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Comment faire fondre la boule de neige de la dette ?

La chronique économique de Philippe Jurgensen

Le poids de la dette est devenu la préoccupation majeure des gouvernants de presque tous les pays industrialisés, déterminant leurs politiques budgétaires orientées (hélas, toutes au même moment, ce qui est dommageable) vers l’austérité.


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Non sans raison : la dette française, après avoir plus que doublé en quinze ans, vient de dépasser 90% du PIB[[ Elle a atteint, selon l’INSEE, 91% du PIB à la fin du 1er trimestre 2012, contre 70,5% « seulement » fin 2005.p[-, seuil fatidique au-dessus duquel les experts considèrent que la situation risque de devenir ingérable - s’il est dépassé, on peut s’attendre à une méfiance accrue des marchés, à des dégradations de notations, etc. Toute la zone euro est proche de ce même niveau[[Selon Eurostat, la dette moyenne de la zone atteignait 87,4% du PIB au 30/9/2011. A la même date, ce ratio atteignait 159% en Grèce, 120% en Italie, mais il n’était encore « que « de 85% en France, 82% en Allemagne, et 66% en Espagne. p[-, les pays comme l’Espagne qui se trouvaient fort au-dessous ayant depuis la crise rattrapé les autres. Même l’Allemagne, à qui l’on reproche (à juste titre) d’imposer à ses voisins des cures de rigueur excessives et surtout trop simultanées, nourrit une dette publique supérieure à 85% de son PIB.
Contrairement à ce que semblent penser les spéculateurs anglo-saxons, les pays hors zone euro ne s’en tirent pas mieux : la dette britannique vaut la nôtre, et le déficit budgétaire du Royaume-Uni dépasse toujours, malgré les violents efforts du gouvernement Cameron, celui de la France comme celui de la moyenne de l’Union européenne. Outre-Atlantique, le feuilleton du relèvement du plafond de la dette américaine, qui dépasse déjà 103% du PIB – et est donc nettement supérieur à l’endettement européen – reprend de plus belle en pleine campagne électorale[[On sait que le plafond de l’endettement de l’Etat fédéral américain est fixé en valeur absolue, à 15 000 Mds de $ actuellement. L’accumulation des déficits budgétaires (à hauteur de 3 à 7% du PIB, selon les années) conduit à des dépassements successifs de ce plafond (le chiffre de 15 000 Mds a été en fait dépassé dès fin 2011) qui doivent être autorisés au coup par coup par le Congrés. D’où des empoignades homériques entre républicains, qui veulent saisir l’occasion pour « faire maigrir » l’Etat fédéral et exigent des coupes claires dans les dépenses, et démocrates, qui soutiennent des hausses d’impôts (ou du moins la non-reconduction de baisses consenties par des administrations précédentes). La politique à Washington fait que l’accord risque de n’être trouvé(...)


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