Accueil   arguSanté 

Rechercher

Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

A savoir

Du 16 au 19 octobre 2017

“MADEV17, Mathématiques Appliquées à des questions de DEVeloppement”. Ce colloque international, organisé conjointement par le Comité Pays en développement de l’Académie des sciences et l’Académie Royale Hassan II des Sciences et Techniques du Maroc, se tiendra du 16 au 19 octobre 2017 à Rabat, Maroc. En savoir plus : www.academie-sciences.fr.

Votre santé mérite des arguments scientifiques

OGM et santé : replacer le débat dans son cadre scientifique

Date de parution :

mardi 29 mai 2012

Auteur(s) de cette publication :

OGM et santé : replacer le débat dans son cadre scientifique

Joël Guillemain est expert pharmaco-toxicologue, Président du Comité d’étude scientifique sur la toxicité des OGM à l’ANSES et membre de l’Académie nationale de Pharmacie. Louis-Marie Houdebine est Directeur de recherche honoraire à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), Vice-Président honoraire du Comité d’étude scientifique sur la toxicité des OGM à l’ANSES et membre correspondant de l’Académie d’agriculture.

Notez cette émission :

Les OGM encore une fois à la une de l’actualité !



Le débat est rouvert sur la base de « révélations » de toxicité d’un OGM sur les rats [1] dont la communauté scientifique dans son ensemble, en France comme dans le monde, tient à se démarquer. [2]



Aussitôt l’étude publiée, le gouvernement a saisi l’ANSES (l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) qui devra examiner sans délai les résultats et auditionnera probablement ses auteurs avant de livrer ses conclusions dans plusieurs semaines. De son côté l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) a formé dans l’urgence un comité pour décortiquer l’étude mais là encore les conclusions ne seront pas connues avant plusieurs jours voire plusieurs semaines.



Auditionnée le 21 septembre 2012 par une poignée de parlementaires européens à Bruxelles en présence de Gilles-Eric Séralini, auteur de l’étude choc sur le maïs NK 603, la directrice de l’Efsa, Catherine Geslain-Lanéelle, a certes confirmé que son agence procéderait bien à l’expertise de l’étude, mais en gardant les mêmes experts qui avaient par le passé donné leur feu vert à ce même maïs NK 603.



- d’abord, comment ne pas s’étonner que la communauté scientifique n’ait pu avoir accès à l’étude à paraître dans la revue Food and Chemical Toxicology que bien après les médias et que le Nouvel Observateur ait bénéficié d’une « clause de confidentialité » pour faire un « scoop » ?



- Plus grave : comment le comité de lecture d’une revue scientifique renommée a-t-il pu donner un avis favorable à la publication d’une étude comportant autant de carences méthodologiques, si évidentes que les experts du domaine les ont identifiés immédiatement ?



- Ces experts font aussi remarquer que l’équipe qui a procédé à l’étude ne comprenait aucun toxicologue et que les huit chercheurs signataires sont rattachés à l’Institut de Biologie de l’université de Caen et au Criigen (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique) connu pour ses positions militantes. [3]



- Enfin, cet effet d’annonce [4] peut-il justifier qu’une extrapolation à l’homme soit jetée en pâture à l’opinion publique sans les précautions scientifiques d’usage ?



Le débat sur les OGM mérite des arguments scientifiques
Votre santé aussi...



ArguSanté entre d’abord dans ce débat de société pour apporter une argumentation scientifique, en séparant clairement le champ de l’expertise scientifique de celui des considérations économiques, politiques ou sociales.



ArguSanté donne la parole aux scientifiques, trop souvent exclus de la scène médiatique, afin de répondre au besoin du citoyen et du consommateur d’être réellement informés sur les OGM au quotidien, par rapport aux risques, mais aussi aux bénéfices qu’on peut en attendre pour la santé.





Les aspects environnementaux ne sont pas traités dans ce dossier.




Lire l’argumentaire qui se trouve plus bas.





ACTUALITE


En France



Le seul OGM autorisé est le maïs doux BT11, ce qui permet du coup d’utiliser les produits à base de maïs sont susceptibles d’être issus de cette OGM ( farine et semoule de maïs, huile de maïs, chips de maïs salées, pétales de maïs ou encore des additifs comme l’amidon oxydé (E 1404) ou les phosphates d’amidon (E 1410, E 1412 à E 1414).

Un moratoire sur la culture du maïs génétiquement modifié MON180 (Monsanto) a été validé par le Conseil d’Etat, en interdisant, du moins temporairement, la culture en France. Cette mesure est prise uniquement au nom de la protection de l’environnement, comme l’indique le communiqué du ministère de l’agriculture.
 [5]



Toutefois, pour les magistrats européens de Luxembourg, la France n’a pas apporté d’informations prouvant que l’aliment présente un risque pour l’environnement. C’est pourquoi, plusieurs membres du Comité économique éthique et social du Haut conseil des biotechnologies (une représentante syndicale et des représentants des agriculteurs) ont démissionné, arguant d’un désaccord insoluble sur la coexistence des plantes OGM et des non-OGM.



Cette mesure ne met pas en cause l’innocuité des OGM pour la santé , telle qu’elle est reconnue par l’Organisation des Nations unies, à partir des multiples études disponibles ( « les OGM qui sont actuellement sur les marchés internationaux ont passé avec succès des évaluations du risque et il est improbable qu’il[s] présente[nt] un quelconque risque pour la santé humaine. De plus, on n’a jamais pu montrer que leur consommation par le grand public dans les pays où ils ont été homologués ait eu un quelconque effet sur la santé humaine. ». C’est aussi l’avis du Conseil international pour la science, qui regroupe les meilleurs scientifiques mondiaux dans de nombreux domaines.
 [6]



A l’étranger



Si les Etats Unis restent en tête des producteurs d’OGM, il faut compter désormais avec le Brésil (augmentation de 20% des surfaces en un an et leader de la recherche publique et privée)

L’augmentation des surfaces cultivées avec des OGM a été de 8% entre 2010 et 2011. Elles représentent désormais 160 millions d’hectares, cultivées pas 16,7 millions d’agriculteurs dans 29 pays. Le taux de croissance est plus fort dans les 19 pays du Sud (les surfaces de maïs OGM ont augmenté de 58 % au Portugal et de 27 % en Espagne) ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications) 7.2.12 Clive J.Global Status of Commercialized Biotech/GM Crops : 2011.

Quatre nouveaux OGM (trois maïs et un coton) viennent d’être autorisés pour 10 ans par la Commission Européenne pour l’alimentation humaine et animale et des huiles de soja OGM ont obtenu toutes les autorisations de commercialisation aux Etats Unis. Au total, dix-huit autorisations ont été accordées pour la mise sur le marché d’OGM dans l’UE, dont seulement huit concernent des produits potentiellement destinés à l’alimentation humaine ou animale. Il s’agit d’un soja, de quatre maïs et de trois colzas.

En Chine la commercialisation du riz et du blé génétiquement modifiés pourrait ne pas être autorisée par le gouvernement [7]) et le Pérou interdit les cultures transgéniques.





Argumentaire (cliquez sur le point qui vous intéresse)



Risques pour la santé humaine



1. « Les plantes naturelles n’ont pas de gènes »



2. « Manger des OGM, c’est prendre le risque de modifier notre patrimoine génétique »



3. « La modification génétique pourrait induire des effets pathologiques comme des cancers »



4. « Les risques d’allergie sont décuplés »



5. « Les manipulations de la transgénèse pourraient être à l’origine de maladies virales dévastatrices et imprévues »



6. « Les OGM vont favoriser l’émergence de bactéries résistantes à des antibiotiques »



7. « Des expérimentations sur le rat ont montré des effets toxiques »



8. « La durée des études de trois mois chez le rat est très insuffisante »



9. « Le fait que les OGM soient consommés aux USA depuis plus de dix ans ne prouve rien »



10. « Ce sera pire avec les OGM de deuxième génération »
_

Contrôles et expertise



11. « L’innocuité des OGM n’est pas suffisamment démontrée »



12. « La sécurité sanitaire des OGM n’est pas garantie »



13. « Les contrôles sont insuffisants »



14. « Les avis des agences ne se fondent que sur les données des industriels »



15. « Les experts sont à la solde des multinationales »



16. « Les données sont tenues secrètes »



Utilité



17. « On ne réduit pas davantage le danger des pesticides »



18. « On n’a pas besoin des OGM pour améliorer l’alimentation humaine »



19. « Les OGM ne vont pas supprimer la faim dans le monde »



20. « Il n’est pas certain que les pays du tiers monde puissent acheter ces semences coûteuses 2 à 3 fois plus chères que les semences non OGM »



Société



21. « La Grande Bretagne ne cultive pas d’OGM, ce qui ne l’empêche pas d’être en avance en matière de recherche sur les biotechnologies »



22. « Les OGM sont anti-naturels »



23. « Les manipulations génétiques sont dangereuses »



24. « Il faut un étiquetage qui laisse clairement le choix au consommateur »



25. « Il vaut mieux investir dans le bio »



26. « Les biomédicaments, ce n’est pas pareil... »



27. « Si un moratoire sur la culture du maïs génétiquement modifié MON180 (Monsanto) a été validé par le Conseil d’Etat, c’est bien qu’il y a un risque... »



28. « Dans l’incertitude, il faut appliquer le principe de précaution »







1. « Les plantes naturelles n’ont pas de gènes »



Il y a des gènes dans tout ce qui vit, les personnes, les mouches, le jambon, les tomates, les bactéries, etc. Un steak de 200 g contient 750 000 000 000 000 copies des 25000 gènes de l’animal, le riz 440 millions, la tomate 1 milliard, le maïs 2,8 milliards de copies.

