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Alzheimer : vers un véritable traitement, avec l’équipe du professeur Baulieu

Etienne-Emile Baulieu, membre de l’Académie des sciences, nous livre l’avancée de ses découvertes

Il est désormais acquis que pour l’alzheimer et les maladies apparentées, tout est affaire de bataille entre deux protéines : Tau et FKBP52. Fort de cette confirmation, les équipes du professeur Etienne-Emile Baulieu vont travailler à la prévention et au traitement de ces maladies. Explications détaillées en compagnie du professeur Baulieu qui laisse entrevoir cette fois-ci de réels espoirs pour les patients et leurs familles.


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On sait depuis des années que la protéine pathologique Tau a un rôle majeur dans les démences. Elle entraîne la dégradation des cellules et altère le fonctionnement des connexions nerveuses.

L’équipe du professeur Baulieu, au sein de son Institut, s’est rendu compte qu'une autre protéine au nom un peu barbare, « FKBP52 », naturellement présente dans le cerveau, était en mesure de réguler la protéine Tau. Si l’hypothèse avait bien été faite en 2010, elle est aujourd’hui confirmée en 2012, et laisse désormais entrevoir de réelles possibilités de traitement pour les malades touchés par Alzheimer, la chorée de Huntington, les maladies à prions ou encore la maladie de Pick ; des « tauopathies » comme l'indique le professeur Baulieu, du nom de la protéine Tau responsable de ces dégénérescences.

Les études menées par l’Institut Baulieu sur les cerveaux humains ont montré que les patients touchés par ces maladies étaient en déficit de FKBP52. La protéine Tau, non régulée, finissait par produire des microtubules, des filaments qui asphyxient les neurones et provoquent leur mort.

Cette découverte, vérifiée sur l’être humain, ouvre désormais deux pans de recherches essentiels pour l’avenir :
- la prévention tout d’abord. Il sera possible d’ici quelques années de réaliser des dépistages de ces maladies, en prélevant du liquide céphalo-rachidien sur le patient. Pas question d’attendre les prémices de la maladie. Cette recherche pourra être faite dès l’âge de 50 ou 60 ans. Elle permettra de détecter la présence importante ou non de la protéine FKBP52 et envisager un traitement si besoin.
- Le traitement. On peut envisager d’ici une dizaine d’années d’avoir enfin des médicaments efficaces permettant de stimuler la protéine FKBP52 et jouer son rôle de défense.

Mais il reste encore des étapes clés à franchir pour passer de la recherche aux applications médicamenteuses. La concurrence scientifique dans ce domaine permettra certainement d’accélérer le mouvement ; le début d'un soulagement pour les patients qui sont au nombre de 850 000 en France et représentent 6% des plus de 65 ans.



Etienne-Emile Baulieu est médecin, endocrinologue et biochimiste, membre de l’Académie des sciences, mondialement connu pour avoir établi la structure de la DHEA ainsi que la découverte de la pilule du(...)


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