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Pierre-Édouard et le dessin : une conception cézannienne

L’espace infini de la page blanche séduit le sculpteur de l’Académie des beaux-arts

Cézannien dans l’âme, le sculpteur Pierre-Édouard trouve dans le dessin ce qu’il ne trouve pas dans la sculpture : " un espace presque infini". Le regard introspectif de l’artiste sur sa façon d’aborder ses œuvres dessinées, peintes, gravées ou sculptées révèle que seules comptent en définitive, sa nature intérieure et sa vision. Pour lui, "tout finit par la ligne mais rien ne commence par la ligne". Pierre-Édouard a été élu à l’Académie des beaux-arts en 2008 dans la section sculpture.


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Avec quels mots un artiste se définit ? S’il privilégie un médium plutôt qu’un autre, sa démarche créatrice est-elle la même ? Qu’est-ce qui change pour un artiste quand il travaille une œuvre en 2 dimensions, dessin ou peinture, et quand il choisit de travailler en 3 dimensions, en sculpture ? L’artiste Pierre-Édouard, connu pour ses sculptures répond aux questions de Marianne Durand-Lacaze sur ce que représente pour lui le dessin. Quelle différence fait-il entre peindre et dessiner ? Quels dessins d’autres artistes affectionne-t-il tout particulièrement ?

Dans la sculpture j’aborde les choses par le dessin. Je ne suis pas un sculpteur qui aborde les choses par la matière. Elle est pour lui un crayon. Il en fait l’outil avec lequel il peut faire ce qu’il appelle « ses clairs et ses sombres », pour composer par plans sa vision. Point de trait, de ligne originelle dans le commencement d’un dessin de Pierre-Édouard.





Je suis incapable d’aborder une forme par le trait. Pour moi ça n’a pas de sens. Peut-être parce que je suis cézannien dans l’âme. Tout ce que je cherche à faire est fait de plans. Là où le plan s’arrête, il y aura peut-être une ligne. Mais je ne les vois même pas. Je n'aborde rien par une ligne.[…] Pour moi, tout finit par la ligne mais rien ne commence par la ligne.[…]La sculpture me permet de dessiner en trois dimensions. Il me semble que ma nature première est le dessin.


De manière surprenante, il vous fait entrer dans la complexité du problème en maniant le paradoxe, non par goût de la rhétorique mais pour expliquer au plus près sa démarche créatrice.





Il travaille, nous dit-il plus en détruisant qu’en construisant. À tout moment de l’avancée de l’œuvre, le travail effectué doit être effaçable, une condition sine qua non, qui lui permet d’explorer toutes les valeurs qu’il entend donner à sa composition. Pour Pierre-Édouard un dessin bouge, vibre. La page blanche offre un espace infini.(...)


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