Les gènes sont des messages codés qui déterminent ce que sont les organismes vivant et donc ce à quoi nous ressemblons avec nos caractéristiques spécifiques. Il existe ainsi des gènes qui déterminent la couleur de nos yeux, bleus, marrons ou autres. Les plantes aussi ont des gènes, qui déterminent leur taille, la couleur de leurs fleurs, toutes ses caractéristiques qu’elles transmettent aux graines, qui donneront ensuite de nouvelles plantes.

Pour une même plante, des différences importantes du contenu génétique existe. Ainsi, pour le riz, les chercheurs ont identifiés 6,5 millions de variations génétiques entre les différentes souches, le riz sauvage possédant la majorité de ces variations (72%), la faible diversité génétique du riz domestique résultant de sa domestication [8]



Retour au sommaire



2. « Manger des OGM, c’est prendre le risque de modifier notre patrimoine génétique »



Si tel était le cas, nous n’existerions pas tels que nous sommes. Nous mangeons chaque jour des millions de gènes qui ne sont pas les nôtres, et dont certains seraient nuisibles s’ils pénétraient dans nos cellules. L’ingestion quotidienne de l’ADN d’un grand nombre d’espèces vivantes végétales et animales n’a jamais modifié le génome de celui qui s’en nourrit. L’ADN, tout comme les protéines, est détruit dans notre tube digestif. Un transgène, nouveau gène introduit dans un chromosome d’une plante qui devient ainsi un OGM, est formé de fragments d’ADN. Un transgène intégré dans un chromosome, se comporte comme toute séquence d’ADN : une fois ingéré, il est dégradé, dans le tube digestif, en nucléotides, petites molécules chimiquement identiques dans l’ensemble du monde vivant.

De nombreuses études [9], dont les résultats sont totalement convergents, montrent qu’il n’y a aucune trace d’ADN et de protéines provenant des OGM dans le lait, les œufs et la viande, a fortiori dans nos cellules après que l’on ait mangé des produits provenant d’animaux nourris avec des OGM. Ces résultats ne sont en rien étonnants.

Nous ne trouvons dans notre ADN que nos gènes, et pas un seul des millions de gènes provenant de nos aliments. Nous ne retrouvons pas non plus de gènes des bactéries qui peuplent nos intestins, bien que le nombre de cellules de ces bactéries soit au moins dix fois plus élevé que celui de nos propres cellules.



Retour au sommaire



3. « La modification génétique pourrait induire des effets pathologiques comme des cancers »



Elle pourrait effectivement activer des éléments transposables ,. Un tel événement pourrait alors modifier la plante elle-même mais en aucune manière le génome humain qui n’est pas génétiquement modifié à la suite du transfert de gènes dans la plante. Le transfert de gènes pourrait donc éventuellement induire la formation de tumeurs chez les plantes, ce qui n’a pas été observé, mais en aucune manière chez l’homme

Bien que cela ait été avancé, le cas des OGM n’a rien à voir avec la thérapie génique qui appliquée à des « enfants-bulles » a déclenché des cas de cancers. Contrairement à l’absorption d’OGM pour laquelle il n’y a pas de transfert de gènes entre l’OGM et le consommateur, la thérapie génique consiste à prélever des cellules d’un enfant, à leur ajouter un gène dont elles sont pathologiquement privées et à les réintroduire dans l’organisme [10]. Des gènes sont ainsi introduits dans le génome humain, ce qui n’est pas le cas pour les OGM.



Retour au sommaire



4. « Les risques d’allergie sont décuplés »



La surveillance du risque allergique des aliments est une légitime préoccupation, justifiée par la fréquence grandissante des allergies, dont les origines sont multiples. Divers aliments, qu’ils soient d’origine animale (lait, œufs, crustacés…) ou végétale (cacahuètes, kiwi, blé…), sont naturellement allergéniques pour certains individus. Ces allergies alimentaires touchent de 3 à 4% de la population générale et atteignant 8% chez les enfants dans l’ensemble des pays développés [11].

Les risques allergiques liés aux OGM ne sont pas plus grands que ceux liés à certains aliments naturels (kiwi, arachides, blé…) ou à certaines technologies industrielles : stockage, chauffage, préparation de concentrats protéiques, texturisation, utilisation extensive d’ingrédients protéiques, etc.

Dans un rapport de 2006 [12] l’Afssa conclut : « il ressort qu’en l’état actuel des connaissances, les plantes génétiquement modifiées ne présentent pas plus de risque que les plantes obtenues par des méthodes conventionnelles en ce qui concerne le potentiel allergénique » En revanche, une étude de Kleter et Al [13]



montre qu’un croisement classique entre des variétés peut conduire à l’apparition de protéines allergéniques.

Les protéines ou chaînes glucidiques ne sont pas toutes capables de provoquer une allergie. Notre organisme est exposé quotidiennement à des millions de molécules étrangères d’origine alimentaire, bactérienne, virale ou parasitaire, mais quelques centaines à peine sont en mesure de causer des réactions allergiques cliniques. Les allergènes alimentaires jouant un rôle clinique diffèrent entre l’adulte (kiwi, pomme, pêche, carotte, céleri, cacahuète et noix, crustacés, œuf) et l’enfant (œuf, cacahuète et noix, lait de vache, poisson) ; leur nombre est faible. Le risque d’incorporer par mégarde un allergène connu ou suspecté dans un génome OGM est donc aujourd’hui très faible.

L’exemple le plus connu d’allergie lié à un OGM est celui de l’incorporation d’un allergène de la noix du Brésil dans le génome d’un soja OGM en 1995, sur lequel on continue de se fonder, 15 ans plus tard, pour évoquer le potentiel allergisant des OGM. En l’absence de commercialisation dudit OGM, cet épisode a surtout démontré que même les contrôles encore rudimentaires de l’époque ont permis de prévenir la mise sur le marché d’un tel OGM. Depuis lors les méthodes d’analyse ont été multipliées [14], comme vient de le rappeler le colloque EFSA-Austria-Norway tenu à Paris sous l’égide de l’OCDE le 21 mars 2012.



Retour au sommaire



5. « Les manipulations de la transgénèse pourraient être à l’origine de maladies virales dévastatrices et imprévues. »



Les opérations de génie génétique naturelles qui sont à l’origine de l’évolution des espèces, sont beaucoup plus intenses et fréquentes que celles qui conduisent à l’obtention d’OGM et elles sont totalement aléatoires. La sélection génétique classique elle même, pratiquée depuis 10000 ans, résulte de modifications génétiques parfois profondes et essentiellement inconnues. L’obtention d’OGM consiste au contraire à procéder à des modifications génétiques relativement modestes dont les effets principaux sont connus pour l’essentiel et les effets secondaires potentiels imprévisibles soigneusement évalués. Il y a donc très peu de chance pour que l’exploitation des OGM soit la cause d’une augmentation significative de risques causées par des maladies virales.



Retour au sommaire



6. « Les OGM vont favoriser l’émergence de bactéries résistantes à des antibiotiques »



Des gènes de résistance à des antibiotiques ont été utilisés dans quelques uns des tous premiers OGM. Ce n’est plus le cas depuis 2005.

L’utilisation de gènes conférant une résistance à certains antibiotiques posait la question du risque d’un transfert de gènes (et donc de cette résistance) à des bactéries y compris à celles du système digestif. Ce risque est très faible, et il a été pris en compte. Les gènes ne se transfèrent pas fréquemment d’une plante vers une bactérie. Le gène devrait subir des mutations importantes pour redevenir actif chez des bactéries. Il n’en demeure pas moins vrai que les constructions doivent éviter d’insérer de tels gènes, ce qui semble admis par les industriels eux-mêmes. Le transfert de gène de résistance en question est donc hautement improbable et non observé dans les conditions de culture. .

Toutefois, les deux principaux marqueurs de sélection utilisés sont la résistance à la kanamycine/néomycine et à la streptomycine, des antibiotiques très peu utilisés en médecine humaine. Il existe un grand nombre de gènes de résistance aux antibiotiques dans la flore tellurique - ce qui rendrait parfaitement indiscernable un tel transfert s’il se produisait [15].



Retour au sommaire



7. « Des expérimentations sur le rat ont montré des effets toxiques » [16]



De nombreuses plantes contiennent - des toxines diverses dont elles se servent pour éliminer leurs prédateurs. Même les inoffensives pommes de terre contiennent des toxines en petite quantité et le chou brocoli des substances cancérigènes. Tester séparément ces constituants naturels conduit à démontrer leur toxicité. La faible quantité d’une part et la présence d’autres constituants qui s’opposent à ces effets d’autre part rend la plante comestible.

Les effets néfastes rapportés in vitro ne sont pertinents que si les doses utilisées sont réalistes par rapport à l’exposition in vivo. Les cellules en culture sont très sensibles à leur environnement alors que les mêmes cellules in vivo sont protégées par divers composants des organes. Les organismes animaux ont par ailleurs des systèmes de détoxification puissants qui diminuent très significativement la quantité de substances toxiques qui peuvent être néfastes pour les cellules. Les cellules en cultures peuvent donc quantifier des effets cytotoxiques mais pas les effets toxiques pour les organismes animaux et humains. Aucune réglementation dans le monde ne propose de ce fait d’utiliser des tests cellulaires pour évaluer la toxicité des OGM [17]. Un risque est la conjonction d’un danger identifié et d’un niveau d’exposition probable. L’interprétation des données in vivo doit respecter les règles d’analyses reconnues par la communauté internationale. Nombre des études concluant à un effet toxique des OGM (Séralini et al., 2007 ; Spiroux de Vendomois et al., 2009…) ont été largement contestées par des instances officielles (Avis EFSA , Anses, CGB, HCB..) [18].



