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Chasseurs, promeneurs, cueilleurs : on peut se partager la nature en bonne intelligence !

Entretien avec Renaud Denoix de Saint Marc, de l’Académie des sciences morales et politiques

La question du partage harmonieux de l’espace entre les différents usagers de la nature (cueilleurs, promeneurs – à pied, à vélo ou motorisés- chasseurs, etc.), se pose depuis quelques années dans des termes nouveaux. Quels griefs réciproques, souvent infondés, les chasseurs et les autres usagers de la nature s’adressent-ils ? Quelles seraient les solutions ? Le juriste académicien Renaud Denoix de Saint Marc a examiné de près ces questions. Quant à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), établissement public tourné vers la chasse durable et la biodiversité, il mène sur le sujet, et depuis plusieurs années, une vraie réflexion, concrétisée sous formes de recommandations aux divers usagers.


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Membre du Conseil Constitutionnel, Renaud Denoix de Saint Marc, membre de l'Institut de France, répond à ces interrogations. Ce juriste a présidé le conseil d’administration de l'ONCFS de 1999 à 2004, il préside actuellement le Conseil d'orientation du domaine national de Chambord et le  Club de la maison de la Chasse et de la Nature, à Paris.
Pour Renaud Denoix de Saint Marc, on distingue principalement trois motifs de tension entre chasseurs et non-chasseurs : la raréfaction des espaces disponibles en raison de l'augmentation de l'urbanisation, l'arrivée des « néo-ruraux » dans les campagnes françaises et la modification des modes de chasse.






La raréfaction des espaces disponibles

Elle est due au mitage des abords des villes et des villages. La construction en milieu rural est, parfois, un peu anarchique compte tenu du laxisme des premiers plans d'occupation des sols. Les effets de l'urbanisation s'accentuent et l'espace voué aux activités récréatives diminue, d'autant plus que les sports pratiqués au grand air se sont développés considérablement : marche à pied, jogging, équitation, cyclisme, moto-cross, quad, etc. Un espace toujours plus petit divisé en un nombre d’usagers toujours plus grand ne peut que provoquer des frictions.


L'arrivée des « néo-ruraux » dans les campagnes

Si le nombre d’agriculteurs ne cesse de baisser en France, de plus en plus de citadins éprouvent l’envie de s'installer à la campagne, pour des raisons économiques ou pour des besoins d’espace. Ces « rurbains » ou « néo-ruraux » ont parfois tendance à considérer que la nature leur appartient de facto alors que pour un juriste, l’idée même qu’elle appartienne à tous est juridiquement contestable.


La modification des modes de chasse

Le chasseur traditionnel, celui que les vignettes de la fin du XIXe siècle montraient accompagné de son chien d'arrêt ; celui qui se promenait dans les bois, les prés ou les vignes à la recherche d'un perdreau, d’une bécasse ou d'un lièvre et qui paraissait tout à fait inoffensif, tend à disparaître en raison de la raréfaction du petit gibier.
Au contraire, les populations du grand gibier ont, elles, beaucoup augmenté, et la pratique des battues(...)


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