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Les diasporas chinoises et indiennes

Par Thierry Sanjuan, une communication donnée à l’Académie des sciences morales et politiques
Quels rapports les émigrés chinois et indiens entretiennent-ils avec la mère patrie et réciproquement quel rôle les Etats jouent-ils envers leur diaspora ? Etablissant un comparatif entre ces deux grandes diasporas, le géographe et sinologue Thierry Sanjuan éclaire d’un jour nouveau un aspect peu évoqué de l’émergence chinoise et indienne, dans la communication qu’il a donnée le lundi 1er octobre 2012 devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques réunis en séance.


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Référence : ES665
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Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida9704-Les-diasporas-chinoises-et-indiennes.html
Date de mise en ligne : 14 octobre 2012

Un chiffre tout d’abord donne une idée de l’importance de ces diasporas : 35 à 40 millions pour les Chinois ; 20 millions pour les Indiens. Ces émigrés portent donc en grand nombre leur culture respective issue de ces deux foyers de civilisation que sont la Chine et l’Inde.

Thierry Sanjuan souligne également ce qui distingue ces deux pays tant par le rôle de l’Etat par rapport à ces diasporas que par les comportements en retour des émigrés vers leur pays d’origine. Et avant de développer ces deux points, il dresse au début de son intervention un rapide historique de la question. Les Chinois d’outre-mer ont connu plusieurs strates d’émigration. Certaines sont liées à des contrats de travail, à des conditions économiques ou politiques, et/ou à des projets d’études. Les Chinois, comme les Indiens, s’intègrent notamment par le travail mais ne s’assimilent pas, gardent leur culture et leurs réseaux.

La Chine accueille volontiers les compatriotes pour qu’ils reviennent au pays ou qu’ils y investissent. Elle encourage les jeunes diplômés à l’étranger à revenir. Tandis que l’Inde a longtemps pratiqué une politique conseillant de s’intégrer au pays d’accueil et ce n’est qu’à dater des années 80, qu’elle a encouragé les transferts de fonds.

Thierry Sanjuan rappelle les grandes dates récentes de la diaspora indienne :
- 1984 : R. Gandhi reconnaît son importance
- 1991 : ouverture économique, réformes en faveur de la diaspora (comptes bancaires possibles, visas facilités, etc)
- 2003 : Journée des Indiens d’outre-mer (possibilité d’avoir la double nationalité)
- 2004 : Création d’un Ministère des affaires indiennes d’outremer.

On note que les Indiens occupent largement des postes de cadres aux Etats Unis et au Canada et que beaucoup investissent en Inde par le biais de nombreuses associations. La diaspora est devenue le 1er investisseur en Inde aujourd’hui.

De leur côté, les Chinois d’outre-mer redécouvrent leur identité, se mettent à apprendre le mandarin, voyagent dans leur pays d’origine. La Chine devient une opportunité.

Hier : la diaspora était ignorée ou séparée ; aujourd’hui, elle sert d’appui et de partenaire.

En vérité, comme le rappelle l’intervenant, on ne doit pas parler d’une diaspora mais des diasporas tant elles sont variées selon les langues ou selon les religions.

En savoir plus :

- Thierry Sanjuan est l’auteur d’un Dictionnaire de la Chine contemporaine (qui a reçu un prix de l’Académie des sciences morales et politiques) ; il dirige la collection Mégapoles dans laquelle il a lui-même rédigé un ouvrage sur Shanghai. Il est professeur à l’université de Paris 1.






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