- Séralini G.E., Cellier D., Spiroux de Vendomois J. New analysis of a rat feeding study with a genetically modified maize reveals signs of hepatorenal toxicity. Arch. Environ. Contam. Toxicol., 2007, 52, (4) pp 596-602.



- Spiroux de Vendômois J., Roullier F., Cellier D. and Séralini GE. (2009) A comparison of the effects of three GM corn varieties on mammalian health, Int. J. Biol. Sci., 5, 709-726 [19]



- EFSA statement on the recent CRIIGEN publication on MON 863 maize [20]



- Afssa (2007) Avis du 26 avril 2007 relatif à la récente étude publiée sur le maïs génétiquement modifié MON863. Dossier n° 2007-SA-0109. [21]



Les tests mis en œuvre visent à comparer les effets de l’OGM à ceux d’une plante « naturelle » déjà consommée. En l’absence de différence ayant un sens biologique entre les deux, il peut logiquement être conclu que l’OGM ne présente pas plus de risque que la plante de référence.
L’un des tests de toxicité conduits sur les OGM repose sur l’administration de la plante génétiquement modifiée à des rats, pendant 90 jours [22]. C’est la situation la plus proche de la consommation réelle par l’homme et l’animal. C’est une étude sentinelle, qui peut donner l’alerte et conduire à demander des compléments d’informations aux producteurs de semences OGM ou écarter tout risque majeur. Pour répondre à certaines critiques adressées à ce test, l’EFSA, tout comme l’ANSES, ont émis des recommandations afin d’en améliorer la pertinence (Cf. “L’innocuité des OGM n’est pas suffisamment démontrée ») . Cela remet-il en question les tests antérieurs ? Tous les calculs ont été refaits avec le MON810 à partir des données primaires : à l’unanimité, les toxicologues n’ont pas remis en cause les conclusions de l’EFSA et de l’ANSES. Sur la base des ces données, il ne peut nullement être conclu à des effets toxiques.

Il convient de savoir que, selon l’OGM étudié, les rats ont reçu quotidiennement jusqu’à 45 g de maïs par kg de poids corporel pendant 3 mois. Cette quantité est à rapprocher de celles qui sont données aux poulets et aux porcs d’élevage, respectivement de 57 et 26 g/kg, comparativement à la quantité consommée par l’Homme, de 0,27 g/kg de maïs les jours où ils en mangent. Il est donc licite de conclure que la marge de sécurité pour les consommateurs nord-américains est de plus de 150, et qu’elle est bien supérieure pour les européens qui mangent moins de maïs. Un autre chiffre mérite considération : si les feuilles de maïs résistant à des insectes contiennent une toxine CRY, par ailleurs démontrée non toxique chez l’Homme, généralement à raison de 70 g/kg de poids frais, les grains de ce même maïs en contiennent des quantités négligeables, souvent non mesurables, de l’ordre de quelques mg/kg. Sachant que les études par administration unique chez le rat concluent à l’absence de toxicité à des doses allant de 500 mg/kg à plus de 2 g/kg, la marge de sécurité est dans ce cas supérieure à 3 millions….

ANSES 2011. Recommandations pour la mise en œuvre de l’analyse statistique des données issues des études de toxicité sub-chroniques de 90 jours chez le rat dans le cadre des demandes d’autorisation de mise sur le marché d’OGM. Saisine n° 2009-SA-0285.
 [23]



Retour au sommaire



8. « La durée des études de trois mois chez le rat est très insuffisante »



Selon qu’il s’agisse de produit chimique, médicament, aliment, les tests de toxicité ont des durées variables. En dehors de la recherche d’un effet cancérigène, la durée maximale d’une étude est de 6 mois chez le rat pour un médicament. Des durées de 3 mois ont parfaitement mis en évidence des effets toxiques avec des plantes médicinales ou des condiments. S’agissant d’une étude sentinelle destinée à révéler des effets de doses bien supérieures à celles consommées par l’Homme, la durée est suffisante en regard de la dose maximale administrée (équivalente à la consommation de plus de 2 kg de maïs par jour chez l’Homme…). Il existe par ailleurs de nombreuses études dont la durée est supérieure à 3 mois ou recouvrant plusieurs générations, sans qu’aucune de ces études ne révèle un effet délétère (Snell et al., 2012).
 [24]



Retour au sommaire



9. « Le fait que les OGM soient consommés aux USA depuis plus de dix ans ne prouve rien »



L’ensemble des rapports scientifiques, français, européens et internationaux concluent à l’innocuité des OGM, en soulignant que deux milliards de personnes consomment régulièrement des OGM en Amérique et en Asie sans qu’il n’ait été identifié à ce jour d‘effet néfaste particulier. Encore faut-il préciser qu’actuellement ce sont essentiellement les animaux qui consomment directement des OGM, comme les bovins, les porcs et les poulets nourris avec du soja OGM importé. La santé de ces animaux ou des humains qui les consomment n’a jamais fait l’objet d’une alerte sanitaire.

Personne ne peut prétendre que « des » (et non les) OGM n’auront pas d’effets néfastes à long terme. Mais, on ne peut pas d’avantage le prétendre pour les produits classiques. Une chose demeure : les OGM sont infiniment mieux testés que les produits classiques, et s’ils contenaient des substances toxiques classiques, elles auraient déjà été identifiées. Quant aux effets inattendus, il ne s’en est manifesté aucun depuis plus de 15 ans que certains OGM sont commercialisés. Cela ne signifie nullement qu’il ne faille pas rester vigilant…



Retour au sommaire



10. « Ce sera pire avec les OGM de deuxième génération »



Les OGM de « deuxième génération » ne visent plus seulement à augmenter les quantités, mais à modifier la valeur nutritionnelle des aliments.

Il s’agit de corriger des carences spécifiques, de rétablir un équilibre entre nutriments plus favorables à la santé ou de faire disparaître des substances anti-nutritionnelles ou toxiques présentes dans certains produits végétaux. Les protéines issues de plantes transgéniques permettent de développer la synthèse d’arômes, de favoriser une absorption accrue de micro-éléments tels que fer, zinc etc. En enrichissant certaines huiles végétales (soja, colza) en acide oléique aux dépens d’acides gras saturés, on pourrait diminuer l’incidence des maladies cardio-vasculaires.

L’équilibre alimentaire bénéficie largement de ces techniques : enrichissement des plantes en anti-oxydants comme la vitamine E et les flavonoïdes, mais surtout en vitamine A et en fer, insuffisants dans l’alimentation de vastes zones du Monde, ce qui se traduit par des carences plus ou moins marquées. La carence en vitamine A concerne 134 millions de personnes, en majorité des enfants, dont les plus atteints (500 000 par an) perdent partiellement ou totalement la vue. La carence en fer, plus répandue, est responsable de 50% des cas d’anémie dans le monde et concerne 2 milliards d’individus. Le vecteur utilisé pour prévenir ces carences est le riz, céréale la plus consommée dans les pays en développement.

De nombreux travaux de recherche portent aussi sur l’amélioration par transgénèse de souches de bactéries ou de levure dans le but d’améliorer leur propriété gustative dans la fabrication de vin, de bière, de pain et de fromages. Il s’agit de modifier la composition finale des produits (par exemple en diminuant le taux de sucre, en augmentant le taux d’alcool), les procédés de fabrication (en agissant par exemple sur l’acidité, les facilités de filtration, la libération de précurseurs d’arômes), et de s’affranchir de l’ajout de bactéries lactiques après la fermentation alcoolique réalisée par les levures, etc.

Des tests supplémentaires sont d’ores et déjà imposés au cas par cas pour les OGM de deuxième génération dont la composition aura été délibérément modifiée pour améliorer leurs qualités nutritives Il convient toutefois d’évaluer cas par cas l’intérêt de ces OGM en regard d’autres pratiques agricoles et dans le respect de l’environnement, notamment de la biodiversité.



Retour au sommaire



Contrôles et expertise



11. « L’innocuité des OGM n’est pas suffisamment démontrée »



L’apport des nouvelles technologies ainsi que la prise de conscience par l’industrie de l’importance des enjeux sanitaires ont abouti à une amélioration de la sécurité des aliments, même si l’actualité fait parfois état de « crises ».

Cette amélioration de la sécurité n’est pas toujours perçue par les consommateurs, car les incidents de sécurité sont à la fois amplifiés par l’amélioration des systèmes de détection et mieux connus du fait de la transparence instituée depuis les crises alimentaires des années 1990. Le perfectionnement des outils de mesure peut, dans certains cas, aboutir à des normes de protection excessives.

Les risques potentiels, comme la survenue des biorésistances microbiennes et les risques viraux, doivent être attentivement surveillés

Le phénomène adaptatif et naturel de résistance peut être réduit par une utilisation raisonnée des produits commercialisés. La mise en œuvre d’un programme d’évaluation de la sécurité des OGM, fondé sur l’étude de points clefs (toxicité et allergénicité des organismes donneur et receveur, protéine exprimée, plante entière..) n’a pas à ce jour révélé d’effet néfaste pour la santé. Des biais méthodologiques ou d’interprétation des résultats ont été clairement identifiés dans les études qui font régulièrement état de danger pour la santé (Avis Anses, CGB, EFSA, HCB précédemment cités). L’amélioration de l’évaluation de la sécurité est un sujet ouvert, pris en compte par les agences (EFSA, Anses, HCB), le programme de surveillance post-commercialisation devant compléter les études réalisées avant la commercialisation. La question des effets à long terme dépasse largement le cadre des OGM, la prise excessive de persil pendant plusieurs années ayant conduit à décrire une intoxication à l’un des constituants du persil…

Quel est le contenu du programme d’évaluation de la sécurité des OGM ?

