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L’essentiel avec... Danièle Sallenave, de l’Académie française

La nouvelle académicienne répond aux sept questions essentielles de Jacques Paugam

L’invitée de notre série L’Essentiel avec... est Danièle Sallenave, agrégée de lettres, universitaire, écrivain, auteur d’une trentaine d’ouvrages, romans, essais, récits de voyages et pièces de théâtre qui lui ont valu une kyrielle de récompenses : Prix Renaudot en 1981 pour son roman « Les portes de gubbio », prix du jeune théâtre de l’Académie française, grand prix de l’Académie pour l’ensemble de son œuvre, grand prix Jean Giono, prix Jean Monet de la littérature européenne etc. Danielle Sallenave a été élue le 7 avril 2011 à l’Académie française au fauteuil de Maurice Druon, le trentième, une place symboliquement importante. La cérémonie de réception aura lieu le 29 mars 2012.


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1- Dans votre itinéraire professionnel, dans votre carrière, quel a été jusqu’à présent, à vos yeux, le moment essentiel ?


Je pense que c’est mon entrée à l’école normale supérieure. Je savais que je trouverai dans ce lieu le moyen de prolonger l’action qui avait été celle de mes parents instituteurs. Oui, j’ai l’impression que c’est le moment de ma vie où j'ai pris le relais. J’ai senti l’amour qu’ils avaient pour leur langue, la langue française, et sa transmission ; je l'ai intégralement acceptée comme héritage. Et j’ai tenté de le faire fructifier à ma façon.


- Jacques Paugam : Étaient-ils à l’image de ces hussards noirs de la République, dans la tradition de Jules Ferry ?


Formés dans les années 30, ils avaient reçu naturellement ce que leur donnait l’enseignement en ce temps-là, dispensé par les écoles normales d’instituteurs. Cette façon précise et modeste de rendre à la République ce qu’elle leur avait donné, et de le rendre en allant vers ceux qui en ont le plus besoin : les enfants, dans les villages, qu’ils menaient vers une expression correcte, une langue pas trop malmenée par les fautes d’orthographes, des connaissances rudimentaires mais solides de calcul, de géographie, d’histoire. Ces bases là, par la ensuite, nous pouvons les retrouver, les approfondir au cours de notre vie. C'est ce que j’ai essayé de faire. Y compris en écrivant mes propres livres.


- Jacques Paugam : Voulez-vous dire que c’était le creuset de la République ?


Certainement, c’est le creuset de la République. Une république qui n’est pas immémoriale, qui n'oublie pas ce qui l’a précédé. Elle intègre son passé mais elle le rend à ce peuple qui, à travers les siècles, a constitué cette nation. La République c’était cela aussi : rendre aux plus humbles, à ceux qui ont travaillé la terre. Mes parents avaient été élevés dans cette idée par les professeurs et directeurs de l’école normale. Ils me l’ont transmise mais avec une sorte de simplicité sans grandiloquence. C’est un bon héritage, je le revendique !


- Jacques Paugam : Quand nous regardons votre itinéraire, il semble que l’éclectisme vous caractérise. Vous auriez pu suivre le cursus ordinaire, nous vous retrouvons au(...)


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