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Danièle Sallenave : ses prédécesseurs sur le 30 ème fauteuil de l’Académie française

avec Mireille Pastoureau, conservateur général et directeur de la Bibliothèque de l’Institut de France

Quels furent les prédécesseurs de Danièle Sallenave sur le 30e fauteuil de l’Académie française ? Ils ne furent que 15 puisqu’elle en est le 16e titulaire, et seulement quelques uns d’entre eux sont restés célèbres. Découvrez-les grâce à Mireille Pastoureau qui établit, pour chaque nouvelle élection à l’Académie, un document offrant une courte biographie de chacun des académiciens du fauteuil.


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1. Honorat de BUEIL, seigneur (dit marquis) de RACAN (1589-1670). Admis à l’Académie française dès 1634.

Plus connu sous le simple nom de « Racan », il était issu d'une ancienne famille de la noblesse tourangelle. Son père trouva la mort au service d’Henri IV. Le jeune orphelin fut élevé par son cousin, le comte de Bellegarde, grand écuyer de France. Nommé page à la Chambre du roi, il n’avait, dit-on, guère d'atouts pour briller à la Cour. Selon Tallemant des Réaux, il était "mal fait", avait "la mine d'un fermier », était mal soigné et très distrait ; il bégayait et avait un défaut de prononciation qui lui faisait prononcer les -r- comme des -l- et les -c- comme des -t- : “Je suis Latan, page de la Chamble d'Henli Tatlième”.

Racan conserva longtemps une image de naïf et de maladroit. Tallemant des Réaux, dans ses Historiettes, rapporte plusieurs anecdotes au sujet de sa distraction ; il aurait notamment plusieurs fois donné l'aumône à des amis, « les prenant pour des gueux ».

Racan aimait avant tout faire des vers et le grand événement de sa vie fut sa rencontre avec François de Malherbe que le roi attacha en 1605 au service du duc de Bellegarde. Le jeune Racan devint l’élève du grand Malherbe (1555-1626), maître de la langue française et poète officiel de la Cour. En souvenir de cette longue amitié, Racan consacra plus tard des Mémoires à son maître (1672). Il choisit la carrière des armes par tradition familiale, mais il n’y brilla pas et fut heureux de quitter définitivement l’armée en 1639. Il résidait principalement dans son château situé « moitié en Touraine, moitié en Anjou », qu’il reconstruisit entièrement en 1636. Une fois les travaux achevés, il obtint une déclaration du roi par laquelle cet ancien château de La Roche-au-Majeur s'appellerait désormais La Roche-Racan.

C’est là qu’il composa un long poème encore célèbre aujourd’hui, Stances sur la retraite, alors qu’il n’avait que trente ans. Il y vante les mérites d’une vie simple à la campagne, loin du tumulte et des intrigues de la Cour.
Stances. «(...)


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