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L’essentiel avec... Gabriel de Broglie, Chancelier de l’Institut de France

Membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques, il répond aux sept questions essentielles de Jacques Paugam

L’invité de notre série l’Essentiel est ici Gabriel de Broglie. Grand commis de l’État, il s’est illustré pendant près de dix ans dans les cabinets ministériels puis pendant 18 ans dans l’audiovisuel. Parallèlement, il a mené une brillante carrière d’historien sans jamais cesser de servir dans de nombreuses institutions sa passion pour la langue française. Gabriel de Broglie a été élu en 1997 à l’Académie des sciences morales et politiques, puis le 22 mars 2001 à l’Académie française au 11e fauteuil, qu’occupait avant lui Alain Peyrefitte. Il est depuis le 1er janvier 2006 Chancelier de l’Institut de France.


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Gabriel de Broglie bonjour et merci d’avoir répondu à notre invitation !


Première question : Dans votre itinéraire professionnel, dans votre carrière, quel a été le moment essentiel ?

- Gabriel de Broglie : C’est une question sérieuse. Je dirais que pour quelqu’un qui s’exprime, ce qui est essentiel c’est peut-être ce qui ne doit pas être exprimé, ce qui doit rester caché, ce qui est inexprimable. Et j’aurais tendance à dire que c’est le cas. Mais vous avez dit « dans votre parcours professionnel ». Il ne s’agit donc pas de l’individu, personne privée. Je répondrai donc à vos questions. D’ailleurs vous avez déjà répondu en énumérant brièvement ce que j’ai pu faire dans les années passées. Et si vous me demandez le moment essentiel dans mon itinéraire professionnel eh bien c’est 1969. Avant cette date j’ai participé à beaucoup d’actions, de manière très active, j’étais passionné, j’avais l’impression de faire partie d’écuries et de galoper. Alors les écuries c’était quoi ? C’était Sciences po, l’ENA, les cabinets ministériels. et pas n’importe lesquels...Mais cela s’est arrêté brusquement : en 1969, Couve de Murville était Premier Ministre et j’étais son conseiller à Matignon. Et à la suite du referendum perdu de 1969 et du départ du général de Gaulle, le ministère Couve de Murville est resté à Matignon pendant l’intérim. Puis il s’est dispersé et du jour au lendemain je me suis retrouvé, ayant quitté ces fonctions, ne pouvant pas en retrouver d’autres de la même nature et ayant à sortir le matin dans la rue pour acheter mon journal !

- Jacques Paugam : Vous aviez pris le goût du pouvoir ?


- Gabriel de Broglie : Bien sûr. Dix années de galop, de cabinets ministériels, de palais de la République, d’activité intense, c’était une sorte de drogue. Cela correspond à un âge de l’existence. Ce qui m’est apparu très clairement, c’est que je m’étais dépensé passionnément mais entièrement pour autrui, pour le bien public, entièrement pour un certain engagement. J’ai eu la(...)


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