyen âge fut l'âge des épices : ces sauces étaient acides (par la présence de vinaigre, de moutarde ou de verjus) liées à la mie de pain et aux amandes pilées, le plus souvent sans beurre, au saindoux, au lard, ou à l'huile, et des herbes (surtout chez les pauvres) et des épices omniprésentes à la table des riches et des nobles : le poivre (noir ou blanc), le gingembre, la cannelle, les clous de girofle. Certaines nous ont laissé leur nom, colligées dans « Le viander de Taillevent » ou « Le ménagier de Paris » au XIV° siècle : la sauce cameline, la sauce de trahyson, la sauce verte, la sauce jaune (au poivre blanc), la sauce moutarde ou galantine. Ces sauces étaient souvent aigres-douces comme les sauces antiques. L'importance des sauces à cette époque fut telle que l'on créa une corporation des maîtres sauciers, issue de la puissante corporation des vinaigriers ! Le terme et la fonction se sont maintenus, et il existe toujours des sauciers dans les brigades des grands restaurants.



Si la Renaissance poursuivit les modes médiévales, le XVII° siècle vit la création des sauces modernes, notamment avec la diffusion du beurre, jusqu'alors peu utilisé : on inventa les liaisons à la farine, les roux et les réductions à la chaleur par une cuisson lente et prolongée qui concentrait les arômes, ainsi que les bouillons, les fumets de poisson et les fonds de sauce. De cette époque datent les roux, popularisés par La Varenne, la sauce Béchamel du nom de M. de Béchameil, marquis de Nointel, financier frauduleusement enrichi pendant la Fronde et qui avait acheté la charge de maitre d'Hostel du Roi, et la sauce Robert. Le XVIII° siècle inventa les sauces hollandaise, mayonnaise (peut-être due au cuisinier du Maréchal de Richelieu, qui affirmait que « l'on ne savait(...)


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