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Montherlant et la tauromachie d’après son roman "Les Bestiaires"

Taureau, torero, corrida et feria : l’héritage des cultes solaires de l’Antiquité

Dans son ouvrage Les bestiaires, Henry de Montherlant, élu à l’Académie française en 1960, confesse sans détours sa fascination pour la tauromachie. L’édition originale des Bestiaires est parue en mai 1926, d’abord chez Mornay puis chez Grasset. L’édition de 1929 dans La Bibliothèque reliée de Plon comporte en ouverture une lettre adressée par l’auteur au président de la République française, Gaston Doumergue (qui occupa cette fonction de 1924 à 1931). Si la corrida a, de nos jours encore, ses "pour", fervents passionnés, et ses "contre", non moins fervents acharnés, et que l’on approuve ou non le combat taurin, la lecture de cette lettre permet de comprendre bien des choses... Jugez-en.


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Les Bestiaires : Dans ce roman, le héros s'appelle Alban de Bricoule, jeune garçon sous lequel il n'est pas interdit de discerner un autoportrait de Montherlant adolescent. Alban a reçu pour sa première communion un exemplaire de Quo Vadis : «Depuis ce temps, peut-on lire dès les toutes premières lignes du roman, Alban était Romain. Il avait sauté les pages consacrés à l'apôtre Pierre.» Et encore : « Le mot arène avait sur lui un pouvoir électrique...». Alban assiste donc d'abord à des courses dans le sud de la France, le pays taurin, puis descend jusqu'à Madrid. A Hendaye, il entend la langue espagnole, «comme la voix de la femme aimée». A 15 ans, il part pour l'Andalousie prendre des cours de tauromachie et affronter le taureau...

Cette émission commence par la lecture de la lettre de Montherlant :

Lettre à M. GASTON DOUMERGUE

Président de la république française.


Président,



C’est à vous que nous devons les courses de taureaux, avec mise à mort, dans le Midi de la France. Bien qu’elles fussent entrées depuis un demi-siècle dans les traditions du peuple méridional – depuis l’origine elles lui appartenaient par les profondeurs –, une commission parlementaire avait été nommée, en 1900, pour statuer sur elles. Seul contre la commission entière, vous êtes parvenu à faire triompher la foi. Je me plais dans cette parole que vous dîtes à vos adversaires, et qui a l’accent triste de Sénèque : « On comprend que les hommes aient peu d’amis quand les animaux ont en tant. »

Peut-être vous souveniez-vous encore d’une autre phrase : « Les combats de taureaux n’ont pas peu contribué à maintenir la vigueur chez la nation espagnole. » Mais sans doute Jean-Jacques Rousseau, qui en est l’auteur (dans le Gouvernement de la Pologne) est-il lui aussi une brute inhumaine et un suppôt de la régression.
(...)


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