Avant leur commercialisation, les OGM sont systématiquement comparés aux plantes d’origine (variété dite isogénique) et à certaines variétés commercialisées de la même espèce.

Les paramètres suivants sont étudiés :





1. caractéristiques agronomiques ;


2. structure du gène transféré ;


3. concentration d’au moins 60 composés, toxicité aiguë de la protéine codée par le transgène ;


4. toxicité de l’OGM entier ou des fractions consommées chez le rat nourris pendant 90 jours ;


5. qualité nutritionnelle de l’OGM évaluée chez les poulets nourris de 1 à 42 jours ;


6. allergénicité de la protéine.





Les méthodes statistiques employées pour comparer les OGM aux variétés de référence ont été récemment renforcées afin de réduire au maximum les incertitudes (Recommandations pour la mise en œuvre de l’analyse statistique des données issues des études de toxicité sub-chronique de 90 jours chez le rat dans le cadre des demandes d’autorisation de mise sur le marché d’OGM. Anses Saisine n° 2009-SA-028 ; EFSA guidance on repeated-dose 90-day oral toxicity study on whole food/feed in rodents, 2011). L’absence d’effet toxique a été confirmée par des études de toxicité pendant des temps beaucoup plus longs et/ou pendant plusieurs générations (Snell et al 2012).
 [25]



Retour au sommaire



12. « La sécurité sanitaire des OGM n’est pas garantie »



Les OGM sont de loin les aliments les plus contrôlés de l’histoire de l’humanité. Les animaux d’élevage mangent régulièrement des OGM depuis 15 ans, sans aucun problème identifié.

Pour l’ONU, les OGM « qui sont actuellement sur les marchés internationaux ont passé avec succès des évaluations du risque et il est peu probable qu’ils présentent un quelconque risque pour la santé humaine ». Selon Clive James, directeur de l’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA), trois cent millions de personnes en consomment aux États-Unis et au Canada depuis 10 ans, et il n’y a jamais eu de problème rapporté. Selon l’Académie des Sciences de Grande Bretagne, dans son rapport [26] consacré aux effets sur la santé humaine de plantes GM dans l’alimentation, les OGM ne posent pas plus de problèmes que les plantes traditionnelles.



__ Les « variétés OGM » sont cultivées et consommées depuis longtemps et la probabilité que la transgènèse les rende brutalement toxiques est extrêmement faible. Les études réalisées avant leur commercialisation sont précisément destinées à écarter ce faible risque.

Les plantes transgéniques produisent une protéine qui, comme les quelques dizaines de milliers de protéines dont se nourrissent les hommes et les animaux, ne sont généralement ni toxiques, ni allergéniques et sont diététiquement acceptables. Certaines de ces plantes visent à diminuer l’utilisation de pesticides (herbicides et insecticides), dont certains sont jugés plus toxiques pour l’Homme ou son environnement. Enfin, elles permettent de réduire la contamination fongique due à des attaques d’insectes perforateurs, sachant que ces champignons sont reconnus pour produire - des toxines, dont certaines sont puissamment cancérigènes.



Trois dangers objectifs pour la sécurité sanitaire des aliments dérivant de plantes génétiquement modifiées sont à identifier :


1. une plante transgénique pourrait synthétiser une protéine induisant des effets toxiques aigus ou à plus long terme et/ou des effets allergéniques ;



2. l’extinction de gènes ou l’expression de séquences propres au génome de la plante d’origine, mais auparavant silencieuses, pourrait résulter de l’insertion du transgène et engendrer des effets inattendus
 ;



3. des interactions métaboliques inattendues, pourraient faire apparaître des métabolites non prévisibles et toxiques. Dès 2002, l’AFSSA* (devenue l’ANSES) concluait que, seul, le premier était spécifique des OGM. C’est pourquoi la protéine néoformée, éventuellement toxique et allergénique, doit faire l’objet d’évaluations selon un programme précédemment rappelé. En dehors des études in vitro (dégradation de la protéine par le milieu gastrique ou intestinal) et in vivo (études sur les rongeurs ou les espèces cibles comme le poulet, vache, mouton, poisson…), il est procédé à l’étude comparative in silico de la protéine produite, par rapport à des protéines connues pour être toxiques ou allergisantes. Toute analogie avec une protéine toxique ou allergène conduirait à l’arrêt de la production de l’OGM.



En revanche, la transgénèse peut aider à la détoxication de certaines plantes contenant des anti-vitamines comme l’anti-vitamine C, ou des anti-minéraux comme les phytates et l’acide oxalique, des tannins et certains alcaloïdes tels la caféine dans le café, les solanines de la pomme de terre et la glycyrrhétine de la réglisse. Actuellement, elle vise à éliminer les glycoalcaloïdes, la caféine et les glucosinolates présents dans le colza. Elle constitue aussi un moyen d’avenir pour débarrasser certaines plantes de leurs allergènes, comme l’utilisation d’ARN antisens ou de gènes mutés pour diminuer l’expression d’allergènes majeurs chez le riz et l’arachide. Ces nouveaux produits alimentaires permettent d’envisager une immunothérapie spécifique prometteuse pour le traitement des allergies alimentaires et peut-être, la production d’aliments hypoallergéniques.

Avis de l’AFSSA sur l’évaluation des risques relatifs à la consommation de produits alimentaires composés ou issus d’OGM, du 29/01/02.



Retour au sommaire



13. « Les contrôles sont insuffisants »



En dehors des études réalisées avant la commercialisation, et selon les dispositions de la Directive 2001/18/EC, les industriels semenciers sont tenus de mettre en place un plan de surveillance post-commercialisation dans les régions de cultures. Ce plan vise à identifier les effets directs ou indirects, immédiats ou retardés, ainsi que les effets inattendus sur la santé humaine ou animale et sur l’environnement C’est ainsi que le MON810 a fait l’objet de rapports analysés par le CS du HCB depuis 2009.



Retour au sommaire



14. « Les avis des agences se fondent uniquement sur les données des industriels »



Pour assurer la traçabilité des données et leur contrôle éventuel, les études doivent être menées dans un environnement « Bonnes Pratiques de Laboratoire ou BPL ». Or aujourd’hui, pas un seul laboratoire public n’est en mesure de conduire une telle étude selon ces critères.

En attendant que les pays de l’Union européenne se décident à créer un organisme commun pour garantir une traçabilité sans faille, mais au prix sans doute d’une lourdeur administrative peu favorable à l’innovation, les tests de toxicité sont en effet à la charge des semenciers, comme cela se fait pour les produits chimiques et les médicaments.

Les tests sont effectués, le plus souvent, non par les compagnies détentrices des OGM, mais par des entreprises spécialisées sous-traitantes. Le nom de ces entreprises est mentionné dans les dossiers ainsi que le nom et la signature des personnels scientifiques impliqués dans la conduite de l’étude. Sauf à considérer que toute prestation financée génère des malversations, il est de loin préférable que l’étude soit réalisée par un prestataire extérieur à l’industriel.



Retour au sommaire



15. « Les experts sont à la solde des multinationales »



Les experts sont choisis pour leurs compétences scientifiques, leur degré d’ouverture sur la société, y compris sur le monde économique, et leur capacité à participer sereinement à des débats contradictoires. Les organismes qui font appel à ces experts doivent les sélectionner sur des critères d’indépendance et de reconnaissance par leurs pairs. Un lien d’intérêt ne signifie pas nécessairement qu’il y a conflit d’intérêt. C’est la rigueur avec laquelle les liens sont contrôlés et gérés qui fait la qualité de l’indépendance des jugements. Il est par ailleurs essentiel que les avis donnés soient le fruit d’une réflexion collective.

Tous les avis sont recevables à la seule condition qu’ils puissent être justifiés par des arguments scientifiques.

Les experts doivent faire une déclaration publique d’intérêt dans laquelle ils mentionnent toutes leurs activités passées et présentes en relation avec des industriels, ou des financements divers. Ces déclarations sont examinées par des commissions d’éthique et elles sont consultables par les citoyens via internet. En cas de lien d’intérêt ponctuel, un expert ne doit pas participer à l’analyse du ou des dossiers, ni aux débats qui y sont liés.



Retour au sommaire



16. « Les données sont tenues secrètes »



Il ne faut pas confondre secret et confidentialité.

Les experts ont accès à toutes les données, certaines études correspondant à des centaines voire des milliers de pages de données chiffrées brutes ou de commentaires. Leur lecture et analyse suppose un minimum de connaissance sur le sujet concerné. L’analyse des rapports mobilise plusieurs experts compétents dans un domaine donné (agronomie, génétique, nutrition, toxicologie, allergologie, économie, statistiques…), chacun d’eux soumettant son analyse à la critique collective du comité. Les synthèses des avis émis sont publiques et publiées sur les sites des agences (EFSA, Anses, HCB…).

L’étude de la sécurité sanitaire des OGM destinés aux consommateurs animaux et humains est du ressort de l’ANSES (ex-AFSSA) qui est sollicitée par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, Consommation et Répression des Fraudes) via l’Agence européenne des aliments (EFSA). L’Anses émet un avis qui est pris en compte par l’EFSA disposant de ses propres experts au sein d’un panel OGM, seule habilitée à donner un avis au niveau européen. Dans la très grande majorité des cas, l’examen des dossiers conduit, en première lecture, à des demandes de compléments d’informations.

Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB), dont la mission est davantage ciblée sur les conséquences environnementales, économiques et sociales, comporte deux comités : un comité scientifique (CS) qui émet des avis sur la bases de faits et données scientifiques et un comité éthique, économique et sociale (CEES) chargé, en principe, d’évaluer les OGM sous l’angle de son intitulé et d’émettre des recommandations à l’usage des ministères de tutelle.



