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La France en campagne. Entre "réel et ressenti"

Une chronique de Jean-Louis Chambon, président du Cercle Turgot

Les rigueurs hivernales sont venues rappeler l’effet « double perception » : celle, en principe objective, de la réalité mesurée par des chiffres où le thermomètre (pas de doute il fait froid…) et celle « ressentie », (il fait très très froid…). Jean-Louis Chambon nous apporte une chronique sous forme de chaud-froid, à quelques mois de la présidentielle.


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Cette chronique a été enregistrée en février 2012.

Il suffit qu’un vent mauvais accompagne la baisse des températures pour que son ressenti soit fortement majoré : un -5 serait perçu en -12 selon les météorologues. Comment ne pas faire l’analogie avec la situation économique et sociale française sur laquelle souffle le froid et le chaud de postures partisanes et de la campagne présidentielle ?

Des idées fausses, savamment entretenues, alimentent le pessimisme national dont nous sommes devenus les champions et pénalisent l’objectivité du diagnostic et en conséquence notre capacité à prendre les bonnes décisions pour notre avenir.

En voici entre autres trois exemples :

- En premier lieu, le mythe de la France inégalitaire porté par les discours des candidats « je serai le candidat de la fin des privilèges… je rétablirai la justice… », mais aussi l’opinion et les médias qui ne sont pas très éloignés de ce « ressenti » de déficit égalitaire et de justice…
Mais que dit « le thermomètre » ? Absolument l’inverse : comme le relève Christian Saint-Etienne dans son remarquable ouvrage, « l’incohérence française » (Grasset) : La France détient le record du monde de la dépense de protection sociale (33% du PIB), le système de retraites le plus généreux de la planète (14% du PIB contre 8% de l’OCDE), les écarts de revenus (après prélèvements et impôts) les plus faibles des pays avancés (multiplicateur de 4 contre 6 en Europe et 7 aux USA), tandis que 20% des ménages les plus aisés paient la quasi totalité de l’impôt sur le revenu… Certes, on peut comprendre « le chagrin des classes moyennes » comme l’indique Nicolas Bouzou (mais ne sont-elles pas aussi une forme d’expression de l’égalitarisme ?).

- De même l’on peut être choqué par la situation des travailleurs pauvres, (déstabilisés par le prix des logements dans les grandes métropoles urbaines), ou bien encore par la part des revenus des 1 % des plus riches (8 %, ramenés à 4 après redistribution). Il n’en reste pas moins que si 10 % de la population française est en difficulté ou en(...)


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