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L’Essentiel avec...Pierre Rosenberg, de l’Académie française

L’académicien répond aux sept questions essentielles de Jacques Paugam

L’invité de notre série l’Essentiel est aujourd’hui l’une des quatre ou cinq personnes qui ont le plus apporté au monde de l’art en France durant ces trente dernières années : Pierre Rosenberg, historien de l’art, spécialiste du dessin et de la peinture française et italienne des XVII e et XVIII e siècles. Pierre Rosenberg a dirigé le Louvre d’octobre 1994 à avril 2001 et a été élu à l’Académie française le 7 décembre 1995 au fauteuil d’Henri Gouhier.


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1- Quel est à vos yeux dans votre itinéraire professionnel, dans votre carrière, le moment essentiel ?


C’est une question difficile. Pour moi le moment essentiel a été un télégramme envoyé par André Malraux, alors que j'étais à Yale, m’annonçant ma nomination au Louvre. À l’époque les nominations ne se faisaient pas comme de nos jours. Aujourd'hui il y a un concours : les élèves intègrent une école qui les rétribue. De mon temps il y avait également un concours. Nous entrions dans la section supérieure de l’école du Louvre, mais il n'y avait aucune garantie de poste et encore moins de salaire pendant de très nombreuses années. Les chargés de mission étaient appelés « attaché libre », c’est assez drôle comme image ! Cela signifiait que nous ne percevions aucun salaire. Nommé assez jeune au Louvre, j'ai eu la chance d'être rémunéré rapidement. C'était à la fin de 1961. J’ai reçu ce télégramme qui m’a rempli de joie. Je ne m’y attendais pas car à l’époque le département des peintures du Louvre, l’endroit où je souhaitais ardemment entrer, avait pour patron Germain Bazin, grand spécialiste de l’architecture, notamment de l’architecture brésilienne. Un personnage difficile et un grand savant dans un certain sens. Il ne m’aimait pas. Et il se trouvait que Malraux n’aimait pas Bazin alors il m’a nommé. J’y suis resté pendant très longtemps, je n’ai pas quitté le département des peintures jusqu’à ma nomination comme président directeur du Louvre.

J.P. Vous aviez aussi commencé des études de droit. Pourquoi avez-vous penché d’un côté plutôt que de l’autre ? Votre père était un grand avocat. Il pensait que c’était plus sûr d’hériter d’un cabinet d’avocat que d’entrer dans ce métier compliqué.

P.R. Je l'ai dit, à l’époque les postes en art étaient rares. Ils le sont encore aujourd’hui. Avais-je les dons nécessaires pour devenir conservateur ? J’ai mené de front des études de droit jusqu’à la licence et je suis entré au Louvre à la fin de 1961. A l’époque j’avais déjà consacré une exposition à mon peintre de prédilection, -il l'est resté-, Poussin.







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