Utilité



17. « On ne réduit pas davantage le danger des pesticides »



Le génie génétique est utilisé pour assurer la protection des plantes sans devoir procéder à des épandages répétés d’insecticides. Il en est de même pour la protection contre des herbicides utilisés pour éliminer les mauvaises herbes. La plante ainsi modifiée est capable de survivre parce que le transgène permet de contourner les effets toxiques des herbicides ou bien elle peut métaboliser l’herbicide en dérivés inoffensifs pour elle. Il est donc logique de s’interroger sur la toxicité de la protéine produite et de se demander si l’herbicide ou ses métabolites pourraient s’accumuler dans ses tissus comestibles des plantes.

Bruce Ames, l’inventeur du test de mutagénicité le plus utilisé dans le monde qui porte son nom, indique que parmi les pesticides consommés via l’alimentation, 99,99% sont d’origine naturelle et que sur 52 de ces pesticides naturels testés chez l’animal, 27 se sont montrés cancérigènes selon les principes habituels d’évaluation. Il estime à 1,5 g la quantité de substances naturelles qui ont des effets pesticides consommés par personne et par jour, ce qui serait 10 000 fois supérieur à la quantité de pesticides de synthèse absorbés. C’est le cas notamment de l’estragole présente dans le basilic ou l’estragon dont on a montré les effets cancérigènes (bien sûr à fortes doses, comme cela est le cas pour les produits de synthèse). On a également identifié dans le café plusieurs dizaines de substances naturelles cancérigènes mais présentes à des niveaux trop faibles pour être pathogènes.

Cela signifie que les pesticides peuvent aussi être d’origine naturelle et que l’objectif du « zéro pesticide », en soi estimable, est idéaliste et irréaliste. Cela n’empêche pas de chercher à supprimer les pesticides les plus toxiques et à réduire l’usage des autres. Selon l’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA), la réduction de l’usage des pesticides améliore la santé des agriculteurs et réduit leurs risques d’accidents du travail. [27]



L’agriculture biologique fait appel à des épandages de bactéries Bt qui contiennent les mêmes toxines que celles exprimées dans la plante OGM. Dans les deux cas, l’objectif est de réduire l’usage des pesticides chimiques. Moins il y aura de pesticides épandus, moins on en consommera, mieux on se portera à condition de ne pas consommer des aliments qui faute de traitement présenteraient des risques supérieures (contamination bactérienne par Escherichia coli par exemple, mycotoxines…).



Dans les années 70 au Nicaragua, comme en Chine (Huang, 2001 [28]) le cotonnier subissait jusqu’à 20 traitements phytosanitaires par saison, la quantité de produits répandus pouvant atteindre 55 kg/ha. A la suite de l’introduction de nouvelles variétés modifiées génétiquement pour résister aux insectes, la quantité de produits insecticides répandus et le nombre de traitements ont été divisés par 3, avec les implications que cela peut avoir pour l’Homme et son environnement.



L’emploi de produits à base d’organochlorés ou d’organophosphorés plus toxiques tend à disparaître. Selon le rapport de l’Afssa [29], en Inde, l’emploi de 50 % de variétés de cotonnier Bt a entraîné une diminution des quantités de produits insecticides pouvant atteindre 9200 tonnes par an (Phipps, 2002 [30]).



Aux Etats-Unis, la réduction de la quantité d’insecticide entre 1995, année qui a précédé l’introduction des variétés Bt, et 1999 est estimée à 1200 tonnes, soit 14 % de la quantité totale utilisée, le nombre de traitements ayant diminué de 22 % (Carpenter, 2001 [31]). Cette diminution nette de l’utilisation d’insecticides a été confirmée par d’autres auteurs (Edge, 2001 [32]).



Cet argument s’inscrit dans les objectifs légitimes qui visent à réduire l’utilisation des pesticides. Toutefois, cette baisse rapportée par différents auteurs est l’objet de controverses, l’usage plus important du glyphosate pouvant contre-balancer les bénéfices acquis par ailleurs. Il est toutefois admis que le glyphosate est moins volatile et peu liposoluble, ce qui limite la contamination aérienne et la bio-accumulation, la forte hydrosolubilité le conduisant toutefois à être entraîné par l’eau.



Retour au sommaire



18. « On n’a pas besoin des OGM pour améliorer l’alimentation humaine »



Pour le moment, ce sont essentiellement les animaux qui mangent des OGM et les promesses de pouvoir nourrir la planète en abondance, avec des produits sûrs, de qualité et à moindre coût semblent encore lointains.



Pourtant, il est déjà possible de produire des OGM « utiles » pour obtenir, par exemple des semences résistant à la sécheresse ou à l’eau saumâtre, sans avoir à manipuler plusieurs gènes et donc à multiplier les risques. Il existe plusieurs projets bien avancés de plantes OGM résistantes à la sécheresse en ne transférant qu’un seul gène.

Pourtant, il est déjà possible de produire des OGM « utiles », tout d’abord pour produire une alimentation plus saine, plus riche en nutriments bénéfiques pour la santé :



• Des plantes oléagineuses produisant une quantité importante d’acides gras poly-insaturés, oméga-3 et oméga-6, qui ne peuvent pas être synthétisés par l’homme peuvent être obtenues par transgénèse. Des huiles enrichies en acides gras résistants à l’oxydation et la cuisson ont également été obtenues.



• Du riz génétiquement enrichi en zinc et en fer a été obtenu ; il pourrait être très utile pour les 30% de la population mondiale carencée, les différentes stratégies pour tenter d’enrayer l’anémie chronique de certaines populations n’ayant pas permis de faire émerger de véritable solution. De même on comprend l’utilité du riz enrichi en vitamine A dont la carence touche plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde et est responsable de la cécité de 3000 enfants par jour.



• Citons également du manioc enrichi en protéines bien équilibrées en acides aminés, pour les enfants en particulier ; des pommes de terre enrichies en protéines obtenues en Inde par des instituts de recherche publics ; la pomme de terre Fortuna résistante au mildiou, parasite très dévastateur pour les cultures qui fut notamment l’une des causes de la grande famine irlandaise au XIXe siècle et détruit encore jusqu’à 20 % des récoltes annuelles de pommes de terre dans le monde.



• Un chercheur de l’USDA (Wisconsin, USA) a obtenu des pommes de terre OGM limitant notablement la production d’acrylamide, produit cancérigène qui apparaît lors de la cuisson de pommes de terre stockées trop longtemps, phénomène particulièrement intense dans les frites et les chips.



• La modification génétique des fruits et légumes permet d’augmenter leur durée de stockage et de retarder leur détérioration. Ceci pourrait élargir les possibilités de commerce et empêcher les gaspillages massifs qui ont lieu durant le transport et l’approvisionnement.

La transgénèse permet également de rendre certaines variétés animales plus résistantes et plus productives :



• Sans qu’il y en ait encore de commercialisation, des gènes de résistance à des virus ont ainsi été introduits dans des lapins, des porcs, des chèvres, des poulets et les truites. Un caractère de résistance au prion a été introduit chez la vache par l’inactivation du gène qui code la protéine prion dont un changement de conformation entraîne la maladie dite de la vache folle.



• L’introduction d’un gène codant une hormone de croissance chez le porc, la truite, le saumon, la carpe, le poisson chat, et le tilapia a permis d’accroître à des degrés divers la vitesse de croissance des animaux. Il est aussi envisageable de modifier par transgénèse la composition du lait de vache ou de chèvre pour en supprimer des composants indésirables (lactose, bêta-lactoglobuline, caséines) ou permettre la sécrétion d’anticorps recombinants dirigés contre des organismes pathogènes.



• Des laboratoires britanniques ont obtenu des poulets génétiquement modifiés résistants à l’ensemble des souches du virus de la grippe A. Cette résistance très large a pu être obtenue en utilisant un transgène qui cible une région essentielle et très conservée d’un des gènes-clés des virus de la grippe A. Cette stratégie assure non seulement un haut niveau de protection, mais également un large spectre d’action, ce qui rend très peu probable l’émergence de virus spontanément mutés et devenus capables de résister à l’action du transgène. Cette protection peut être acquise par les différentes races de poulets en répétant la même expérience ou, plus simplement, par croisement entre la lignée transgénique et celles que l’on souhaite protéger. Ces poulets sont en cours de validation auprès des instances de l’UE. Le gène protecteur dirige la synthèse d’un ARN mais pas d’une protéine. Ces animaux ont donc très peu de risque de contenir des substances toxiques ou allergènes. [33]



Retour au sommaire



19. « Les OGM ne vont pas supprimer la faim dans le monde »



Il est évident qu’une technique, à elle seule, ne peut résoudre un problème aussi complexe. En revanche, les OGM, tout comme chacune des avancées scientifiques et techniques, peuvent contribuer à améliorer la situation comme c’est déjà le cas. La question est de savoir si, dans la nécessité de produire assez de nourriture pour les 9 milliards d’habitants annoncés, les OGM peuvent contribuer de façon significative à cet objectif.

L’utilisation des OGM en alimentation est l’un des moyens envisagés pour faire face à l’augmentation de la production alimentaire rendue nécessaire par l’accroissement démographique, mais freinée par la stagnation des surfaces agricoles utiles liée à l’urbanisation et à la dégradation des sols. L’amélioration qualitative et quantitative de la production alimentaire mondiale, longtemps rendue possible par les progrès des techniques agricoles classiques, a atteint son plafond et il faut la stimuler en recourant à de nouveaux moyens. Les OGM représentent des outils permettant l’accroissement de la productivité des sols, assurant une meilleure protection des plantes contre les conditions adverses de milieu (actuellement : insectes, mauvaises herbes ; ultérieurement : aridité des sols, sécheresse, températures extrêmes).



