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La campagne de Russie : L’incendie de Moscou (3/4)

L’historienne Marie-Pierre Rey analyse la volonté de l’Empereur de s’emparer de la ville

Dans le cadre de notre série sur la campagne de Russie, Marie-Pierre Rey, professeur d’histoire russe et soviétique, a déjà abordé la stratégie russe du repli établie par Barclay de Tolly et Koutouzov. Stratégie qui entraîna Napoléon jusqu’à Moscou et c’est justement à l’incendie de la ville et au séjour de l’empereur des Français dans Moscou que cette émission est consacrée. Retrouvez Marie-Pierre Rey pour l’évocation d’un épisode clé de la campagne de Russie.


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- Napoléon pénètre dans Moscou le 15 septembre 1812. Cette entrée est hautement symbolique Moscou est alors la quatrième ville d’Europe avec environ 300 000 habitants. Même si elle n’est plus la capitale de la Russie, elle demeure le symbole de la « Sainte Russie » avec ses centaines de dômes. Napoléon faisait d’ailleurs de la prise de la ville, l’objectif stratégique qui conduirait à la fin de la guerre.
Au lendemain de Borodino, Moscou se trouvait sans défense aux mains de Rostopchine, son gouverneur. Profondément nationaliste, celui-ci, avait lancé depuis déjà plusieurs semaines, une vaste campagne de propagande anti-française visant à souder la population autour de thèmes patriotiques. A l’annonce de l’arrivée de la Grande armée, il organise aussitôt l’évacuation de la population. Dans la nuit du 13 au 14 septembre, Moscou se vide de ses habitants dans une confusion inouïe. Partisan de la tactique de la terre brûlée, Rostopchine veut éviter à tout prix que Moscou profite à ses envahisseurs. Songe-t-il déjà à l’incendie ? Vraisemblablement, puisqu’il ordonne que pompiers et pompes à incendie soient évacués. En même temps, il fait libérer quelques centaines de prisonniers, chargés le lendemain du terrible autodafé.

- C’est donc dans une ville vidée de sa population, presque morte, que les premiers régiments de la Grande Armée font leur entrée le 14 septembre. Napoléon, lui, attend aux portes de la ville qu’on lui remette les clés de la cité. Première déception, aucune délégation moscovite n’est trouvée. Il devra se passer de ce rituel et s’installe au Kremlin le lendemain. Pendant quelques heures, l’optimisme est de mise. Même si la ville est vide, chacun trouve à se loger, bien souvent dans des maisons qui regorgent de vivres et de richesse. En dépit des ordres de Napoléon, les pillages commencent, vite stoppés par la découverte des premiers feux. Ils sont alors attribués à la malveillance des troupes occupées à boire et ripailler. Leur multiplication dans la nuit ne laisse plus de doute : l’incendie n’est pas accidentel. La ville brûle d’autant plus vite que les maisons sont en bois et que le vent s’est levé. L’armée passe la nuit à tenter de lutter contre les flammes qui ne cessent de gagner du terrain. Le 16, Napoléon se trouve obligé de quitter le Kremlin en flamme pour le palais de Petrovski, situé à une dizaine(...)


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