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" La Civilisation de la Renaissance en Italie "de Jacob Burckhardt : un saisissant tableau du Quattrocento

Préfacé par Robert Kopp, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques

La Civilisation de la Renaissance en Italie de Jacob Burckhardt (1818-1897), est un livre fondateur qui a profondément influencé notre manière de percevoir la Renaissance. Ce chef-d’œuvre historique du XIX° siècle – répondant à La Renaissance de Michelet, dont il est une sorte de miroir inversé- recrée le monde des républiques italiennes du Quattrocento, où politique et administration étaient considérées comme des arts. Écoutez Robert Kopp, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, évoquer Jacob Burchkardt, cet esprit universel surnommé le « grand découvreur de la Renaissance » et la genèse et la fortune de son livre longtemps méconnu et défiguré par les traducteurs.


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Robert Kopp, professeur à l'université de Bâle et à l'université de Paris IV-Sorbonne, spécialiste de l'histoire de la littérature et des idées des XIX° et XX° siècles, est l'auteur de nombreux travaux notamment sur Balzac, Baudelaire, Les Goncourt, André Breton et Pierre Jean-Jouve.

Un historien de la culture

Burckhardt, né à Bâle, appartient à une vieille famille de théologiens protestants. Sa formation fut germanique mais c'était l'Italie sa patrie d’élection. Il la parcourut du Nord au Sud, généralement en calèche, à dos de cheval, ou même à pied. Il voyageait lentement, prenait des notes et dessinait. Il était à la fois historien et historien de l’art, et ne voulait pas distinguer les deux : c'était un « historien de la culture » car pour lui, la culture était un ensemble.

Michelet et Burckhardt

Et Robert Kopp de présenter la distance qui séparait les deux historiens : il faut resituer Jules Michelet et Burckhardt dans le XIXe siècle, le siècle de la religion du progrès. N'oublions pas  qu’en France, c’est le siècle de l’industrialisation, des chemins de fer, des expositions universelles, qui sont comme autant de grandes messes célébrées à la gloire du progrès ; un progrès à la fois matériel, scientifique, technique. Michelet croyait, comme Victor Hugo, au progrès. Burckhardt, non.
Il était plutôt du coté de Baudelaire et de Flaubert, qui ne croyaient pas au progrès. On avait beau changer les conditions matérielles de la vie des hommes, fondamentalement l’homme ne changerait pas. Il était -comme le dit Antoine Compagnon- dans le camp des anti-modernes.

Très pessimiste , il détestait son époque, l’affairisme, les chemins de fer. Il disait : « Comment allons-nous faire pour voyager maintenant qu’il y a les chemins de fer, qui raccourcissent les distances ? On ne prendra plus le temps de s’arrêter, on aura plus le loisir de contempler les monuments et de s’entretenir avec les gens ». Il écrit à sa sœur :(...)


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