Retour au sommaire



20. « Il n’est pas certain que les pays du tiers monde puissent acheter ces semences coûteuses 2 à 3 fois plus chères que les semences non OGM »



Le fait que les OGM soient majoritairement brevetés rendrait dépendants les millions d’agriculteurs (d’Afrique, d’Asie, d’Europe Orientale, et d’une partie de l’Amérique Latine et centrale) ne recourant pas à ce jour aux firmes semencières. Cette modification du rapport de force entre semenciers et agriculteurs fragiliserait ces derniers.

Mais, si le Kenya a désormais recours à l’achat de maïs contenant une variété transgénique résistant à des insectes, afin de pallier le manque chronique de nourriture pour sa population, c’est justement que le prix de vente de ce maïs est 30 % inférieur à celui du maïs classique, alors que le prix de cette denrée a augmenté de 25 % depuis qu’il est utilisé massivement pour la préparation de biocarburant. Par ailleurs, il y a déjà bien longtemps que l’usage des variétés hybrides conduit à la dépendance des agriculteurs, sans que cela n’ait soulevé l’indignation. [34]





Retour au sommaire



21. « La Grande Bretagne ne cultive pas d’OGM, ce qui ne l’empêche pas d’être en avance en matière de recherche sur les biotechnologies » [35]



On ne parle pas des mêmes biotechnologies...

En ce qui concerne les OGM, ce n’est pas tant la Grande Bretagne qui est en avance que la France à laquelle les polémiques ont fait prendre un retard très grave.

Dans les années 80, et jusqu’en 2006, la France était en pointe en matière de recherche publique et privée dans les biotechnologies. Aujourd’hui, notre retard n’est pas encore irrattrapable, mais il est considérable... Certains dossiers sont en attente depuis douze ans... L’isolement croissant de notre recherche et de nos industries menace notre indépendance technologique, pénalise notre compétitivité et compromet notre influence. Du fait de l’interdiction de la culture des OGM, les jeunes chercheurs ne veulent plus travailler dans ce domaine, car ils savent qu’ils devront s’expatrier, comme beaucoup d’autres déjà, s’ils veulent continuer leurs travaux. Limagrain et BASF ont déjà délocalisé leur recherche aux Etats-Unis.

Du fait de cette hostilité de principe, la société BASF a décidé d’arrêter « le développement et la commercialisation de tous les projets OGM exclusivement destinés au marché européen » soit cinq pommes de terre et un blé, en raison d’un « manque d’acceptation ». Bilan : 140 postes directement supprimés en Europe et l’accroissement de l’hégémonie américaine dans ce domaine.



Retour au sommaire



Société



22. « Les OGM sont anti-naturels »



Le reproche fait aux OGM d’atteinte à un état de nature devant être préservé, s’oppose au fait que l’ensemble des plantes cultivées dans le monde par l’homme n’existaient pas dans cet « état de nature » avant que l’Homme ne les « fabrique », à partir du début de l’agriculture, vers l’an -8000 : les mutations génétiques successives, qui rendaient les plantes plus productives ou moins sensibles aux parasites, ont été sélectionnées au cours du temps par les hommes, qui choisissaient de reproduire les plantes aux meilleurs rendements (graines plus grosses, pépins plus petits,…). Selon Alain-Michel Boudet « Les plantes hybrides, qui existent depuis longtemps, ne sont pas remises en question alors qu’elles sont obtenues par des mélanges de gènes beaucoup plus incertains quant à leurs agencements et à leurs conséquences »
 [36]



Retour au sommaire



23. « Les manipulations génétiques sont dangereuses »



Le recours à des techniques d’analyses visant à établir un profil précis des constituants d’une plante montre que la transgénèse a moins d’impacts sur l’expression des gènes, notamment sur les protéines ou les métabolites, que ceux générés par la sélection classique. Une méta-analyse portant sur 44 publications illustre ce constat (Ricroch et al., 2011).

Ainsi, l’ingénierie génétique complète les techniques d’hybridation classiques qui présentent des limites (l’hybridation ne peut concerner que des variétés proches, alors que, a priori, n’importe quelle protéine peut être transférée dans un organisme vivant par ingénierie génétique) et des risques propres, en général inconnus du public (notamment suite aux recombinaisons d’ADN survenant lors de croisements intraspécifiques voire interspécifiques, et aux interactions entre les différentes versions des gènes naturels des plantes elles-mêmes ; malgré des sélections intenses certaines plantes restent toxiques).

Les modifications de l’ADN d’une plante lors de la transgenèse sont nettement moins importantes que lors de l’utilisation des méthodes génétiques classiques qui touchent des régions entières de chromosomes. Par exemple, le triticale, céréale plébiscitée par les agriculteurs de moyenne montagne, est le fruit d’une transgénèse massive ! Il y a quelques dizaines d’années, l’homme a mélangé cinquante mille gènes de blé avec cinquante mille gènes de seigle ; les chercheurs ont « secoué le tout » et crée une nouvelle espèce : le triticale. Cette céréale qui est un aliment pour les animaux, résulte d’une opération qui ne se serait pas produite naturellement, mais qui a apporté une vraie solution aux agriculteurs de montagne.

Les OGM diffèrent de la plante de référence par l’expression d’une protéine choisie en fonction de sa sécurité et de son intérêt agronomique ou diététique. Les gènes insérés par génie génétique sont aussi stables que les gènes naturels de la plante. C’est un des critères exigé pour obtenir l’homologation d’une nouvelle variété par les commissions d’évaluation ad hoc, et ceci quelles que soient les méthodes utilisées pour obtenir les nouvelles variétés. Des études systématiques fondées sur de nouvelles techniques regroupées sous le nom de « omiques » (transcriptomique, protéomique et métabolomique) permettent de comparer les OGM aux plantes de référence et à d’autres variétés de la même espèce. Ces analyses confirment que, en dehors de l’effet recherché, le transfert de gènes n’altère pas fondamentalement les caractéristiques agronomiques et la composition alimentaire de la plante (Kogel et al., 2010 ; Barros et al., 2010 ; Coll et al., 2011 ; Stevenson S, 2012).



- Kogel KH, Voll LM, Schäfer P, Jansen C, Wu Y, Langen G, Imani J, Hofmann J, Schmiedl A, Sonnewald S, von Wettstein D, Cook RJ, Sonnewald U. Transcriptome and metabolome profiling of field-grown transgenic barley lack induced differences but show cultivar-specific variances. Proc Natl Acad Sci., 2010 ;107(14):6198-203.



- Barros E., Lezar S., Anttonen M.J., van Dijk J.P., Röhlig R.M., Kok E.J., Engel K-H. Comparison of two GM maize varieties with a near isogenic non-GM variety using transcriptomics, proteomics and metabolomics. Plant Biotechnol. J., 2010, 8, 436-451.



- Coll A, Nadal A, Rossignol M, Puigdomènech P, Pla M. Proteomic analysis of MON810 and comparable non-GM maize varieties grown in agricultural fields. Transgenic Res., 2011 ;20(4):939-49.



- Ricroch A., Bergé J.B., Kuntz M. Evaluation of genetically engineered crops using transcriptomic, proteomic and metabolomic profiling technique, Plant Physiology, 2011,155, 4, 1752-1761.

Retour au sommaire



24. « Il faut un étiquetage qui laisse clairement le choix au consommateur »



Une filière alimentaire sans OGM n’est pas réellement envisageable. Afin d’éviter un sur-étiquetage, le Conseil Européen avait décidé de fixer un seuil de 0,5 % en dessous duquel une présence techniquement inévitable d’OGM, pas encore autorisé dans l’Union européenne, pouvait être évaluée et tolérée de façon transitoire. Depuis le 1er juillet 2012, ce sont les fabricants de tous les types d’aliments issus de filières ne contenant pas d’organismes génétiquement modifiés qui sont désormais autorisés à les étiqueter “Sans OGM”. De même, des étiquettes “ “Issu d’animaux nourris sans OGM” (pour les œufs et le lait) peuvent être utilisées.



Retour au sommaire



25. « Il vaut mieux investir dans le bio »



Nos sociétés ont perdu peu à peu le contact avec la nature. Les filières de transformation des produits sont devenues de plus en plus longues éloignant le producteur du consommateur, ce qui crée une inquiétude dans la mesure où l’alimentation semble provenir du monde industriel qui n’est pas à l’abri d’une erreur de production aboutissant à une contamination ou une toxicité.

Les OGM renvoient à toutes les préventions anti-industrielles et scientifiques de notre époque alors que l’agriculture biologique est une expression retrouvée de la « bonne » nature. Les toxines Bt sont des protéines. Elles sont très biodégradables et digérées pour donner des résidus qui sont des acides aminés indispensables pour tous les êtres vivants. Cette approche est nettement plus efficace et plutôt moins polluante que les épandages massifs de bactéries Bt mis en œuvre pour l’agriculture biologique...



- Dix questions sur l’agriculture biologique, Louis-Marie Houdebine. Science et pseudo-sciences n° 290, avril 2010.



- Agriculture biologique et sécurité alimentaire mondiale, Léon Guéguen - Science et pseudo-sciences n° 280, janvier 2008.



- Les OGM en douze questions, Louis-Marie Houdebine – Science et pseudo-sciences n° 272, juillet-août 2006 et hors série OGM, octobre 2007.





Retour au sommaire



26. « Les biomédicaments, ce n’est pas pareil... »



L’opinion accepte mieux les biomédicaments que les aliments transgéniques parce que le bénéfice des médicaments est plus tangible et leur mode de production est suffisamment contrôlable pour ne pas menacer l’environnement.

