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Dans Actualité et Société, la chronique de François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques :
Explication : Vincent Peillon commence par remplacer 22 000 enseignants qui partent en retraite. Les 18 000 restants se distribuent en deux parties : 9 000 iront en formation et autant se retrouveront effectivement devant des élèves. L’Education nationale explique ainsi qu’elle ne crée que 9 000 postes de professeurs à temps plein et qu’elle se conforme aux engagements du président de la République.
Il n’empêche. Par rapport à ce qui se faisait sous Sarkozy (où l’on ne remplaçait qu’un fonctionnaire sur deux partant en retraite), cela représente une dépense supplémentaire correspondant à la rémunération de 29 000 nouveaux enseignants, laquelle s’étale sur quarante années (plus la retraite) : un supplément de passif à l’heure où le même gouvernement prétend réduire la dette…
Pour recruter ces enseignants, l’Education nationale organise deux concours de vingt mille postes ; l’un cet automne, l’autre en juin prochain. Vincent Peillon est enchanté : il a cent mille candidats pour son premier concours. Cinq pour un, belle sélection. Sauf que les futurs profs seront admis par des jurys qui se défendent de dégrader les notes pour remplir leurs contingents. Or on sait déjà que le niveau ne sera pas suffisant pour différentes disciplines (en math ou en anglais par exemple). De nombreux postes ne seront donc pas pourvus à l’issue des concours. Que fera-t-on ? Eh bien, le recrutement se poursuivra par Internet sur Pôle Emploi et sur Le Bon Coin.fr ! L’insuffisance de niveau aux concours sera compensée par la petite annonce…On attend ce que seront les critères pour ces futurs contractuels – précaires !
Le ministre estime que les enseignants reprennent confiance dans leur métier. Mais la confiance signifie-t-elle la compétence ? Le doublement des postes offerts élève-t-il le niveau des candidats ? Les meilleurs continuent de filer dans les grandes écoles, cependant que le gonflement des effectifs évite à l’Education nationale la nécessité de se réformer.(...)
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