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La compétitivité de la France en question avec Nicolas Bouzou et Pierre Sabatier

Les rendez-vous économiques du Cercle Turgot, animés par Jean-Louis Chambon

Jean-Louis Chambon reçoit les économistes Nicolas Bouzou et Pierre Sabatier, membres du cercle Turgot pour discuter d’un des grands thèmes de la campagne présidentielle 2012 : la compétitivité de la "maison France" et de ses entreprises avec en filigrane le grand défi de sa réindustrialisation sans oublier le "produire en France", dont beaucoup semblent vouloir se partager la paternité.


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Le «made in France de la pensée», comme de la production, semble vouloir faire recette. Quelles sont les options pour restaurer la compétitivité et l'emploi qui lui est lié ? Les propositions qui se font jour chez les candidats, sont-elles susceptibles de répondre à ce grand défi ? TVA sociale et coût du travail, transfert de charges patronales et/salariales via l'impôt, le label «made in France» pourrait-il avoir un effet sur notre compétitivité ?

Nicolas Bouzou et Pierre Sabatier soulignent le danger des approches caricaturales, voire simplistes de la compétitivité qui se sont développées : avec des déclarations surprenantes, partagées par les partenaires sociaux, employeurs et salariés réunis sous la même bannière dans un rapport publié en juin par 6 organisations patronales et syndicales :
« Pour les uns, le coût du travail est la cause de tous les maux, pour les autres ce sont les actionnaires et leur vision court termiste : autant de polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l’action. »

Employeurs et salariés réunis (en apparence), ce n'est pas la moindre des surprises que réserve ce thème de campagne ! Mais qu'en est-il de la « vraie compétitivité », c'est-à-dire celle du label et de la qualité ? On dirait une stratégie « à l'allemande", mais aussi de l'autre logique qui consiste à privilégier le prix, sous-entendant qu'un produit « bon marché » est assuré de trouver un débouché quelle que soit son utilité ou sa qualité. Ces deux approches ne sont pas obligatoirement contradictoires, elles pourraient même devenir complémentaires.

Certes, il faut sans doute alléger les charges qui pèsent sur le travail, en élargissant l'assiette du financement de la protection sociale avec des points d’entrées soit par la TVA sociale soit -et/ou- la CSG, ce qui ne cesse de partager les partisans de l'une ou l'autre de ces solutions mais la complexité de recherche de solutions s’étend aussi au patronat (1) qui, surprise, semble considérer que le coût du travail et la durée hebdomadaire (les 35 heures) ne sont pas les éléments décisifs de la compétitivité, tandis que la qualité des infrastructures, l'équipement, les nouvelles technologies, l'organisation du travail et le management sont aussi des facteurs déterminants.

Il n'en reste pas moins que l'augmentation éventuelle de 1.6 pt de TVA dite sociale, transférer 10 milliards d’euros, soit un tiers des cotisations familiales qui reposent entièrement sur(...)


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