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Compétitivité et dépenses publiques : les oubliés de la campagne ?

Jean-Louis Chambon reçoit Nicolas Bouzou, Président d’Astérès et Vice-Président du Cercle Turgot, et Pierre Sabatier, économiste, administrateur du Cercle Turgot et Président de Primeview

Tandis que la zone euro inquiète de nouveau les marchés, Grèce et Espagne en tête, et qu’elle vient d’élaborer un plan « pare-feu » à Copenhague accordant 800 milliards d’euros au mécanisme européen de stabilité (MES), la campagne présidentielle française semble se dérouler sur une autre planète et dans la surenchère.


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Moins d’un tiers des français, (selon plusieurs sondages) pensent que les candidats apportent des réponses à leurs problèmes :
Le fait est, à quelques rares exceptions près, que la principale convergence des propositions des présidentiables porte sur la volonté d’alourdir la fiscalité sous toutes ses formes, qu'elle concerne les impôts ou les taxations, et de préférer nettement la punition à l’incitation pour les Français désignés à l’opinion comme bouc émissaire, les riches (mais pas seulement), les entreprises et autres « profiteurs » (exilés fiscaux ou encore dirigeants).


Le fait que le taux de prélèvement en France (43,8 % de prélèvements obligatoires en 2011, en hausse d'1,3 %) soit l’un des plus élevés de l’OCDE et atteigne des niveaux confiscatoires, pas plus que le déficit abyssal du commerce extérieur (plus de 70 milliards), ne semblent devoir constituer une priorité. D’autant que les comptes publics paraissent se redresser plus vite que prévu (5,2 % en 2011 contre le taux de 5,7 % anticipé) et semblent devoir atténuer la perception de la dette française qui enfle encore atteignant des sommets himalayens (85,8 % du PIB à 1 717 milliards d’euros).


C’est donc un diagnostic sur les handicaps majeurs de la France qui ne souffre que de peu de contestation chez les économistes et qui mesure les défis auxquels le pays doit faire face :
la compétitivité de la maison France (et de ses entreprises) et les dépenses publiques de celle-ci (56 %, très supérieur à la moyenne de l’OCDE dans tous les compartiments : retraite, prévoyance, santé ou éducation).
Paradoxalement si ces deux axes sont parfois abordés par les candidats, c’est rarement en termes de priorité majeure et bien souvent sous forme de trompe-l’œil (en termes d’objectifs par exemple, pour les déficits, sans être clair sur les moyens).

Si l'on prend un exemple : limiter la croissance des dépenses à 1 % l’an (contre 2,6 en moyenne au cours des trente dernières années), c’est certes un ralentissement mais en aucun cas une baisse structurelle pourtant très attendue et estimée par les spécialistes entre 120 et 150 milliards d’euros sur les cinq prochaines années.


Cet évitement qui frôle le déni et l’insouciance, pour notre confrère le Nouvel Economiste, répond à une logique : ne pas(...)


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