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L’Egypte pharaonique et la crémation interdite

L’académicien Nicolas Grimal est l’invité de Damien Le Guay dans la série "Crémation et Grandes Civilisations"

L’égyptologue et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres Nicolas Grimal est ici invité à expliquer pourquoi les anciens Égyptiens interdisaient la crémation. Que peut-nous apporter la sagesse de l’Égypte dans notre réflexion sur la crémation, pratique funéraire qui se développe aujourd’hui en France ?


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Pour nous expliquer cette question de la crémation dans l’ancienne Égypte, celle des pharaons et des pyramides, nous recevons Nicolas Grimal, éminent égyptologue, ancien professeur d’égyptologie à la Sorbonne jusqu’en 2000 puis, à partir de cette date, professeur au Collège de France. Depuis 2006, il est membre de « l’Académie des inscriptions et belles lettres » . Il est l’auteur de L’histoire de l’Égypte ancienne (livre de poche, 2009)



De l’Égypte ancienne, nous connaissons l’importance qu’elle accorde aux tombes, à l’art funéraire, aux pyramides qui reçoivent, protègent et gardent pour l’éternité les corps des pharaons. Nous connaissons l’art de l’embaumement des corps, l’art des sarcophages.

Nicolas Grimal nous explique pourquoi, dès lors, la crémation est interdite, impossible et inconcevable pour les anciens Égyptiens. Le cœur de cet interdit tient à cette certitude religieuse d’une vie individuelle éternelle, vie constamment renouvelée et ce, dans le prolongement de l’existence ici-bas. Il faut donc préserver le corps, l’entretenir, le maintenir le plus intact possible. Quand avec la mort, l’âme (« BA » pour les Égyptiens) s’en va comme un oiseau, il faut faire en sorte qu’elle réintègre le corps en souffrance. D’où cette cérémonie d’une « ouverture de la bouche ». Si l’on ajoute à cela les quatre autres éléments d’un individu (à savoir l’ombre, le nom propre d’un individu, la force vitale (KA) et la forme de la puissance des dieux ou des morts (l’AKH)) le corps mort redevient vivant, vivant d’une autre manière, du moins dans l’autre monde. Dès lors, même s'il est mort pour nous, le mort vit et, donc, mange et travaille.


Toute cette conception implique une immense solidarité des vivants et des morts, des vivants entre eux pour tenir en vie les morts. Et celui qui est exclu, comme « Urmai » (qui, dans la littérature d’Égypte souffre et ne cesse de répéter « je suis dehors ») est un malheureux, une âme errante. Aux yeux des Égyptiens anciens, ne serions-nous pas tous aujourd'hui devenus des « Urmai » ?




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