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Henri Léridon : Les perspectives de la population mondiale

Une communication donnée à l’Académie des sciences morales et politiques lundi 9 janvier 2012
9 milliards d’hommes en 2050 ? C’est l’un des scénarios envisagé par les Nations-Unies. Une croissance démographique qui suivrait son cours puisque la population mondiale a plus que doublé en un demi siècle. Le démographe Henri Léridon, correspondant de l’Académie des sciences, évoque les perspectives mondiales de la population en expliquant les méthodologies propres aux démographes. Cette communication s’inscrit dans la nouvelle thématique commune que l’Académie des sciences morales et politiques, sous la présidence de Marianne Bastid-Bruguière, se propose d’aborder en 2012 : "Asymétries et forces neuves du monde actuel."


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Présidente pour l’année 2012, Marianne Bastid Bruguière, a choisi comme programme d’année de proposer aux différents orateurs de s’exprimer sur le changement dans le monde et la configuration des forces qui existent. Elle a donné pour titre à ce cycle de communications : « Asymétries et forces neuves du monde actuel ».C’est dans ce cadre qu’elle a invité Henri Léridon, directeur de recherches à l’INED (Institut national d’études démographiques) à s’exprimer. Il a titré sa communication « Perspectives de la population mondiale ».

Canal Académie vous donne la possibilité d’écouter l’intégralité de cette communication et de lire, dans le texte ci-dessous des extraits. Pour consulter la totalité du texte, cliquer ici.

Le suivi de l’évolution de la population mondiale a toujours été un sujet auquel se sont intéressés plusieurs intellectuels et organismes. Dès le XVIIIe siècle par exemple le débat fait rage entre ceux qui croyaient en un déclin démographique au moins de l’Occident (Montesquieu, Voltaire) et ceux qui s’inquiétaient d’une croissance potentiellement trop rapide (Malthus).

Dans son intervention, Henri Léridon rappelle les différentes étapes et les différentes méthodologies utilisées pour suivre l’évolution du taux de croissance de la population mondiale.
- Les premières projections dignes de ce nom ont été réalisées par l’équipe de Frank Notestein à l’Office For Population Research de Princeton pour le compte de la Société des Nations, dans les années 30 et surtout en 1944.
- Après la seconde guerre mondiale, Frank Notestein va insister pour que ces travaux soient poursuivis au sein des Nations unies.

Ainsi en 1946, une “Division de la population” y est créée. Et il faudra attendre 1963 pour que soient publiées pays par pays des projections de l’évolution de leur population.

La méthode utilisée, qui est encore en cours actuellement, consiste à projeter la population par sexe et âge, en utilisant des taux de mortalité et de fécondité spécifique à chaque âge. Les hypothèses de fécondité et mortalité donnent donc lieu à des variantes (deux ou quatre) autour de la projection médium et l’on ajoute une hypothèse à fécondité constante.

En procédant ainsi, la Division de la population des Nations Unies s’impose comme l’expert unique dans le suivi de l’évolution de la population mondiale car elle dispose de la meilleure base de données. De plus, comme le rappelle Henri Léridon, l’évolution réelle a été assez proche du scénario central imaginé par les Nations unies. Cependant, des corrections peuvent être faites notamment avec l’appui d’un recensement ou bien encore lorsque le pays est face à des situations inattendues.

Le correspondant de l’Académie des sciences rappelle que ces projections démographiques sont effectuées de façon presque complètement autonome. Ainsi, la croissance économique d’un pays, sa stabilité politique ou le développement de l’éducation, le produit intérieur brut (PIB) par habitant ou encore le changement de statut des femmes par exemple, ne sont pris en compte qu’indirectement, dans les théories qui analysent des évolutions de la fécondité et de la mortalité et que l’on mobilise pour justifier les projections retenues pour ces paramètres. Henri Léridon explique ensuite pourquoi les projections démographiques peuvent être jugées fiables à l’horizon de quelques décennies seulement. Déjà, la majeure partie de la population projetée est présente au départ de la projection. De plus, la mortalité fluctue peu (en dehors d’événements exceptionnels : canicule, tempête…).

Voici les quelques conditions à réunir pour faire de bonnes projections :


- disposer de données fiables sur les populations initiales, par sexe et âge (l’idéal est un bon recensement)

- disposer, pour chaque pays, d’estimations sur les niveaux initiaux, et choisir des hypothèses réalistes sur les évolutions possibles, de la mortalité, de la fécondité et de l’immigration

- choisir un horizon raisonnable

Dans une seconde partie de son exposé, le correspondant de l’Académie des sciences, explique la méthodologie utilisée par les Nations unies à partir des années 2010. Assez complexes et au bénéfice souvent peu évident, ces projections proposent souvent au moins deux scénarios encadrant une hypothèse centrale.

Dans une troisième partie, il s’intéresse au différentiel par régions et pays, à l’urbanisation et aux migrations.

Pour conclure cette communication, Henri Léridon rappelle les défis à relever. Bien évidemment, dit-il, le premier défi à relever sera de nourrir 9 milliards d’hommes en 2050 alors qu’environ 1 milliard sont déjà sous-alimentés aujourd’hui et encore plus en déficit de certains nutriments essentiels. La tâche difficile, mais pas impossible.
C’est donc du côté de la demande alimentaire qu’il faudra absolument prendre des mesures, mais d’autres problématiques sont aussi liées à l’évolution démographique de la population mondiale. Comme par exemple les ressources en eau, les migrations climatiques, l’urbanisation massive qui sera aussi source de difficultés de gestion considérables.


Henri Leridon
Henri Leridon

Henri Léridon est démographe et correspondant de l’Académie des sciences, directeur de recherches à l’INED (institut national des études démographiques). Il a dirigé une unité mixte de recherche Inserm/Ined en épidémiologie, démographie et sciences sociales.

Chaire de développement durable au Collège de France
- Henri Leridon, correspondant de l’Académie des sciences
- Henri Leridon, professeur au Collège de France. La leçon inaugurale filmée est disponible sur le site internet du Collège.
- INED, Institut national d’études démographiques

- Retrouvez l’intégralité de la communication d’Henri Léridon sur le site de l’Académie des sciences morales et politiques.

- Consultez la fiche d’Henri Léridon sur le site de l’Académie des sciences

- Consultez le programme des prochaines communications autour du thème "Asymétries et forces neuves du monde actuel"

- Découvrez l’émission La chaire développement durable au Collège de France avec Henri Léridon, sur Canal Académie

- et notre interview par Elodie Courtejoie : L’humanité trouvera-t-elle encore de quoi se nourrir dans quelques dizaines d’années ?






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