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Enfin un contrôle européen des banques ?

La chronique économique de Philippe Jurgensen

L’accord enfin conclu, non sans mal, au Sommet européen le 29 juin dernier est un vrai progrès vers une solidarité et une gouvernance renforcées de la zone euro – les marchés, si volontiers « eurosceptiques », semblent le reconnaître. Écoutez dans cette émission notre chroniqueur Philippe Jurgensen décortiquer pour vous, avec sa sagacité et son sens de la pédagogie habituels, les multiples aspects d’une "union bancaire" à la fois espérée et redoutée par les européens.


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L’un des aspects essentiels de cet accord est ce qu’on appelle « l’union bancaire ». Il s’agit de dispositions qui visent : à alimenter directement les banques en difficulté avec les ressources communautaires du FESF[[Le Fonds européen de stabilité financière a été mis en place et doté de 500 Mds d’€, auxquels s’ajoutent 250 milliards du FMI. A partir du 1er juillet 2012, il est en principe relayé et en fait complété par le Mécanisme européen de stabilité (MES), plus souple et également doté de 500 Mds d’€. L’accord prévoit également que ces deux fonds de secours européens pourront acheter directement de la dette des États-membres sur les marchés, pour faire baisser son taux d’intérêt.p[- et du MES (sans passer par les budgets d’États déjà surendettés) ; à mutualiser partiellement la garantie de nos dépôts bancaires ; et à réguler au niveau de la zone euro le secteur financier – banques et assurances. C’est principalement ce dernier aspect, souvent moins mis en lumière, que je vais commenter pour vous.


La nécessité d’un resserrement des contrôles est indéniable. Le second procès de J. Kerviel, ce trader qui a réussi à faire perdre à lui seul 5 milliards d’euros à une banque puissante et en principe bien gérée comme la Société Générale, vient de le rappeler à tous. Avant et après lui, les alertes du même type se sont multipliées : on se souvient du « trader fou » qui a fait perdre des milliards, au tournant de ce siècle, à une banque aussi bien organisée qu’HSBC ; l’an dernier, le Crédit Agricole laissait, lui, quelques centaines de millions dans des opérations mal surveillées de sa salle des marchés ; tout récemment, J.P. Morgan, célèbre banque d’affaires américaine restée jusque-là largement à l’abri de la crise, a perdu entre deux et cinq milliards de $ sur des opérations de trading d’une petite équipe à Londres, qui ne rendait de comptes qu’à la Direction générale…
Plus grave, de nombreuses banques se sont retrouvées en banqueroute ou en quasi-faillite, obligeant les États à venir à leur secours pour des montants colossaux aux frais du contribuable[[C’est comme on sait l’une des causes majeures de l’aggravation de l’endettement de certains pays.p[-. Les citoyens islandais et irlandais en particulier ont payé cher les risques insensés(...)


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