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Vatican II, 50 ans après : entre la lettre et l’esprit

Philippe Levillain, de l’Académie des sciences morales et politiques, explique les raisons de la crise post-conciliaire

Aujourd’hui encore, le Concile Vatican II fait l’objet de nombreux débats : l’événement était-il une rupture avec le passé ou doit-il se placer dans la continuité de l’histoire de l’Eglise ? Dès 1985, le cardinal Ratzinger (de l’Académie des sciences morales et politiques) a défendu la seconde thèse. Vingt ans plus tard, quelques mois donc après son élection sur le trône de saint Pierre, il a repris ce thème dans un discours à la Curie en soutenant ce qu’il a appelé l’herméneutique de la réforme et de la continuité. En tant que pape Benoît XVI, il invite aujourd’hui à une redécouverte de la lettre du Concile et non pas de son interprétation qui a participé, à ses yeux, à une autodestruction de l’Eglise. Pour le cinquantième anniversaire de l’ouverture de Vatican II (11 octobre 1962), l’historien Philippe Levillain, élu en 2011 à l’Académie des Sciences morales et politiques, répond dans cette émission aux questions de Christophe Dickès.


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"Pourquoi l'accueil du Concile, dans de grandes parties de l'Eglise, est-il jusqu'à présent aussi peu unanime? Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du Concile ou - comme nous le dirions aujourd'hui - de sa juste herméneutique, de la juste clef de lecture et d'application. Les problèmes sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont trouvées confrontées et sont entrées en conflit. L'une a causé de la confusion, l'autre, silencieusement mais de manière toujours plus visible, a porté et porte encore ses fruits. D'un côté, il existe une interprétation que l'on peut appeler "herméneutique de la discontinuité et de la rupture" ; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d'une partie de la théologie moderne. D'autre part, il y a l'"herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné , sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l'unique sujet du Peuple de Dieu en marche."

Ce long extrait du discours de Benoît XVI à la Curie en décembre 2005 montre que, cinquante ans après le début du Concile Vatican II, l’évènement fait encore débat. Dans sa quête identitaire, l'Eglise peine à définir le rôle de Vatican II. Or, comme a pu le dire le cardinal français Paul Poupard, il faut distinguer « ce qu’a dit le Concile, ce qui a été dit au Concile et ce qu’on a écrit sur le Concile. »

Historien, Philippe Levillain revient sur la nature d'un concile annoncé et souhaité par le le pape Jean XXIII peu après son élection et continué par son successeur le pape Paul VI. Considéré comme un nouveau printemps pour l'Eglise, les lendemains du Concile vont révéler une crise sans précédent reposant la question de l'Eglise face à la modernité et au modernisme. Philippe Levillain explique les raisons de cette crise et prolonge sa réflexion jusqu'aux pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Il prépare actuellement un ouvrage à paraître aux éditions Perrin.

L'invité: Philippe Levillain.

Ancien élève de l'École Normale supérieure (Ulm, 1961-1965), Philippe Levillain est agrégé d'histoire depuis 1965. En 1966 et 1967 il poursuit ses études à l'Université de Harvard avant de revenir débuter sa carrière comme assistant (1967-75), puis maître-assistant(...)


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