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Fléau implacable et ère nouvelle pour la viticulture : la lutte contre le phylloxéra de la vigne en France

avec Jean-François Bazin, de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon

Dans le dernier quart du XIXe siècle, un puceron inconnu dévaste le vignoble français et ébranle l’économie nationale. Il est neutralisé -mais non détruit- quelques décennies plus tard grâce au foisonnement des recherches, des essais et des expérimentations menés par les savants et les viticulteurs. Le remède, comme le mal, est américain. Le phylloxéra reste à jamais le symbole d’une période dramatique, certes douloureuse, mais aussi glorieuse pour tous ceux qui réussirent l’exploit de faire renaître la culture de la vigne en France. Écoutez Jean-François Bazin, de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, membre de la Conférence nationale des Académies, sous l’égide de l’Institut de France, évoquer l’histoire de l’invasion du phylloxéra et de ses conséquences agronomiques, techniques, économiques et sociologiques.


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En France, un étrange dépérissement des vignes est signalé, vers les années 1863-1865, à Pujault, dans le Gard.

La maladie d’abord n’a pas de nom, précise Jean-François Bazin. La découverte et l’identification de l’insecte responsable de la mortalité des vignes ont pris quelques années. C’est le professeur Jules Planchon qui, à Montpellier, a baptisé définitivement le puceron dévastateur : Phylloxéra vastatrix ( du grec phyllon, « feuille » et xeros « sec » et du latin vastatrix « dévastateur ») ; un insecte très complexe, à la fois ailé et souterrain qui se propage d’environ une trentaine de kilomètres par an. D’où peut bien venir ce parasite nouveau qui se développe si rapidement et si insidieusement ? On ne soupçonne pas encore les vignes américaines de la Côte-Est cultivées, en Europe, dans des jardins botaniques et dans plusieurs vignobles privés envahis par le phylloxéra. Ces vignes américaines, porteuses du puceron mais résistantes, ne présentaient pas de symptômes de dépérissement sur le sol européen. Il a fallu tout un cheminement scientifique pour comprendre qu’un vignoble indemne du phylloxéra pouvait introduire ce parasite sur les plants indigènes des autres contrées.


L’insecte maintenant identifié, il s’agit de trouver les moyens pour le détruire. C’est le point de départ d’une masse considérable de travaux scientifiques et expérimentaux soutenus, entre autres, par le gouvernement. Tâtonnements, tentatives diverses et variées, et querelles partisanes se sont multipliés pendant ces années d’efforts pour éviter la ruine du vignoble.



Les « submersionistes »



L’idée d’asphyxier le phylloxéra en inondant le sol tous les hivers fut un premier succès pour les régions proches du littoral ou de certaines rivières. La méthode de la submersion permit à des viticulteurs de sauver leurs exploitations. De même la vigne établie sur des sables résistait à l’insecte.

Pour les autres vignobles, le baron Thenard, chimiste, pensa à un insecticide déjà connu depuis longtemps : le sulfure de carbone- produit volatil et toxique pour(...)


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