La première application commerciale du génie génétique – l’insuline recombinante – a apporté une réponse à l’inquiétude suscitée par les transmissions de virus et de prions de l’animal à l’homme. En remplaçant les protéines obtenues à partir d’extraits humains ou animaux par des protéines issues de bactéries, levures ou cellules animales en culture, les biomédicaments évitent les drames sanitaires comme ceux de l’hormone de croissance prélevée sur des cadavres et la maladie de Creutzfeld-Jakob consécutive à l’épidémie de vache folle.

En 2006, le premier médicament obtenu à partir d’un animal transgénique autorisé par l’Agence européenne du médicament a été un anti-thrombotique, produit à partir de lait de chèvre : une seule chèvre suffit pour obtenir l’équivalent de 90 000 prélèvements sanguins par an (Biofutur, 2006 [37]).

De même, le vaccin contre l’hépatite B est fabriqué à partir à la fois de levures et de cellules d’ovaires de hamster. Aujourd’hui, la prise en charge de maladies graves comme la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques et le cancer est transformée par l’usage de biomédicaments. Les plantes transgéniques peuvent contribuer à cette révolution. Par exemple, une enzyme habituellement extraite du placenta humain pour soigner la maladie de Gaucher, peut être produite avec du tabac : une seule feuille suffit pour une dose contre 2000 placentas auparavant ! (Faye et al., 2001 [38]).



Deux protéines ayant un fort pouvoir antibactérien, le lysozyme et la lactoferrine, sont présentes dans le lait de femme mais presque absentes du lait des ruminants domestiques. Des vaches et des chèvres transgéniques sécrètent dans leur lait des quantités très substantielles de ces deux protéines. Il est donc très sérieusement envisagé, particulièrement en Chine où de tels animaux ont été obtenus, de préparer des extraits de lait qui pourraient être ingérés pour prévenir des infections bactériennes par voie orale.



Retour au sommaire



27. « Si un moratoire sur la culture du maïs génétiquement modifié MON180 (Monsanto) a été validé par le Conseil d’Etat, c’est bien qu’il y a un risque... »



Le communiqué du ministère de l’agriculture précise clairement que cette mesure ne concerne que la protection de l’environnement, ce que contestent par ailleurs les magistrats européens de Luxembourg dans la mesure où la France n’a pas apporté la moindre preuve scientifique à l’appui de sa décision. Mais, cette mesure ne met pas en cause l’innocuité des OGM pour la santé , telle qu’elle est reconnue par l’Organisation des Nations unies, à partir des multiples études disponibles ( « les OGM qui sont actuellement sur les marchés internationaux ont passé avec succès des évaluations du risque et il est improbable qu’ils présentent un quelconque risque pour la santé humaine. De plus, on n’a jamais pu montrer que leur consommation par le grand public dans les pays où ils ont été homologués ait eu un quelconque effet sur la santé humaine. ») C’est aussi l’avis du Conseil international pour la science, qui regroupe les meilleurs scientifiques mondiaux dans de nombreux domaines.



- Retrouvez l’intégralité des propos de Marcel Kuntz sur son site www.marcel-kuntz-ogm.fr



Retour au sommaire



28. « Dans l’incertitude, il faut appliquer le principe de précaution »



Les OGM sont le premier exemple de la mise en place d’un système de surveillance par anticipation, alors même qu’aucun danger n’était survenu. Dès 1986, alors que la transformation génétique des plantes a été décrite pour la première fois en 1983, dans un laboratoire public de Belgique et avant même que la moindre plante transgénique ne soit plantée au champ, le Ministère de l’Agriculture décidait de créer une commission (du Génie Biomoléculaire) ayant pour charge de veiller à ce que les essais au champ de PGM ne comportent aucun risque pour l’ environnement et la santé publique. La saisine était alors volontaire, mais nul ne s’y soustrayait.

L’approche OGM est une méthode de sélection génétique comme une autre, aussi utile que la sélection génétique classique, dont nous ont fait bénéficier nos ancêtres. Emboîtant le pas de confrères suédois et britanniques, l’AFBV (Association française des biotechnologies végétales) vient de lancer une pétition auprès des scientifiques français. Cette organisation rappelle que la réglementation européenne sur les OGM se fonde sur les connaissances scientifiques, et seulement sur les connaissances scientifiques, pour dénoncer une législation « de plus en plus déconnectée des faits scientifiques établis après quinze ans de recherches et d’expériences sur le terrain. » au nom du principe de précaution. Le vrai principe de précaution implique la poursuite des recherches et des expérimentations.

De plus, appliquer le principe de précaution sans discernement peut aboutir à des pseudo-crises sanitaires comme l’a montré « l’affaire Starlink ».

En 1996, la FDA autorise l’introduction par Aventis d’un nouveau maïs OGM, le Starlink, uniquement pour l’alimentation animale. En effet, ce maïs OGM portait le gène d’une protéine démontrée relativement peu digeste dans le test préalable in vitro, une caractéristique fréquente des allergènes alimentaires. En raison de ce soupçon d’allergénicité, non vérifié par la suite par les autres tests utilisés en routine après 2002, la FDA a interdit ce maïs pour l’alimentation humaine. En fait, les examens ultérieurs démontreront que cette protéine n’est pas allergénique et n’a très probablement jamais causé une réaction allergique chez l’homme.

Mais, en 2002, aux USA, divers produits alimentaires se sont révélés contenir du maïs Starlink, créant une véritable panique, que le retrait massif des produits alimentaires incriminés ordonné par la FDA ne fait qu’attiser. La médiatisation aidant, des centaines de personnes se déclarent victimes de réactions allergiques au maïs Starlink. Ce que ne confirment ni les tests immunologiques, ni les tests cutanés ni les tests de provocation. Les patients réagissant au Starlink réagissent également au maïs naturel, et ils font partie de ces 20 % de la population qui se croient allergique, mais ne le sont pas en réalité. Ainsi, la FDA aura paradoxalement provoqué une pseudo-crise sanitaire par une application exagérée et inappropriée du principe de précaution ! La régulation en vigueur aujourd’hui ne le permettrait plus. Mais l’affaire Starlink reste un abcès de fixation de catastrophe sanitaire causée par les OGM et de dysfonctionnement des contrôles.



Retour au sommaire





CHRONOLOGIE




L’avènement du génie génétique et le développement des organismes génétiquement modifiés (OGM) a permis, au début des années 1980, d’envisager la mise au point de nouvelles sources d’approvisionnement pour obtenir des protéines en quantité et qualité suffisante, voire de créer de nouvelles protéines d’intérêt pour la thérapeutique qui n’étaient pas accessibles à partir de tissus ou fluides animaux ou humains.



1982
La fabrication d’insuline pour le traitement du diabète est la première application commerciale du génie génétique. L’insuline recombinante est aujourd’hui utilisée par des millions de diabétiques dans le monde

1990
Le premier produit alimentaire issu du génie génétique est commercialisé aux États-Unis et au Canada ; il s’agit de chymosine, enzyme permettant la digestion spécifique de la caséine et utilisée dans l’industrie agro-alimentaire en tant que substitut à la présure pour cailler le lait.

1993
Création en France dela Commission du génie biomoléculaire (CGB) qui peut être consultée par toute personne intéressée, publique ou privée.

1994
La première plante génétiquement modifiée est commercialisée : la tomate flavr savr, conçue pour rester ferme plus longtemps une fois cueillie ; elle n’est plus commercialisée depuis 1996 car elle était, selon certains, jugée fade et trop chère par les consommateurs.
Depuis, des dizaines de plantes génétiquement modifiées ont été commercialisées dans le monde et, d’après l’OMS leur consommation n’a eu aucun effet sur la santé humaine

1995 - 1996
La commercialisation aux États-Unis par l’ entreprise Monsanto du soja « Roundup Ready », résistant à l’herbicide non sélectif Roundup, du maïs « yield gard », résistant à l’insecte foreur de tige du maïs, et du coton « Bollgard », est autorisée. L’association Greenpeace lance une campagne internationale contre la commercialisation d’OGM dans le domaine de l’alimentation et contre leur dissémination dans l’environnement

Février 1997
L’Autriche et le Luxembourg décident d’en interdire la vente du maïs Novartis sur leur territoire, suivie par la France et l’Italie. Puis le Parlement européen demande à la Commission européenne de suspendre la décision du marché d’autoriser le maïs Novartis.

Novembre 1997
La France annonce un moratoire sur le développement commercial de toutes les cultures génétiquement modifiées à l’exception du maïs Novartis.

Juillet 1998
Le gouvernement français déclare un moratoire sur les cultures génétiquement modifiées ayant des « parentés sauvages » en Europe (betterave et colza).

29 janvier 2000
Protocole de Carthagène sur la biosécurité. Sous l’égide de l’ONU, il constitue le premier accord international environnemental sur les OGM. Identifiant leurs spécificités, il est un instrument juridique basé sur les principes de précaution et de prévention que les États peuvent opposer aux règles de l’OMC. Entré en vigueur le 11 septembre 2003, il a recueilli à ce jour 157 instruments de ratifications

2000
L’Union européenne fixe à 0,9 % le seuil d’OGM qu’un produit alimentaire européen peut contenir sans être tenu de le signaler sur l’étiquette

2003
L’Organisation mondiale du commerce autorise la restriction des importations dans le cas d’une « protection contre les risques pour l’innocuité des produits alimentaires et les risques découlant des espèces envahissantes provenant de végétaux génétiquement modifiés ».

