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Une jeunesse sans avenir ?

La chronique économique de Philippe Jurgensen

Le tout nouveau Président de notre République a fait de la promotion de la jeunesse une partie clef de son programme. Il rejoint sur ce point beaucoup d’économistes et de philosophes, auxquels on se ralliera facilement si on considère ces deux faits : d’une part, ce truisme, "les jeunes sont l’avenir du monde" ; d’autre part, ce constat, qui devient lui aussi banal mais plus triste : frappée par le chômage, par la perte des repères (voyez les analyses sur la « génération Y » qui ne respecte plus les conventions sociales) et par le sentiment d’un recul relativement aux générations précédentes, notre jeunesse est de plus en plus désabusée. Se rallierait-elle à la formule célèbre d’un écrivain d’humeur morose : « la jeunesse ne débouche sur rien ! » ?!


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Ce désenchantement est un fait préoccupant. Il est sans aucun doute dû en grande partie à la crise, qui réduit les offres d’emploi, fait pression sur les salaires et raréfie les possibilités de promotion. Il est dû aussi au sentiment de déclassement de notre modèle occidental, et singulièrement européen, qui se situe en queue de peloton dans la course à la croissance d’une économie mondialisée.
Mais on peut également l’attribuer, de façon plus originale, à un conflit de générations larvé : il oppose la classe d’âge des « baby boomers », devenus aujourd’hui « papy boomers », mais triomphants tout au long de leurs parcours, à celle de leurs enfants et maintenant petits-enfants.





1. Commençons par rappeler quelques chiffres frappants, en matière de démographie et de chômage :


a) – la population jeune (les moins de vingt ans) est de moins en moins nombreuse, en proportion et bientôt en valeur absolue, en France comme dans le reste de l’Europe. Malgré un vieillissement déjà bien amorcé tout au long du XIXe siècle, les jeunes représentaient encore un tiers de notre population totale il y a un siècle ; ils étaient alors presque trois fois plus nombreux que les seniors (âgés de soixante ans ou plus)[[En 1910, on comptait en France métropolitaine 33,6% de moins de vingt ans et 12,7% de 60 ans ou plus.p[-.
Cette proportion, tombée à 29,5% après la guerre, est remontée jusqu’à un tiers avec le « baby boom » des années 1947-67[[33,1% de jeunes (et 18% de seniors = plus de 60 ans) en 1970, contre 29,5% de jeunes et 16% de seniors en 1946p[-. Depuis, elle chute d’année en année, revenant à moins du quart depuis les années 2000 : 24,4% en 2010. A la même date, la proportion des seniors a doublé, atteignant 22,6%.

Selon les projections de l’INSEE, ils seront plus nombreux que les jeunes dès 2015, et leur prédominance ne cessera de s’accroître : on comptera, d’ici une génération, 3 seniors pour deux jeunes[[Les prévisions de l’INSEE pour 2050 en France métropolitaine sont de 31,9% de seniors pour 21,9% seulement de moins de vingt ans.p[- ; et à cette date, les plus de 70 ans seront aussi nombreux que les moins de vingt ans[[La proportion des personnes âgées de 75 ans ou plus dans la population a connu l’évolution suivante : 2,5% en(...)


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