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Bernard Buffet : un style immédiatement reconnaissable !

Les peintres du XXe siècle : la chronique de Lydia Harambourg, correspondant de l’Académie des beaux-arts

L’historienne et critique d’art Lydia Harambourg, correspondant de l’Académie des Beaux-Arts, consacre sa chronique à l’œuvre du peintre Bernard Buffet, membre de l’Académie, au fauteuil précédemment occupé par Paul Jouve à partir de 1974. Dans sa peinture, la vérité humaine est au service de l’expression. Sans complaisance, avec passion et génie, Buffet témoigne de son temps.


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Peintre témoin de son temps, la figuration transcendée par un peintre humaniste


En 1948 un jeune peintre inconnu reçoit le prestigieux Prix de la Critique qu’il partage avec son illustre aîné, Bernard Lorjou.
Bernard Buffet a vingt ans et vient d’entrer avec fracas dans le monde de la peinture. Avec la critique, qui décèle un style et une écriture inoubliables, le public découvre un peintre précocement accompli en lequel se fondent tous les espoirs. Pourtant, lui remettre ce prix destiné à couronner l’œuvre d’un peintre reconnu, a le goût du scandale. Sa peinture Deux hommes dans une chambre, indispose. Spectrale, elle stigmatise l’humanité souffrante. Les horreurs de la guerre, encore si présentes dans la mémoire collective, ont pris chair d’une peinture anorexique et opiniâtre.

Sa figuration existentielle et crépusculaire révèle un langage neuf. L’écriture économe est comme tracée par un scalpel dans une construction exsangue qui s’accorde aux tonalités éteintes de sa palette : des terres, des ocres et des gris de cendre, des noirs souillés de dominantes froides, des verts et des jaunes virant aux bleus et au mauve, modulés dans une lumière décomposée. La pauvreté engendre une mélancolie chez ses personnages isolés dans le huis clos d’une pièce vide, prostrés dans leur vérité recluse. S’en doute-t-il ? Il dérange, et sa peinture déclenche déjà haines et passions, admiration et rejet. Être célèbre à vingt ans, lui colle une étiquette pour l’avenir. La controverse restera vive et la polémique malveillante.


Mais le destin lui réserve une reconnaissance emblématique.
En 1947, lors de sa première exposition particulière rue des Écoles, l'État par l’intermédiaire de Raymond Cogniat, lui fait son premier achat pour le musée national d’art moderne : Nature morte au poulet.
En 1955, l’enquête menée par la revue Connaissance des Arts le désigne comme le meilleur peintre de sa génération devant Nicolas de Staël, Manessier, Pignon...
En 1974, Buffet est élu à l’Institut de France, pour l’Académie des Beaux-Arts. C’est le plus jeune académicien. Il est âgé de 46(...)


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