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Jacques de Larosière : la fin de la dictature des marchés ?

L’académicien des sciences morales et politiques livre quelques réflexions sur le gonflement de la sphère financière et analyse ses dérèglements

Les marchés sont la base de l’économie. Ils permettent à la concurrence de s’exercer, aux prix de se former, à l’épargne de s’investir et ils donnent aux producteurs, aux consommateurs et aux investisseurs les informations indispensables. Il n’est pas question de remettre en cause cette évidence. Mais pour Jacques de Larosière, on doit s’interroger en profondeur sur les excès ou les aberrations constatés depuis quelques années dans le fonctionnement des marchés financiers.


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I. Quelques illustrations de ce que l’on appelle parfois le gonflement excessif de la « sphère financière »

• La « finance » [[Total de la capitalisation boursière, du stock d’obligations et de l’actif des banques en 2009 (source FMI).p[- représente 4 fois le PIB mondial.


• Les profits [[Les profits des 1.000 plus grandes banques mondiales sont passés de 300 milliards $ en 2000 à 800 milliards en 2008. Voir Andrew Haldane : “The Contribution of the Financial Sector : Miracle or Mirage”, Bank of England (Chart 4), July 14-2010.p[- des institutions financières aux États-Unis ont représenté, avant la crise, jusqu’à 30 % du total des bénéfices de toutes les entreprises, alors que la valeur ajoutée de ces institutions dans le total du PIB américain était de l’ordre de 8 % (contre 3 % en 1950)[[Voir Andrew Haldane, déjà cité,chart 3p[-.


• Les retours sur capital des grandes institutions financières mondiales ont progressé jusqu’à dépasser 20 % en moyenne, soit à peu près deux fois le chiffre du secteur non financier.[[ Voir Andrew Haldane, déjà cité. Chart 18.p[-


• Le « leverage » des banques (multiplicateur-crédit des fonds propres) a atteint, avant la crise, des proportions inconnues dans l’histoire (des taux de levier de 50 à 100 fois alors que les moyennes anciennes étaient plus près de 10 à 20).[[Voir Andrew Haldane, déjà cité, Chart 25. La dette des institutions financières aux Etats-Unis est passée d’environ 20 % du PIB en 1983 à 120 % en 2007 (au Royaume Uni, les chiffres correspondants sont de 50 % et de 240 %). Source Oliver Wyman. La taille des actifs des banques anglaises en % du PIB est passée de 50 % en 1975 à 520 % en 2006 (les chiffres correspondants pour les banques US sont 70 % et 105 %). Voir Haldane, charts 19 et 20.p[-



• La titrisation, c’est-à-dire la capacité qu’ont les banques à sortir les crédits de leurs bilans pour les vendre sur le marché a enregistré des records absolus (environ 5 trillion $ titrisés en 2006 contre 1 en 2000).


• Le « shadow banking system » (banques parallèles non réglementées : hedge funds, dark pools, GSE, money market funds, les institutions hypothécaires …) représente environ 16.000 milliards d’actifs, soit plus que le secteur bancaire régulé (13.000 milliards).


• L’encours notionnel des dérivés(...)


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