Mai 2004
Première journée Anti-OGM

Février 2008
Suite au Grenelle de l’Environnement, et à la grève de la faim de « faucheurs volontaires, la culture commerciale des OGM pesticidesest suspendue et une « clause de sauvegarde » est activée.

Septembre 2011
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) estime que la clause de sauvegarde est illégale en raison d’un vice de procédure.

28 novembre 2011
En application d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le Conseil d’Etat décide le 28 novembre d’annuler les arrêtés du ministère de l’Agriculture de 2007 et 2008 suspendant le commerce et la mise en culture du maïs OGM MON810 de Monsanto. “Le Conseil d’État relève que le ministre de l’agriculture n’a pu justifier de sa compétence pour prendre les arrêtés, faute d’avoir apporté la preuve de l’existence d’un niveau de risque particulièrement élevé pour la santé ou l’environnement” La ministre française de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet annonce le dépôt par la France d’une nouvelle clause de sauvegarde pour interdire la culture du maïs génétiquement modifié de Monsanto avant la prochaine saison de semis, au printemps.

16 mars 2012
Le ministère de l’agriculture prend un arrêté d’interdiction du maïs MON810 après une nouvelle décision du Conseil d’Etat, non fondée sur des arguments scientifiques, contredisant celle de 2008

1er juillet 2012
Les fabricants de tous les types d’aliments issus de filières ne contenant pas d’organismes génétiquement modifiés seront désormais autorisés à les étiqueter “Sans OGM”. De même, des étiquettes “ “Issu d’animaux nourris sans OGM” (pour les œufs et le lait) pourront être utilisées.

[1] Le Nouvel Observateur,19 septembre 2012 : EXCLUSIF. Oui, les OGM sont des poisons ! Consulter l’étude : http://www.sciencedirect.com

[2] « Ce n’est pas une publication scientifique innocente, mais un coup médiatique soigneusement préparé », critique dans le New York Times, Bruce Chassy, professeur émérite des sciences de l’alimentation à l’université de l’Illinois. Dans le New Scientist, Anthony Trewavas, de l’université d’Edimbourg, estime qu’ « il aurait dû y avoir autant de rats testés avec OGM que de rats dans le groupe témoin (alimentation sans OGM), ce qui n’était pas le cas ». Dans le Los Angeles Times, Kevin Folta, biologiste de l’université de Floride, à Gainsville, s’étonne que « la gravité des symptômes observés n’augmente pas avec la dose d’OGM et d’herbicides donnés aux rats. Les rongeurs mâles nourris avec 33 % d’OGM vivent ainsi plus longtemps que ceux qui n’en avaient que 11 % dans leur alimentation et même que ceux qui n’en mangent pas du tout...On observe probablement les variations d’un risque normal de développement de tumeurs au sein d’une petite population de rats. »

[3] Sylvie Berthier, chargée depuis dix ans, au sein de la Mission Agrobiosciences, de concevoir et d’animer des débats sur les tensions de l’alimentation, l’agriculture, les sciences et les techniques du vivant et la société, auteur de Les OGM à l’épreuve des arguments (Quae éditions / 2011). « M. Séralini va toujours à contre courant de toutes les études qui sont publiées. Cela soulève des questions. En général, pour que les résultats d’une étude soient scientifiquement validés, il faut que d’autres études la confirment. Pour que la conclusion de cette étude soit validée, il faut donc que d’autres études obtiennent les mêmes résultats dans des conditions identiques avec des protocoles scientifiques identiques. »

[4] L’ANSES demande depuis 10 ans que les tests de 3 mois avec des rats soient appliqués systématiquement avant la première mise sur le marché d’un nouvel OGM. La Commission Européenne a récemment recommandé à l’autorité de sécurité européenne sur les aliments (EFSA) de demander systématiquement les tests de 3 mois, même si cette durée ne constitue pas strictement une mesure de la toxicité mais est considérée comme un système d’alerte fiable invitant ou non à réaliser des tests plus approfondis.

[5] JORF n°0067 du 18 mars 2012 (http://www.legifrance.gouv.fr/)

[6] Visitez le site de Marcel Kuntz : www.marcel-kuntz-ogm.fr

[7] Le Monde 21 Octobre 2011

[8] Nature Biotechnology 30, 105–111 (2012) sur le site : www.nature.com.

[9] European Food Safety Authority (2007)

[10] Thérapie génique dossier INSERM sur le site www.inserm.fr

[11] OGM et allergies. Sciences et pseudo-sciences (2011)

[12] Allergies alimentaires : les plantes génétiquement modifiées ont-elles un impact ? (2006)

[13] Food and Chemical Toxicology, 47, 5, 992-1008 (2009)

[14] European Food Safety Authority (2011)

[15] Proc Natl Acad Sci USA 105 : 3957–3962 (2008), Les gènes de résistance aux antibiotiques des OGM sont-ils dangereux ?

[16] http://cbmo.over-blog.org/article-7142140.html

[17] http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1046/j.1365-313X.2001.01119.x/full

[18] http://www.researchinformation.co.uk/pest/2000/B009264I.PDF

[19] www.strategie.gouv.fr/system/files/d1b51c34d01.pdf

[20] http://www.efsa.europa.eu/en/science/gmo/gmo_opinions/381.htm and http://www.efsa.europa.eu/en/science/gmo/gmo_opinions/383.html

[21] http://www.afssa.fr/Documents/BIOT2007sa0109.pdf, www.efsa.europa.eu/en/events/event/gmo100127-m.pdf, http://www.afssa.fr/Documents/BIOT2009sa0322.pdf

[22] [Anses 2011, EFSA, 2004, 2006, 2011], http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1046/j.1365-313X.2001.01119.x/full

[23] - EFSA 2004. Guidance document of the Scientific Panel on Genetically Modified Organisms for the Risk Assessment of Genetically Modified Plants and Derived Food and Feed. The EFSA Journal (2004) 99, 1-94

- EFSA 2006. Guidance document for the risk assessment of genetically modified microorganisms and their derived products intended for food and feed use by the Scientific Panel on Genetically Modified Organisms (GMO). European Food Safety Authority, 121 pages.

- EFSA 2011. Guidance on conducting repeated-dose 90-day oral toxicity study in rodents on whole food/feed. EFSA Journal 2011 ;9(12):2438 [21 pp.].

[24] Snell C., A. Berheim, J. B. Bergé, M. Kuntz, G. Pascal, A. Paris & A. Ricroch (2012). Assessment of the Health Impact of GE Plant Diets in Long Term and Multigenerational Animal Feeding Trials : a Literature Review. Food and Chemical Toxicology, 50, 34, March 2012, 1134-1148. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691511006399

[25] Snell C. Bernheim, A., Bergé J.B., Kuntz, M., Pascal, G., Paris, A., Ricroch A. E. 2011. Assessment of the health impact of GM plant diets in long-term and multigenerational animal feeding trials : A literature review. Food Chem. Toxicol. doi:10.1016/j.fct.2011.11.

[26] Genetically modified plants for food use and human health - an update. Report of the Royal Society February 2002. www.royalsoc.ac.uk

[27] [http://www.isaaa.org/resources/pub...

[28] Huang J., Hu R., Pray C., Quiao F. (2001) Rozelle S. Biotechnology as an alternative to chemical pesticides : a case study of Bt cotton in China. 5th Internat. Consortium Ag. Biotech. Res., Ravello, Italie, 15-18 juin 2001, pp 109-110 (résumé).

[29] Afssa 2004. OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ? Rapport de 67 pages.

[30] Phipps R.H., Park J.R. (2002) Environmental benefits of genetically modified crops : global and European perspectives on their ability to reduce pesticide use. J. Anim. Sci. Feed Sci. 11, 1-18.

[31] Carpenter J.E. (2001) Case studies in benefits and risks of Agricultural Biotechnology : Roundup Ready soybeans and Bt field corn. National Center for Food and Agricultural Policy, Washington DC.

[32] Edge J.M., Benedict J.H., Carroll J.P., Reding H.K. (2001) Bollgard cotton : an assessment of global, economic, environemental and social benefits. J. Cotton Sci. 5, 1-8.

Impacts of genetically engineered crops on pesticide use in the United States : The first thirteen years. C Benbrook 2009. Van den Brink L. et al 2010, Applied Plant Research. Research Unit for Arable farming, Field production of vegetables and Multifunctional agriculture (PPO-AGV) CGM 2010-08, PPO no. 3250165700 pp 1-79

[33] Genetically modified chickens. Science 331, pp. 223-6. Enserink M. 2011, Transgenic Chickens Could Thwart Bird Flu, Curb Pandemic Risk. Science 331, pp. 132-3.
- Louis-Marie Houdebine - SPS n° 297, juillet 2011 [1] Lyall J., Irvine R.M., Sherman A., McKinley T.J, Núñez A., Purdie A., Outtrim L., Brown I.H., Rolleston-Smith G., Sang H., Tiley L. 2011,
- UW-Madison scientists create low-acrylamide potato lines. N. Miller. University of Wisconsin-Madison News June 9, 2011.

[34] « Feu vert à l’importation de maïs transgénique », Le Monde, 12 juillet 2011 « Kenya set to give green light to GM crops », Nature News, July 11, 2011.

[35] http://cbmo.over-blog.org/article-7142140.html

[36] Retrouvez l’intégralité des propos d’ Alain-Michel Boudet en cliquant sur Alain-Michel Boudet

[37] Biofutur, 2006, 270. L’UE autorise le premier médicament transgénique.

[38] Faye L., Landry N., Lerouge P., Gomord V., Vézina L.P. La production de protéines à usage biopharmaceutique dans les plantes. Médecine/Sciences, 2001, 17, 867-877.

© Canal Académie – ArguSanté - Tous droits réservés