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Tibère ou le long règne de l’immobilisme

L’auteur d’une récente biographie de l’empereur, Emmanuel Lyasse, est l’invité de Christophe Dickès

Tibère n’est pas resté dans la postérité comme le prototype du bon prince. Dans l’ombre d’Auguste, il laisse l’image d’un tyran sanguinaire. Sans le juger ni le réhabiliter, l’historien Emmanuel Lyasse lui consacre une belle biographie.


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Né pendant la guerre civile, Tibère est issu d'une grande famille romaine. Par le jeu des mariages et des alliances, il s'impose peu à peu comme le successeur d'Auguste. Personnage paradoxal, il a vécu son règne dans l'ombre du fondateur du principat : "Tibère a un problème, Auguste. Auguste le condamne à être le second. Il est pendant de nombreuses années son second, de la mort d'Agrippa à la sienne, hors de la parenthèse de son séjour [son exil: NDLR] à Rhodes. Il n'est ensuite, et ne peut être, que le second prince après lui, toujours exposé à une comparaison qui ne peut lui être favorable." Certes Tibère ne fut ni un bâtisseur ni un conquérant mais il fut un continuateur : en effet, il faut porter à son crédit d'avoir perpétué la monarchie et les institutions qui mirent fin à la guerre civile. Le maître mot de son règne est celui d'immobilisme mais, paradoxalement, l'immobilisme permet d'« affermir la monarchie, [de] prendre du recul par rapport aux usages de l’ancien régime. On comprend donc que [sa politique institutionnelle] n’ait pas contribué à la popularité de Tibère auprès d’un public résigné au gouvernement d’un seul, mais attaché aux anciennes traditions. »

Présentation de l'éditeur.

Tyran sanguinaire, monstre pervers et parangon du mauvais prince, telle est l’image que la postérité a dressé de l’empereur Tibère (42 av. J.-C.-14). Mais, au-delà de cette légende noire, son règne – l’un des plus longs – marqua une étape essentielle de l’histoire romaine : il est celui qui pérennisa le principat, rompant définitivement avec la République. Voilà bien le paradoxe du personnage.
Condamné par les historiens antiques, tels Tacite et Suétone, méprisé ou haï par ses contemporains, trompé et manipulé par ses proches, l’héritier du grand Auguste aurait pourtant pu être considéré comme un acteur décisif du monde romain. Car, s’il ne fut pas un conquérant, il stabilisa les frontières et sa politique permit de consolider le rôle du Sénat et surtout d’établir le régime monarchique dans la durée. Dès lors, comment et pourquoi fut-il si maltraité ou ignoré par l’histoire ? Menant une large enquête qui explore une société en pleine mutation où les institutions ne cessent(...)


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