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Dans Actualité et Société, la chronique de François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques :
Les commentaires sont encore sceptiques, mais les marchés lui font crédit ; ils ont raison : le 6 septembre, il fait approuver par son conseil le mécanisme à mettre en place. Il va racheter la dette des Etats membres de la zone euro en difficulté et sans limite. Le voici en prêteur de dernier ressort, garant des dettes malades. Les marchés suivent. Confiance ?
Il y a eu une voix contre, le 6 septembre, et pas la moindre, celle du gouverneur de la Bundesbank, la voix de l’Allemagne. Les Allemands sont inquiets : le président de la BCE n’est-il pas en train de récompenser les Etats coupables de mauvaise gestion ? L’ancien élève des Jésuites de Rome, l’ancien gouverneur de la banque d’Italie passé par Goldman Sachs, savait bien que sa décision d’être le prêteur de dernier ressort ne tenait pas sans contreparties. Il fallait lire le « contrat » jusqu’au bout. Prêteur sans limites, certes, mais à condition que les Etats en cause aient mis en œuvre des « réformes structurelles », nécessaires au « redressement économique » et à la « maîtrise des finances publiques ».
Ce contrat, François Hollande le connaît. S’il n’a pas cité Mario Draghi (ni la BCE, ni même l’Europe), dans son entretien télévisé du 9 septembre, c’est pourtant bien à lui qu’il s’adressait en annonçant son agenda de deux ans pour « redresser » la France et ses finances. Car il pouvait ainsi se féliciter d’emprunter à des taux proches de 2% – or la France sera le plus gros emprunteur d’Europe en 2013! S’il profite aujourd’hui de ces taux historiquement bas, c’est notamment parce que l’Espagne et l’Italie doivent, elles, supporter des taux très élevés. Mais dès lors que ces deux pays se sont engagés à faire du « Mario Draghi », leurs taux vont baisser. Tandis que ceux de la France risquent fort de grimper parce que M. Hollande n’a oublié qu’un détail : ces « réformes structurelles » que réclame le président de la BCE.
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