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Dans Actualité et Société, la chronique de François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques :


Les Grecs préfèrent l’euro

Plus que jamais d’actualité... la chronique de François d’Orcival de l’Académie des sciences morales et politiques

Les Allemands avaient prévenu les Grecs : le scrutin du 17 juin 2012 serait un référendum sur l’euro. Et d’ailleurs, pour les chancelleries, les journaux ou les marchés du monde entier, c’était les seules élections qui comptaient en Europe (selon eux, le résultat français était joué depuis la présidentielle). Les Grecs ont certes beaucoup défilé dans les rues mais ils ne sont pas fous : ils ont voté pour l’euro.


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La droite (« Nouvelle démocratie ») est arrivée en tête (30% des voix, 129 sièges) ce qui la mettait en mesure de négocier avec les socialistes du Pasok (12,3%, 33 sièges) et la Gauche démocratique (6,3%, 17 sièges) pour former une coalition pro-européenne disposant d’une large majorité (179 sièges soit 28 de plus que la majorité absolue). De quoi ramener la gauche radicale du Mélenchon grec au seul rôle d’opposant.


L’incertitude politique créée par la précédente consultation du 6 mai prenait fin et les scénarios B préparés pour évaluer les risques d’une sortie de la Grèce de la zone euro retournaient dans leurs tiroirs. Ils avaient été suffisamment pris au sérieux à Athènes pour servir d’arme de dissuasion.

Les Grecs restent dans l’euro ; les marchés respirent. Mais rien n’est réglé. Les Européens ont déjà engagé quelque 170 milliards d’euros pour aider la Grèce. En contrepartie, le nouveau gouvernement d’Athènes devra poursuivre les réformes visant à réduire de 10 à 20 % le montant de la dette publique. Or la Grèce est plongée dans la récession depuis trois ans et la droite ne peut pas faire de miracle dans « un pays qui n’a jamais connu la rationalité économique libérale », pour reprendre le mot d’un expert, le professeur de droit Antonis Manitakis, ministre de l’Intérieur de l’équipe de transition (Le Monde du 16 juin). C’est tout le problème : car les premiers créanciers de l’Europe, les Allemands, sont, eux, des êtres rationnels.


La chancelière le rappelait la semaine dernière devant le Bundestag : l’Allemagne n’est pas une tirelire inépuisable ; elle n’acceptera pas de débloquer de nouvelles aides sans garanties politiques. Mais, disait le ministre allemand délégué aux Finances au lendemain des élections grecques, « ne tirons pas trop sur la corde », manière de sous-entendre que l’euro a besoin de tout le monde. Ce n’est que sur les terrains de football qu’Allemands et Grecs rêvaient de s’exclure les uns les autres de l’Euro(...)


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